« La souveraineté numérique est une compétence qui s’exerce, la résilience numérique est une qualité qui se construit et se mesure. »
Le Cigref conclut, par ces mots, un appel à la « rigueur sémantique ».
L’association représentative des grandes entreprises et administrations publiques françaises constate une « confusion problématique » entre les deux notions. Elle y voit notamment la conséquence d’une importation littérale de la vision anglo-saxonne, dans laquelle le terme « sovereignty » est essentiellement centré sur des questions de juridiction légale, de contrôle opérationnel ou de maîtrise d’un actif.
Évoquant l’héritage de Rousseau et de Jean-Jacques Bodin (économiste du XVIe siècle), le Cigref affirme que la tradition juridique continentale « donne à la souveraineté une tout autre épaisseur ». En l’occurrence, celle d’un pouvoir suprême, perpétuel et indivisible reconnu à l’État. Un concept politique transcendant, donc, qu’on ne saurait dissoudre dans des logiques de conformité appliquées au secteur privé ou à des objets numériques.
La souveraineté pour la puissance publique, la résilience pour les entreprises
En appui à son propos, le Cigref mentionne l’article 3 de la Constitution. Plus précisément ses deux premiers alinéas :
La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.
Une entreprise, qui est au sens du droit une section d’invididus, ne saurait donc exercer la moindre souveraineté, conclut le Cigref. De même, la technique, donc relèvent les produits et services numériques, « ne sera jamais souveraine par nature », en ce qu’elle est dépourvue de volonté politique et de légitimité démocratique.
De là, poursuit l’association, il appartient à la puissance publique d’exercer sa souveraineté numérique comme une politique publique structurée. Et « d’assumer ses responsabilités [en la matière] dès lors que des intérêts privés les lui contestent ». Quant aux entreprises, leur véritable mandat est la résilience numérique. Le Cigref se réfère à la définition qu’en donne le règlement DORA. À savoir, dans les grandes lignes, la capacité à construire et à assurer dans la durée son intégrité opérationnelle.
Illustration générée par IA
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