Deux LLM concurrents font-ils nécessairement doublon ? Spendesk a pris ce parti pour évoquer les dépenses logicielles des entreprises dans l’UE.

Au-delà de la méthodologie, on gardera à l’esprit que les résultats émanent d’un fournisseur… de solutions de gestion des dépenses. Nous en reprenons néanmoins quelques-uns, en particulier parce qu’ils illustrent un état de fait : pour une même chose, tout le monde ne paye pas le même prix.

7 Md€ à aller chercher en négociant ?…

L’analyse couvre la période de juin 2025 à juin 2026. Elle englobe 2568 entreprises actives. La majorité en France (60,5 %). Le reste dans 13 autres pays, principalement l’Allemagne (16 %) et le Royaume-Uni (12,6 %). La distribution est à l’image du marché européen : 91 % de ces entreprises comptent moins de 250 employés.

À partir de cet échantillon, Spendesk extrapole à l’UE en s’appuyant sur les données d’Eurostat pour 2024. Bilan : dans la catégorie des entreprises de 50 à 250 employés, la variation des prix entraîne à elle seule 7 Md€ de surdépenses par an.

Ce montant découle de l’analyse des dépenses dans une trentaine de logiciels SaaS avec licence par siège. Spendesk affirme avoir mesuré ce que les entreprises payaient mensuellement par employé « pour exactement le même produit ». Partant, il a pris comme référence le « quartile le plus discipliné » (i.e. les 25 % d’entreprises ayant le moins dépensé). Puis il y a comparé l’ensemble de l’échantillon.

Entre les « bons élèves » et la dépense médiane, il y a un ratio de 3,4:1 pour Figma, de 3,7:1 pour Slack et de 4,4:1 pour HubSpot. On atteint 8,3:1 pour Atlassian et 9:1 pour Notion.

Spendesk concède que la profondeur de gamme peut, chez des éditeurs comme Adobe et Atlassian, expliquer en partie l’écart. Il estime qu’on ne peut pas en dire autant concernant Slack : à l’en croire, c’est « presque entièrement » une question d’opacité… ou d’absence de négociation.

… et 3 Md€ en dédoublonnant les logiciels ?

Spendesk estime que sur l’échantillon, dédupliquer les logiciels permettrait d’économiser 15 M€ par an. Rapporté aux entreprises de 50 à 250 employés dans l’UE, cela fait 3 Md€.

L’IA et le design, explique-t-il, concentrent plus des deux tiers du potentiel d’économies. Sur ces segments, respectivement 72 % et 64 % des acheteurs payent pour au moins deux produits concurrents*.

Spendesk assimile effectivement cette situation à un doublonnement. Et note, à ce propos, que 65 % des entreprises dont il a analysé les dépenses utilisent au moins deux modèles concurrents, contre 29 % il y a un an.

Sur la période examinée, la variation mensuelle médiane du montant de la facture IA s’élève à 61 %. Elle est un peu plus élevée en France (62,4 %) qu’au UK (60,2 %) et qu’en Allemagne (55,5 %). Il faut dire que Spendesk y inclut les tarifications à l’usage…

* Suivent les outils de développement (44 %), l’automatisation (37 %), la gestion de projet (29 %), le CRM (22 %), etc.

Illustration générée par IA

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