Mozilla officialise Firefox Enterprise, une offre destinée aux organisations soumises à des exigences renforcées de sécurité, de gouvernance et de conformité.
Sa particularité : associer Firefox à une console d’administration que l’entreprise peut exploiter sur sa propre infrastructure. Elle peut ainsi centraliser les politiques du navigateur, gérer les accès et encadrer les flux de données, notamment l’utilisation des outils d’IA.
Firefox Enterprise repose sur le moteur de rendu Gecko, développé par Mozilla. Parmi les trois principaux moteurs de navigateur, avec Blink de Google et WebKit d’Apple, Gecko est le seul indépendant de ces deux groupes.
L’offre intègre notamment des fonctions de prévention des fuites de données (DLP). Des règles peuvent être définies par domaine et par action afin d’avertir l’utilisateur ou de bloquer certaines opérations.
Gouvernance de l’IA et visibilité pour le SOC
Firefox Enterprise intègre des contrôles dédiés à l’usage de l’intelligence artificielle dans le navigateur. Les administrateurs peuvent autoriser, restreindre ou bloquer l’accès à certains domaines et services d’IA, encadrer les actions des extensions sur ces domaines ou désactiver globalement les fonctions d’IA via un « AI Killswitch ».
L’offre est conçue pour coexister avec les outils déjà déployés dans l’entreprise. Mozilla indique que les organisations peuvent conserver leur fournisseur d’identité, leur SIEM et leur solution de gestion des terminaux (MDM). Les événements du navigateur et les actions d’administration peuvent être exportés vers un SIEM, afin d’améliorer la visibilité des équipes de sécurité.
L’accès conditionnel s’appuie sur le SSO de l’entreprise et sur la posture de l’appareil. Mozilla indique que ce mécanisme peut fonctionner sur des terminaux non gérés, sans MDM, VPN ni EDR. Les conditions précises de cette prise en charge restent à documenter pour apprécier sa portée opérationnelle.
Mozilla inscrit ce lancement dans le débat européen sur la souveraineté numérique et la réduction des dépendances technologiques. L’éditeur entend notamment donner aux entreprises davantage de maîtrise sur l’infrastructure qui administre leur navigateur, plutôt que de dépendre entièrement des environnements de gestion proposés par les grands fournisseurs.
« Si toutes vos options reposent sur la même technologie sous-jacente, le “choix” n’est qu’une illusion. Tout comme le contrôle », déclare Anthony Enzor-DeMeo, PDG de Mozilla.
Positionné sur l’indépendance technologique
Firefox Enterprise est lancé en Europe, avec une priorité commerciale initiale sur la France, l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse. D’autres marchés suivront, précise Mozilla.
Les organisations qui utilisent déjà Firefox ESR peuvent conserver leurs mécanismes d’administration existants, qui restent gratuits. La nouvelle offre payante se distingue par sa console de gestion et par des fonctions supplémentaires de DLP, de gouvernance de l’IA et d’exportation des événements vers le SIEM.
Mozilla ne communique pas de tarif public : l’accès passe par une demande de démonstration. Un support standard est inclus, tandis qu’une formule Premium avec un interlocuteur technique dédié est proposée en option.
Mozilla annonce enfin le développement de Thunderbird Enterprise qui doit étendre cette approche fondée sur le contrôle par le client à la messagerie et aux communications. Aucun calendrier précis n’est communiqué pour cette future offre.
Illustration : © DR
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