Depuis 2024, Stairling développe un modèle coopératif adapté aux problématiques des chauffeurs VTC : grâce à sa plateforme, les chauffeurs bénéficient d’un contrat d'entrepreneur-salarié, avec fiche de paie, protection sociale et paiement hebdomadaire. Une offre qui a convaincu 2 000 chauffeurs. Ce modèle avait permis à l’entreprise de lever 1,5 million d'euros l'an dernier auprès des fonds Plug and Play Ventures et Kima Ventures, ainsi que Source Ventures et 199 Ventures.
Deux ans après sa création, l’entreprise étend fortement sa palette d’offres et son portefeuille client, avec l'acquisition de MySam, une plateforme VTC fondée à Albi (Tarn) en 2016, qui sera rebaptisée Staircab. Dans l’opération, Stairling met la main sur près de 200 000 clients et une base de 18 000 chauffeurs inscrits, répartis dans 200 à 350 villes. À la suite de l'opération, Pierre Rosi, fondateur de MySam, prend les rênes de la nouvelle entité en tant que “Head of Staircab”.
Une infrastructure de mobilité en marque blanche
Le positionnement est purement BtoB : la solution permet à des organisations (hôtels, agences de voyages, aéroports, offices de tourisme, sites événementiels, mais aussi collectivités locales…) de proposer un service de transport VTC ou taxi à leurs clients, sans avoir à gérer eux-mêmes une flotte ni les contraintes opérationnelles qui l'accompagnent.
Concrètement, Staircab se positionne comme une infrastructure de mobilité blanche que ses partenaires peuvent activer selon leurs besoins et leur environnement technique. La plateforme propose ainsi quatre points d'entrée : une API (pour les agrégateurs, grands comptes et plateformes ayant des volumes à distribuer), un “embed”, pour intégrer directement la réservation dans un site ou une application existante, la marque blanche (pour proposer le service sous sa propre identité de marque) et une solution hardware et QR code (pour les lieux physiques comme les hôtels, gares, aéroports ou sites touristiques).
Derrière ces quatre modalités, c'est une infrastructure unifiée qui opère réservation, dispatch, facturation et régulation professionnelle, 24h/24 et 7j/7, en français et en anglais.
Deux solutions complémentaires
Ce modèle, accessible aussi aux chauffeurs qui souhaitent développer leur propre clientèle et créer leur fonds de commerce, permet aux partenaires de générer une commission (jusqu’à 10%) sur chaque course réservée via leur canal, sans aucun investissement dans une flotte ni dans une infrastructure de dispatch. La plateforme Staircab touche quant à elle 10%.
“Nos deux solutions sont très complémentaires. Stairling apporte un cadre plus stable, dans lequel les chauffeurs gardent le contrôle de leur activité et de leur rémunération. MySam apporte son expertise terrain et des outils concrets pour aider les chauffeurs à développer leur propre clientèle”, explique Mimoun El Alami, le CEO de Stairling.
Le fondateur présente ainsi Stairling et Staircab comme deux briques d’une infrastructure globale au service des chauffeurs, un véritable “Operating System” et non une place de marché VTC. “Nous ne sommes que du côté de l’offre [les chauffeurs]”, souligne-t-il.
Agrément ACPR et levée de fonds en attente
S’il n’entend pas “aller concurrencer les mastodontes” du secteur sur leur terrain, il a tout de même de grandes ambitions pour Stairling, puisqu’il souhaite “devenir le plus gros acteur fintech de l’univers de la gig economy”, soit l’économie des petits boulots. Pour s’en approcher, la startup est actuellement en attente d’un agrément de l’ACPR qui lui permettra d’opérer directement les flux financiers pour le compte de ses chauffeurs et se rapprocher du modèle d’une néobanque. Afin d’accélérer dans cette direction, une nouvelle levée de fonds est d’ailleurs en cours de finalisation.
Actuellement, la startup traite déjà 100 millions d’euros de flux financier annuels pour le compte de ses plus de 2 000 chauffeurs. Mimoun El Alami s’est fixé pour la fin 2026 l’objectif d’atteindre 3 000 à 4 000 travailleurs sous statut d'entrepreneur-salarié, puis 200 000 à cinq ans, pour 2 à 3 milliards d'euros de flux annuels. Sachant qu’en 2025, 47 800 chauffeurs de taxi et 125 000 chauffeurs VTC avaient une carte professionnelle sécurisée déclarée active auprès de l’Imprimerie nationale, une telle croissance passera nécessairement par l’international et/ou l’extension à d’autres verticales de la “gig economy”.
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