REACTIV, lancé le 1er septembre 2026, est présenté par Vincent Strubel, directeur général de l’ANSSI, comme une « bascule d’effort temporaire » destinée à « limiter la casse ». Le dispositif répond à une injonction du Premier ministre formulée fin août, qui demandait la mise en place, autour de l’agence, d’« une unité de première intervention, engagée dès la violation d’un accès sensible et présente jusqu’au rétablissement ».
Ce nouveau cadre, baptisé REACTIV pour « RÉponse et ACTion Interministérielle face aux Violations de données », vise à renforcer la « capacité renforcée de réaction, d’intervention et d’assistance aux services de l’État ». L’ANSSI ne précise pas l’ampleur exacte de ce renfort, mais souligne qu’il s’accompagne d’un accroissement de son autorité : elle pourra désormais « faire prendre aux ministères, dans des délais contraints, les mesures immédiates qui s’imposent pour protéger les données des citoyens confiées aux administrations ».
Vincent Strubel replace cette évolution dans un contexte de mutation rapide de la menace cyber. Depuis environ un an, explique-t-il, le paysage ne se limite plus aux attaques d’États et de groupes du crime organisé. Il faut désormais compter avec des « jeunes Français, peu coordonnés mais qui exploitent des bases de comptes compromis par des infostealers ou des intrusions antérieures ». L’ANSSI dit ne pas connaître leurs motivations profondes ni ce qui a déclenché cette montée en puissance.
Ces attaques posent un problème spécifique : elles visent des systèmes jusque-là peu ciblés et reposent sur un mode opératoire de type « hit & run », sans recherche de privilèges élevés ni véritable effort de dissimulation. REACTIV intervient donc surtout en post-incident, comme une mesure de rattrapage temporaire, en attendant que les chantiers structurels de la feuille de route 2026-2027 de sécurité numérique de l’État produisent leurs effets. Parmi les priorités absolues de cette feuille de route figurent le renforcement des authentifications et des accès, ainsi que la résorption des obsolescences.