Microsoft ne vend pas encore un ordinateur quantique, mais veut prouver qu’elle tient un jalon crédible avec sa puce Majorana 2. Elle succède à Majorana 1 et s’inscrit dans la continuité d’un programme que Microsoft développe depuis des années autour des qubits topologiques.
L’entreprise affirme avoir multiplié par 1 000 la fiabilité de ses qubits par rapport à la génération précédente, avec une durée de vie moyenne qui dépasserait désormais 20 secondes, contre 1 à 12 millisecondes sur Majorana 1.
Cette amélioration repose sur une refonte matérielle, avec le remplacement de l’aluminium par du plomb dans la couche supraconductrice et l’usage d’une nouvelle combinaison d’arséniure d’indium et d’arséniure d’indium-antimoniure dans la zone semi-conductrice active.
Pour Microsoft, ces choix doivent stabiliser davantage la phase topologique et rendre les qubits plus robustes face aux perturbations.
La promesse des qubits topologiques
L’intérêt de cette architecture est connu. Microsoft veut des qubits moins sensibles au bruit et plus faciles à faire évoluer que ceux de plusieurs approches concurrentes. Si cette voie se confirme, elle pourrait réduire le coût et la complexité de la correction d’erreurs, l’un des principaux goulets d’étranglement de l’informatique quantique.
Mais c’est là que le discours doit rester prudent. La puce reste expérimentale et la stabilité annoncée, même spectaculaire, ne suffit pas à faire émerger une machine exploitable sans une architecture complète capable de gérer à grande échelle des erreurs toujours inévitables. En clair, Microsoft progresse sur une brique essentielle, sans avoir encore démontré le système final.
L’autre enseignement de l’annonce tient au calendrier. Microsoft dit désormais viser un ordinateur quantique pratique et évolutif dès 2029, au lieu de 2033 auparavant, ce qui traduit une confiance renforcée dans sa trajectoire technique.
Cette révision de feuille de route ne doit toutefois pas masquer l’écart entre l’objectif et la réalité. Microsoft reconnaît encore implicitement qu’il faudra franchir plusieurs paliers avant d’atteindre une machine tolérante aux pannes, capable d’exécuter des calculs réellement utiles à grande échelle.
Image : © Microsoft
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