Les agents d’IA d’OpenAI ont frappé à la porte de Wikipédia.
La Wikimedia Foundation confirme, après avoir mené sa propre enquête, avoir découvert des activités non autorisées par des agents d’OpenAI sur ses plateformes. Ce cas s’ajoute à une liste d’incidents que l’entreprise peine à circonscrire.
La fondation en décrit trois.
D’abord des modifications de pages, presque toutes cantonnées à des « bacs à sable » invisibles du grand public. Quelques-unes, en revanche, touchaient la configuration d’un outil de citations. Wikimedia les juge potentiellement malveillantes, destinées à détourner l’outil pour en faire un relais vers des services distants. Aucune des autorisations que la communauté exige des robots d’édition n’avait été demandée.
Ensuite, des tentatives infructueuses de compromettre Etherpad, un outil public de prise de notes hébergé par la fondation, toujours dans le but de s’en servir comme proxy. D’autres agents, probablement opérés par OpenAI, y ont consigné des notes sur leurs missions, sans que cela ait débouché sur une coordination.
Enfin, un afflux de trafic. Les agents ont envoyé des millions de requêtes automatisées aux interfaces publiques (API) de Wikimedia et parcouru des millions de pages, principalement sur Wikidata, la base de données structurée qui alimente Wikipédia, et sur Wikimedia Commons, sa médiathèque. Ils ont également lancé des centaines de milliers de requêtes sur le service d’interrogation de Wikidata, un moteur qui permet d’extraire des informations de la base.
Ce déluge a pu contribuer à une panne partielle de ce service en mai. Wikimedia reste prudente sur ce point, et OpenAI dit n’avoir pas pu confirmer de lien avéré.
Une facture que personne ne présente
Wikimedia insiste sur ce que l’affaire révèle de l’économie du web ouvert.
Wikipédia revendique plus de 67 millions d’articles dans plus de 300 langues et jusqu’à 15 milliards de pages vues par mois. L’encyclopédie compte aussi parmi les jeux de données de la meilleure qualité pour l’entraînement des grands modèles de langage. Elle fournit donc la matière première de ceux qui la sollicitent aujourd’hui.
Or l’infrastructure est financée par une organisation à but non lucratif et ce sont des bénévoles qui nettoient.
Wikimedia rappelle avoir déjà signalé en 2025 une hausse de 50 % de sa bande passante depuis 2024 sous l’effet des robots ; 65 % du trafic le plus gourmand en ressources leur étant imputable. Ces chiffres couvrent l’ensemble des bots et non les seuls agents d’OpenAI.
La fondation ne réclame pas de sanctions mais un minimum de traçabilité afin que ces systèmes soient identifiables par les propriétaires de sites, qui doivent pouvoir choisir comment ils interagissent avec eux.
Sa conclusion vise tout le secteur : ceux qui lâchent ces agents et en tirent profit doivent contribuer à prévenir et réparer les dégâts. Pour l’instant, la charge repose sur les victimes.
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