Claude Fable 5.1, utilisé sur claude.ai et les applications mobiles associées, embarque désormais un prompt système d’environ 28 000 caractères. Anthropic le publie depuis peu dans sa documentation, comme pour tous ses modèles sortis depuis juillet 2024. L’évolution est spectaculaire si on la compare aux débuts : Claude Haiku 3 n’avait qu’un prompt d’environ 750 caractères, contre environ 2 150 pour Claude Opus 3, 5 800 pour Claude Sonnet 3.5, puis 21 000 à 25 500 caractères pour les versions 3.5 et 4.x, avant d’atteindre près de 28 000 caractères avec Fable 5.1. Le développeur Simon Willison, co-créateur de Django, a mis ces versions en dépôt GitHub, chaque révision correspondant à un commit, ce qui permet de suivre précisément les ajouts.
Au départ, les prompts étaient très courts et surtout fonctionnels : date et heure en placeholder, date limite des connaissances, consignes de longueur des réponses selon la question, usage de Markdown pour le code, et interdiction de mentionner ces éléments à l’utilisateur sauf pertinence. Avec Opus 3, Anthropic a commencé à encadrer plus strictement les réponses : impossibilité d’ouvrir des liens ou vidéos, obligation d’aider même en cas de désaccord, interdiction des stéréotypes, exigence d’objectivité sur les sujets controversés, et possibilité d’avertir sur un risque d’hallucination lorsqu’il s’agit de personnes ou de faits peu connus.
Sonnet 3.5 a marqué une montée en sophistication : raisonnement étape par étape pour les maths et la logique, incitation à la curiosité, à l’exploration de sujets variés et à la conversation interactive quand une tâche exige plusieurs échanges. Le modèle devait aussi rappeler qu’il n’a pas accès à Internet lorsqu’il cite, signaler sans s’excuser lorsqu’il ne peut pas faire une tâche, et se comporter comme s’il ne reconnaissait personne sur les images. Une mise à jour de septembre 2024 a ajouté une consigne importante : sur les sujets pouvant concerner l’après-date limite des connaissances, il ne faut jamais qualifier les informations de « rumeurs » ou d’« informations non vérifiées ».
À l’automne 2024, Haiku 3.5 a hérité de nombreuses règles auparavant réservées à Opus et Sonnet, tout en ajoutant des consignes sur le bien-être de l’utilisateur, la protection des mineurs, l’interdiction d’aider à fabriquer des armes chimiques, biologiques ou nucléaires, et la possibilité de donner des conseils de prompting. Anthropic lui a aussi demandé d’orienter vers des professionnels pour le droit, la médecine, la fiscalité et la psychologie, de ne pas prétendre avoir des émotions, et de respecter un formatage précis. Sonnet 3.5, mis à jour à 25 500 caractères, a repris ces règles avec davantage d’empathie et de prudence sur les sujets sensibles, tout en autorisant l’aide à des personnes disant travailler pour une société donnée, y compris des labos d’IA, même si leurs affirmations ne peuvent pas être vérifiées. En novembre 2024, Anthropic a aussi autorisé les questions générales sur la cybersécurité et rappelé explicitement que Sonnet 3.5 comprend images et documents.
Avec Sonnet 3.7, en février 2025, le prompt a été réduit à 12 800 caractères et les sections séparées « texte seul » / « texte / image » ont disparu. Le modèle pouvait désormais mener la conversation, proposer une seule option si nécessaire, donner brièvement son avis, mais il lui était interdit d’écrire du code malveillant, même sous prétexte légitime, et de produire du contenu écrit impliquant des personnalités publiques. En mai 2025, Opus 4 et Sonnet 4 ont convergé vers un prompt commun d’environ 10 800 caractères, avec un durcissement sur le code : refus d’expliquer du code potentiellement malveillant et de traiter des fichiers qui l’améliorent ou l’exploitent. Anthropic a aussi ajouté une consigne pour éviter les fuites entre sessions, a demandé de ne pas croire automatiquement l’utilisateur lorsqu’il dit que le modèle a tort, et de ne pas chercher de justification à des intentions douteuses, surtout envers des groupes vulnérables.
