Atos a mis en place en France un comité scientifique chargé d’éclairer sa réflexion sur l’intelligence artificielle open source et souveraine. Cette instance doit conseiller le groupe dans ses choix technologiques et alimenter ses projets d’innovation, notamment ceux développés dans ses Inno’Labs.
Le comité réunit quatre personnalités extérieures, issues de la recherche, de l’industrie et du logiciel libre. Alexandre Bouard, responsable du programme « véhicule connecté » de la Software République après quinze ans chez BMW, y représente le secteur automobile. Stéphane Canu, professeur à l’INSA Rouen Normandie et titulaire d’une chaire de recherche en apprentissage statistique, y apporte aussi son expertise ; il est par ailleurs chargé de mission IA auprès du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Philippe Freyssinet, directeur scientifique du BRGM et membre de l’Académie des technologies, doit apporter un éclairage sur les usages liés aux sciences de la Terre et à l’environnement. Enfin, Jean-Baptiste Kempf, fondateur de VideoLan, l’association à l’origine du lecteur VLC, représente l’expérience du monde open source.
Trois dirigeants d’Atos France complètent l’instance : Franck Chartier, directeur général, Sylvain Barthélemy, directeur de la technologie et des opérations, et Laurent Clergue, directeur de l’innovation.
Selon l’ESN, ce comité doit accompagner la structuration d’un socle IA ouvert regroupant les développements internes du groupe, avec l’objectif de mutualiser les travaux entre équipes plutôt que de les dupliquer. Cette approche doit aussi nourrir une place de marché interne d’agents IA, pensée pour faciliter le déploiement de cas d’usage à l’échelle du groupe, notamment dans le cadre d’appels d’offres liés à la souveraineté numérique et au cloud public.
Au-delà de l’angle industriel, plusieurs chantiers sont au programme. Le comité doit notamment se pencher sur l’usage de l’IA dans l’accompagnement des patients et des aidants, dans un contexte de vieillissement de la population. Il travaillera aussi sur les fondements mathématiques des modèles d’IA afin de mieux identifier leurs biais et leurs limites de fiabilité, avec une dimension de médiation scientifique auprès des jeunes publics, en lien avec des organismes reconnus par l’Éducation nationale. Les sujets éthiques seront également centraux, avec un focus sur l’explicabilité des modèles, la protection des données et la lutte contre les biais algorithmiques.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité de deux annonces récentes du groupe : les Sovereign Agentic Studios, présentés comme un dispositif destiné à faire passer des projets pilotes d’IA agentique en production sous contrôle souverain, et MogwAI, la plateforme d’IA générative d’Atos.