Vu la convergence avec d’autres segments de marché, il n’y aura plus de Magic Quadrant du MDM (master data management).
Gartner avait pris cette décision en 2021. Il estimait devoir viser plus large. Sa réflexion était alors guidée par la notion de data fabric et la manière dont, sous ce prisme, le MDM se rapprochait d’autres capacités de gouvernance et de gestion des données. La demande allait dans ce sens, avec un agrandissement du spectre des parties prenantes, notait le cabinet américain. L’offre aussi. Avec, d’un côté, des fournisseurs élargissant leur couverture fonctionnelle pour toucher aux catalogues de données, à la data quality, etc. Et de l’autre, des avancées technologiques « transversales » venant alimenter tous ces segments convergents : IA, graphes relationnels, métadonnées actives…
Cinq ans plus tard, l’aspect data fabric irrigue toujours le traitement de ce segment de marché par Gartner. Mais sous d’autres angles. En particulier, la diversification des styles d’implémentation du MDM. Au-delà de la consolidation (un golden record pour tous les usages) se répandent des patterns plus flexibles qui favorisent une gouvernance en environnements distribués, dont les data meshes… et les data fabrics.
La convergence des disciplines du data management demeure aussi un axe du discours de Gartner. Le phénomène est désormais présenté comme un moteur de la transformation des solutions MDM en « systèmes dynamiques » à même de fournir du contexte aux IA.
Low-code, médaillon et MCP, pas obligatoires
Ces éléments, entre autres évolutions du marché, ont convaincu Gartner de relancer une Magic Quadrant dédié au MDM.
À quasiment 5 ans d’intervalle, le cœur fonctionnel – en tout cas les briques jugées « obligatoires » – n’a pas tant changé. Dans les grandes lignes :
Création ou définition de golden records
Prise en charge de l’analytique et du transactionnel
Gestion d’au moins 2 des 4 styles d’implémentation « fondamentaux »
Gestion multidomaine et interdomaines
Data quality
Techniques communes d’intégration (event-driven, CDC, ETL inversé, streaming)
Stewardship et gouvernance
L’intégration avec les data fabrics fait partie des fonctionnalités que Gartner dit « communes » mais qu’il n’impose pas formellement pour figurer dans le Magic Quadrant du MDM. Même chose pour, entre autres :
Modélisation dynamique
Gestion de l’architecture médaillon
Gestion des produits data
Intégrations packagées avec connecteurs MCP
Connecteurs natifs pour plates-formes de data management, SGBD cloud, ERP et CRM
Options de personnalisation et configuration sans code
20 fournisseurs, 5 « leaders »
Des 16 fournisseurs classés dans le Magic Quadrant 2021 du MDM, on en retrouve 12 cette année. Riversand et Winshuttle n’en font plus partie, remplacés par leurs acquéreurs respectifs (Syndigo et Precisely).
La situation sur l’axe « exécution » du Magic Quadrant, qui traduit la capacité à répondre effectivement à la demande (tarification, expérience client, qualité des produits/services…) :
Rang
Fournisseur
Évolution 2021-2026
1
Salesforce (Informatica)
=
2
Stibo Systems
+ 3
3
IBM
+4
4
Reltio
+ 6
5
Profisee
– 1
6
Boomi
nouvel entrant
7
Semarchy
– 4
8
SAP
=
9
Ataccama
=
10
TIBCO
– 8
11
Gaine Technology
nouvel entrant
12
PiLog Group
+ 2
13
Pimcore
nouvel entrant
14
CluedIn
nouvel entrant
15
Viamedici
– 1
16
Syndigo
nouvel entrant
17
Syncari
nouvel entrant
18
Precisely
nouvel entrant
19
Tamr
– 4
20
Prospecta Software
nouvel entrant
Sur l’axe « vision », qui reflète les stratégies (commerciale, marketing, R&D, sectorielle, géographique…) :
Rang
Fournisseur
Évolution 2021-2026
1
Reltio
+ 7
2
Salesforce (Informatica)
– 1
3
Profisee
+ 7
4
Stibo Systems
+ 2
5
Semarchy
– 1
6
CluedIn
nouvel entrant
7
Syncari
nouvel entrant
8
Pimcore
nouvel entrant
9
Syndigo
nouvel entrant
10
Ataccama
– 5
11
Tamr
=
12
Boomi
nouvel entrant
13
Gaine Technology
nouvel entrant
14
IBM
– 5
15
SAP
– 8
16
PiLog Group
– 4
17
Precisely
nouvel entrant
18
Viamedici
– 3
19
Prospecta
nouvel entrant
20
TIBCO
– 17
En 2021, ils étaient 4 « leaders » : Informatica, Riversand, Semarchy et TIBCO.