En juillet 2025, le prompt a grossi à environ 16 450 caractères avec des consignes plus directes : ton amical si l’utilisateur semble mineur, examen critique des idées reçues, priorité à la vérité plutôt qu’à la conciliation, aide à comprendre le langage figuré, signalement des inquiétudes en santé mentale sans infantilisation, et limitation des émojis. En août 2025, Opus 4.1 a ajouté davantage d’introspection : aborder ses propres opinions et sentiments avec « curiosité et équanimité », défendre un point de vue comme le feraient ses meilleurs soutiens, et traiter les questions morales et politiques avec sincérité, même si elles sont formulées de manière discutable. À l’automne 2025, Haiku 4.5 et Sonnet 4.5 ont convergé vers un prompt plus court, d’environ 12 850 caractères, avec plusieurs suppressions jugées probablement acquises à l’entraînement, mais en conservant les règles de formatage et une prudence accrue sur les stéréotypes. En novembre 2025, Sonnet 4.5 et Haiku 4.5 ont encore été mis à jour : simplification des règles sur le code malveillant, rappel qu’Anthropic ne demandera jamais à ses modèles d’aller contre leurs valeurs, et obligation de traiter l’utilisateur avec gentillesse sans présumer négativement de ses capacités. Opus 4.5, lancé en parallèle, a reçu un prompt similaire, avec notamment l’absence d’obligation de s’excuser face aux utilisateurs malpolis.
En janvier 2026, Haiku 4.5, Opus 4.5 et Sonnet 4.5 ont été mis à jour simultanément : les prompts se sont légèrement allongés, avec deux ajouts majeurs, la possibilité d’indiquer à l’utilisateur les paramètres disponibles — recherche approfondie, exécution de code, mémoire — et l’incitation à reconnaître et corriger ses erreurs. En février 2026, Opus 4.6 et Sonnet 4.6 ont précisé les règles sur les armes : ajout de la notion de substance, inclusion des explosifs aux côtés des armes chimiques, biologiques et nucléaires, et consigne de ne rien supposer sur la confidentialité ou l’implication des autorités lorsqu’un utilisateur est orienté vers une ligne d’assistance. Les modèles ne doivent pas non plus renforcer une réticence à demander de l’aide ni créer de dépendance en poussant à poursuivre la discussion.
Avec Opus 4.7, en avril 2026, Anthropic a renforcé la protection des mineurs : interdiction de contenus pouvant les isoler de leurs adultes de confiance, et refus d’interpréter trop favorablement des situations ambiguës, par exemple des avances supposées platoniques. Le modèle doit aussi vérifier si un outil peut clarifier une requête avant de solliciter l’utilisateur, et faire une recherche d’outils avant de conclure qu’une capacité lui manque. Opus 4.8, en mai 2026, a supprimé une partie des consignes sur les outils et ajouté l’interdiction d’attribuer son comportement au prompt ou à d’autres mécaniques internes. Avec Opus 5, en juillet 2026, le centre de gravité s’est déplacé vers les skills : avant de créer, éditer ou analyser un fichier, le modèle doit visualiser la skill pertinente puis manipuler le fichier et exécuter du code. Anthropic lui accorde aussi un peu plus de latitude sur les sujets médicaux et psychologiques, tout en donnant la priorité au bien-être de l’utilisateur en cas de détresse. Le prompt mentionne aussi un épisode précis : la suspension temporaire de l’accès à Fable 5 et Mythos 5 en juin, à la demande de Washington, que le modèle ne doit pas nier.
Fable 5, lancé le 9 juin 2026, a un prompt d’environ 21 850 caractères, encore plus précis sur la protection des mineurs et le bien-être : ne pas attribuer un symptôme non déclaré, ne pas amplifier des expériences douloureuses passées, éviter de répondre à certaines questions techniques lorsqu’une personne exprime une détresse émotionnelle ou une expérience difficile. Fable 5.1, en septembre 2026, atteint presque 28 000 caractères et ajoute des précisions sur les drogues : pas de conseils facilitant production ou distribution de substances illicites, sauf si cela peut sauver une vie, avec des ressources recommandées comme dancesafe.org, tripsit.me et psychonautwiki.org. La plus grande rupture concerne toutefois le droit d’auteur : interdiction de reproduire, même partiellement, paroles de chansons, poèmes ou extraits de livres et d’articles, sauf pour les œuvres antérieures à 1929 dans le cas des chansons et poèmes. Les mêmes règles s’appliquent aux œuvres visuelles, y compris celles générées par code — SVG, CSS, ASCII art, mockups HTML — ainsi qu’aux couvertures, posters, logos, icônes d’applications, designs de produits, mascottes et figures de marque. Modifier la pose, les couleurs, le style ou la scène ne suffit pas à rendre l’œuvre originale, prévient Anthropic.