数据中心:环境影响评估遭遇商业机密壁垒

Datacenters : la mesure d’impact environnemental se heurte au secret commercial

Silicon.fr by Clément Bohic 2026-04-20 16:48 Original
摘要
调查显示,大型科技公司推动欧盟修改法规,以数据中心商业机密为由,阻止公开其环境影响关键数据。新规允许运营商以保护商业利益为由,拒绝披露能耗、水足迹等具体信息,可能违反欧盟环境信息透明公约。微软等行业团体以竞争安全和数据安全为由游说成功,导致公众无法获取数据中心级别的详细环境绩效数据。

欧盟数据中心环境评估遭遇商业机密壁垒,大型科技公司推动立法修改以阻止关键环境影响信息公开。

据调查媒体联盟Investigate Europe披露,包括Arte和Mediapart在内的合作媒体援引十余名法律专家意见指出,相关立法修改可能违反《奥胡斯公约》等保障环境信息获取权的基础性法律框架。

争议条款源于2024年3月通过的授权法案,该法案是对2023年9月生效的《能源效率指令》的补充。原指令要求功率超过500千瓦的数据中心运营商公开能源绩效、水足迹和需求灵活性等数据,具体包括:

  • 数据中心名称、所有者、运营商及所在地
  • 占地面积、装机功率、年度数据出入量、存储处理数据量
  • 建立欧盟统一数据库进行信息汇总,并向公众提供欧盟及成员国层面的聚合数据
  • 但允许涉及商业机密和商业保密的信息例外

授权法案进一步细化了需提交的关键绩效指标(KPI):

  • 电力与冷却基础设施冗余水平
  • IT设备能耗及占用面积
  • 电池平均容量
  • 饮用水总供应量
  • IT设备进风平均设定温度
  • 制冷剂类型
  • 可再生能源总消耗量
  • 出入带宽与数据流量

法案第5条引入被指由大型科技公司推动的关键条款,要求欧盟委员会及相关成员国对提交至数据库的所有信息保密,理由是这些信息涉及数据中心运营商和所有者的商业利益。该条款援引了2001年《欧盟文件公开条例》和2003年《环境信息公众获取指令》,两者均允许以保护商业利益为由拒绝信息公开。

行业组织DigitalEurope在公开咨询中曾明确援引此立场,微软亦警告称公开原始数据(如电力消耗、数据流量)可能使竞争对手获取投资情报,并带来网络安全风险——例如带宽数据可能帮助攻击者评估瘫痪数据中心所需流量,精细化的数据流分析则会放大攻击影响。

这些企业主张:

  • 在欧盟层面统一保护信息机密性,而非交由各国立法
  • 数据聚合后应删除原始信息
  • 排除2023年规划阶段未涉及的部分指标(电池平均容量、制冷剂类型等)
  • 为托管运营商开发专用欧盟数据库接口,允许客户自主提交信息

欧盟委员会认为,若要求逐家公开数据中心数据,运营商可能停止信息报送。目前法案仅要求公开聚合层面的能耗、计算容量、用水量及四项指标:电源使用效率(PUE)、水利用效率(WUE)、能源再利用率(ERF)和可再生能源比例(REF)。

Summary
Big Tech companies successfully lobbied for changes to EU legislation, allowing data center operators to withhold critical environmental impact data from public disclosure by classifying it as commercially sensitive. The modifications, detailed in a March 2024 delegated act following the Energy Efficiency Directive, were advocated by lobby group DigitalEurope and Microsoft, who cited competitive and cybersecurity risks. This move is criticized by Investigate Europe and partner media outlets as potentially violating transparency principles like the Aarhus Convention.

EU Data Center Sustainability Reporting Compromised by Commercial Secrecy Provisions, Following Big Tech Lobbying

A recent investigation by the consortium Investigate Europe, partnered with outlets including Arte and Mediapart, alleges that major technology companies successfully lobbied to alter European Union legislation. The changes effectively prevent the public disclosure of critical environmental impact data from data centers, potentially violating foundational texts like the Aarhus Convention on public access to environmental information.