Cette année, ils sont 5. Informatica et Semarchy en font partie, aux côtés de Profisee, Reltio et Stibo Systems.
Des dépendances en cours de résorption chez Profisee
Profisee se distingue par son niveau d’intégration avec les produits Microsoft (Azure, Fabric, Purview). Gartner apprécie aussi sa tarification au nombre d’enregistrements, avec une licence de base sans limites de domaines, d’attributs et d’utilisateurs. Il souligne aussi la qualité de l’UI sans code en renfort de la data stewardship.
Outre le fait que l’hébergement de son SaaS se limite à Azure, Profisee a moins de connecteurs natifs que d’autres fournisseurs. Une partie de ses fonctions d’administration nécessitent par ailleurs un client de bureau (une migration complète vers le cloud est promise pour l’été 2026).
Chez Reltion, attention aux modules complémentaires
Son acquisition par SAP n’étant pas encore finalisée, Reltio reste au Magic Quadrant. Gartner apprécie sa modélisation en graphe (schémas flexibles, cohérence des profils transactionnels et analytiques…) et la couche de data management agentique associée. Il salue aussi la bibliothèque d’accélérateurs sectoriels (packs avec modèles de données et intégrations).
On aura noté que le SaaS est l’option prioritaire chez Reltio : les autres déploiements relèvent de l’exception. Attention aussi à s’assurer de la disponibilité des compétences que peuvent nécessiter certains déploiements. Vigilance également sur le pricing : diverses capacités, dont certains niveaux de disponibilité et de delivery, sont en add-on.
Avec Informatica, gare aux redondances fonctionnelles
À l’instar de Profisee, Informatica est salué pour ses packs sectoriels – comme, en parallèle, pour sa présence régionale. Gartner lui donne aussi un bon point pour l’intégration du MDM au sein de la plate-forme IDMC, avec le même socle technique (sécurité, scalabilité, gestion des utilisateurs) que pour les autres services de gestion des données. Il souligne également l’apport de l’IA sur l’aspect data quality (profilage, suggestion de règles, matching, explicabilité).
La mise en œuvre du MDM dans le cadre d’IDMC peut s’avérer complexe lorsqu’elle combine plusieurs domaines ou styles d’implémentation. On prendra aussi garde aux éventuelles redondances fonctionnelles avec des outils de data management existants, IDMC associant au MDM des briques d’intégration, de gouvernance et de data quality. Par ailleurs, comme dans tout Magic Quadrant où Informatica a été classé ces derniers temps, Gartner rappelle les incertitudes que le passage dans le giron de Salesforce fait peser sur la roadmap.
Semarchy, en retard sur l’intégration de données
Chez Semarchy, Gartner apprécie la conception orientée DataOps (modèles de données et règles métier sont gérés comme des actifs logiciels, avec contrôle de version et intégration CI/CD). Il salue aussi la mise en œuvre de l’approche data product (données de référence encapsulées avec la logique de gouvernance, les pipelines d’intégration et les modèles sémantiques) et la flexibilité de déploiement (SaaS, on-prem, hybride et application Snowflake).
Livré sous forme d’extension Visual Studio Code, l’environnement de conception est susceptible de rebuter les utilisateurs non techniques par rapport aux assistants low code des concurrents. Attention aussi à la bibliothèque de packs sectoriels, moins fournie que chez d’autres. Et au retard que Semarchy accuse sur l’intégration de données – qui exigent souvent un outil distinct (Semarchy xDI) ou des middlewares tiers.
Chez Stibo Systems, l’UX manque de cohérence
Non nourrie d’acquisitions, la plate-forme de Stibo Systems en est d’autant plus unifiée du point de vue architectural. L’entreprise a accru ses investissements dans l’interopérabilité, entre data as a service et intégrations natives (Microsoft Fabric, Databricks, Snowflake, BigQuery) qui favorisent l’unification du MDM transactionnel et analytique. Gartner salue aussi les capacités que sa solution procure en matière de reporting ESG.
Pour le MDM agentique, on attendra : il est encore largement en développement. La bibliothèque de packs sectoriels l’est aussi ; elle est en tout cas plus limitée que chez certains concurrents. Quant à l’UX, elle manque de cohérence entre domaines.
Illustration principale © Sergey Nivens – Shutterstock
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