Migrer vers S/4HANA apportera-t-il des bénéfices métier ? Chez les clients francophones de SAP*, on s’y attend de moins en moins. En tout cas d’après les enquêtes de satisfaction menées par leur association représentative (l’USF).

En 2022, ils avaient été 26 % à affirmer envisager S/4HANA pour cette raison. Deux ans plus tard, ils n’étaient plus que 23 %. Cette année, ils sont 20 %.

Sur l’offre ERP Cloud, autre angle, mais même tendance. Les bénéfices métier ne constituent la motivation principale que pour 6 % des répondants. La plupart (61 %) déclarent qu’il s’agit avant tout de suivre la stratégie de SAP.

Ils sont 67 % a dire de même à propos de S/4HANA ; 44 % invoquent l’obsolescence des systèmes SAP existants (+ 3 points par rapport à 2024). Quoi qu’il en soit, 31 % ont désormais achevé leur migration, contre 14 % deux ans plus tôt. En toile de fond, la fin de maintenance d’ECC 6 en 2030. Lors de l’enquête précédente, 48 % des organisations avaient jugé cette échéance inadaptée. Elles sont aujourd’hui à peine moins nombreuses (45 %).

L’inquiétude sur les coûts est de plus en plus manifeste

Lorsqu’on demande aux utilisateurs SAP de citer les freins à la migration vers S/4HANA, les coûts réunissent systématiquement le plus de suffrages. Et cela va croissant : de 63 % en 2022, on est passé à 70 % en 2024, puis 74 % en 2026. Suit la difficulté à démontrer les bénéfices de projets (59 %, contre 57 % en 2024).

Pour Cloud ERP, l’USF ne parle pas de freins mais d’incertitudes. La question tarifaire reste en tout cas au premier rang. 47 % des répondants s’inquiètent du coût des projets ; 54 %, des coûts futurs (32 % estiment avoir une visibilité claire sur le TCO à 5 ans). Ils sont par ailleurs 42 % à craindre une perte d’autonomie vis-à-vis de SAP. Et, dans le même esprit, seulement 6 % à juger suffisantes les garanties de réversibilité.

L’IA intégrée, jugée économiquement inintéressante

Parmi ceux qui connaissent les offres Cloud ERP, 36 % ont tout de même signé un contrat (vs 13 % en 2024) et 16 % ont terminé leur déploiement.

La mise en œuvre de l’IA intégrée est moins avancée. 9 % des organisations ont déployé des cas d’usage dans leur environnement, quand bien même elles reconnaissent des atouts en matière d’exploitation des données structurées (47 %), d’automatisation des processus (39 %) et d’ergonomie (38 %). Il faut dire que le modèle de licensing ne recueille que 12 % d’opinions favorables. Plus globalement, seuls 4 % des répondants perçoivent un intérêt économique par rapport à des solutions IA externes.

SAP comme levier d’économies : le taux de satisfaction diminue

Parallèlement à l’inquiétude croissante sur les coûts, les organisations sont moins nombreuses à se dire satisfaites des économies réalisées avec SAP. En l’occurrence, 26 %, contre 33 % en 2024. Elles sont aussi moins satisfaites de la rapidité de mise en œuvre des projets (21 %, contre 26 %).

Concomitamment, moins de clients qualifient leur relation commerciale avec SAP de partenariat basé sur la confiance (16 %, – 3 points). Et davantage estiment qu’elle repose avant tout sur la recherche de gains financiers par l’éditeur (49 %, soit + 10 points, revenant au niveau constaté à la fin des années 2010).

* Sur les 450 entreprises et administrations adhérentes, 154 ont participé. En 2024, l’USF avait obtenu 134 réponses.

Illustration © SAP

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