The core issue stems from a delegated act adopted in March 2024, supplementing the EU's Energy Efficiency Directive (EED). The EED, effective September 2023, established a common framework for rating data center sustainability. It mandates that owners/operators of data centers with at least 500 kW of installed power publish data on energy performance, water footprint, and demand-side flexibility. Required information includes the data center's name, owner, operator, location, operational start date, floor space, power capacity, annual data traffic volumes (incoming, outgoing, stored, and processed).

While the directive centralized this data in a European database for public release at an aggregated level (EU and member state), it included an exception for information protected as commercial or business secrets.

The March 2024 delegated act specified the Key Performance Indicators (KPIs) to be reported, such as:

* Electrical and cooling infrastructure redundancy levels

* IT equipment energy consumption and occupied space

* Average battery capacity

* Total potable water use

* Average set temperature for IT equipment intake air

* Refrigerant types

* Total renewable energy consumption

* Incoming/outgoing data bandwidth and traffic

However, Article 5 of this act—directly attributed to Big Tech lobbying—mandates that the European Commission and member states preserve the confidentiality of *all* information submitted to the database. The justification is that disclosure would harm the commercial interests of data center operators and owners. The article references the 2001 regulation on public access to EU documents and the 2003 directive on public access to environmental information, both of which allow refusal of access if disclosure undermines commercial interests.

Lobbying group DigitalEurope and Microsoft had explicitly invoked these arguments during the public consultation on the delegated act. Microsoft warned that raw data on power consumption and data traffic could guide competitors' investments and posed cybersecurity risks. For instance, bandwidth data could help attackers gauge the traffic volume needed to disrupt a data center. They argued for EU-level confidentiality protection, not national laws, and for the deletion of raw data once aggregated. They also sought to exclude certain KPIs not discussed in earlier phases (e.g., average battery capacity, refrigerant types).

According to Investigate Europe, Brussels adopted these suggestions nearly verbatim, operating on the belief that operators would cease reporting entirely if required to publish data on a per-facility basis. This move has drawn criticism from legal experts, who suggest it may conflict with the EU's transparency obligations under environmental law.

Résumé
Un collectif de médias européens, Investigate Europe, accuse les Big Tech d'avoir influencé une législation de l'UE pour restreindre la divulgation publique de données détaillées sur l'impact environnemental des datacenters. Le lobby DigitalEurope et Microsoft ont plaidé, lors d'une consultation, pour la protection de ces informations en invoquant le secret commercial et des risques sécuritaires, arguments largement repris dans un acte délégué de mars 2024. Cette disposition limite la transparence en ne rendant publiques que des données agrégées, ce qui pourrait, selon des juristes, contrevenir à des conventions sur l'accès à l'information environnementale.

Les Big Tech ont fait modifier la législation de l’UE pour empêcher que soient divulguées au public des informations critiques sur l’impact environnemental des datacenters.

Tel est, dans les grandes lignes, le propos d’Investigate Europe. Le collectif, – dont Arte et Mediapart, entre autres, sont partenaires – suggère, à l’appui des témoignages d’une dizaine de juristes, que les modifications en question pourraient violer des textes fondamentaux. À commencer par la Convention d’Aarhus, qui tend à favoriser le droit d’accès à l’information en matière d’environnement.

Le secret commercial, explicite dans la directive efficacité énergétique…

Les dispositions problématiques sont inscrites dans un acte délégué de mars 2024, pris dans la continuité de la directive relative à l’efficacité énergétique. Cette dernière, entrée en vigueur en septembre 2023, avait ouvert la voie à un système commun de notation de la durabilité des datacenters dans l’UE. Elle impose aux propriétaires et aux exploitants de datacenters d’au moins 500 kW de publier des données concernant la performance énergétique, l’empreinte hydrique et la flexibilité de la demande. En l’occurrence, au minimum :

Nom du datacenter, du propriétaire et des exploitants, commune d’implantation, date de début d’activité

Superficie au sol, puissance installée, volume annuel de données entrantes et sortantes, volume de données stockées et traitées

La directive établit une centralisation de ces infos dans une base de données européenne, puis leur mise à disposition du public à un niveau agrégé (UE et États membres). Elle pose une exception pour celles soumises à la protection des secrets commerciaux et des secrets d’affaires ainsi que de la confidentialité.

… mais véritablement consacré dans un acte délégué

L’acte délégué a précisé les KPI à communiquer. Parmi eux :

Niveau de redondance des infras électrique et de refroidissement

Consommation d’énergie des équipements informatiques et surface occupée

Capacité moyenne des batteries

Apport total d’eau potable

Température de consigne moyenne de l’air d’admission des équipements informatiques

Types de réfrigérants

Consommation totale d’énergie renouvelable

Bande passante et trafic de données entrants et sortants

L’acte précise les éléments à rendre publics au niveau agrégé. À savoir la consommation d’énergie, la capacité informatique installée, l’utilisation d’eau et 4 indicateurs : PUE, WUE, ERF (réutilisation de l’énergie) et REF (taux d’énergies renouvelables).

Le texte introduit, en son article 5, la fameuse clause imputée aux Big Tech. Elle impose à la Commission européenne et aux États membres concernés de préserver la confidentialité de toutes les informations transmises à la base de données. Motif : il s’agit d’informations confidentielles portant atteint aux intérêts commerciaux des exploitants et des propriétaires de datacenters.

Référence est faite à deux textes. D’une part, le règlement de 2001 sur l’accès public aux documents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission. De l’autre, la directive de 2003 relative à l’accès du public à l’information en matière d’environnement. L’un et l’autre permettent, respectivement aux institutions de l’UE et aux États membres, de refuser l’accès à un document si sa divulgation porte atteinte à la protection d’intérêts commerciaux.

C’est précisément ce que le lobby DigitalEurope avait invoqué dans le cadre de la consultation publique sur cet acte délégué. Microsoft en avait fait autant, brandissant les risques que posait le mécanisme envisagé. En particulier, l’obtention de données confidentielles par des concurrents et des ONG au nom des deux textes susmentionnés. Bruxelles a repris leurs suggestions presque mot pour mot.

L’argument de la sécurité informatique

Microsoft affirmait que des données brutes telles que la consommation électrique et le trafic de données étaient susceptibles de guider les concurrents dans leurs investissements. Il avançait aussi l’argument de la sécurité informatique. La bande passante, par exemple, peut indiquer à des attaquants le volume de trafic nécessaire pour perturber un datacenter. Tandis qu’une trop forte granularité des flux de données facilite l’évaluation de l’impact des attaques.

DigitalEurope & Cie appelaient à protéger la confidentialité de ces informations au niveau de l’UE. Et non pas à laisser cet aspect aux législations nationales, a fortiori vu le « manque de clarté » à ce sujet. Ils plaidaient aussi pour une suppression de ces données une fois agrégées. Et pour l’exclusion de certains éléments qui n’avaient pas été abordés lors de la phase de préfiguration en 2023 (capacité moyenne des batteries, types de réfrigérants, données entrantes et sortantes…). Tout en demandant des clarifications pour les opérateurs de colocation : comment allaient-ils assurer la confidentialité des données clients, surtout s’ils étaient aussi cloud providers ? Une des solutions proposées consistait à développer une interface spécifique sur la base de données de l’UE. Elle aurait permis aux opérateurs de créer un profil par datacenter, puis de permettre à leurs clients de fournir leurs propres informations.

D’après Investigate Europe, Bruxelles est d’avis que peu importe leurs obligations, les exploitants arrêteraient de communiquer des données s’il fallait les publier datacenter par datacenter.

Illustration générée par IA

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AI Insight
Core Point

欧盟在大型科技公司游说下修改法规,允许数据中心运营商以商业机密为由不公开详细环境影响数据,这可能削弱欧盟数据中心可持续性评级体系的透明度。

Key Players

DigitalEurope — 欧洲数字技术行业游说组织,总部位于布鲁塞尔。

Microsoft — 美国跨国科技公司,主要业务为软件、云计算。

Industry Impact
  • ICT: 高 — 直接影响数据中心运营商的监管透明度和环境责任。
  • 能源: 中 — 涉及能源消耗、可再生能源使用指标的非公开。
  • 计算/AI: 中 — 数据中心是算力基础,其能效数据不透明影响行业可持续性评估。
Tracking

Strongly track — 此事涉及欧盟数字监管与环保政策的重大冲突,其结果将设定科技公司环境披露的先例。

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2026-04-20 22:50
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