C’est officiel. OpenAI a déposé confidentiellement son document S-1 auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme américain des marchés financiers.
Une annonce faite via un communiqué laconique, mais dont les implications financières pourraient être vertigineuses.
La manière do en dit long sur l’état d’esprit de l’invneteur de ChatGPT. « Nous nous attendons à ce que ça fuite, alors nous l’annonçons nous-mêmes », écrit-il sans détour dans son communiqué officiel.
Pour autant, Sam Altman et ses équipes restent prudents sur le calendrier. « Il se peut que ce soit dans un moment, car il y a des choses que nous voulons faire qui sont vraisemblablement plus faciles en tant qu’entreprise privée », précise le communiqué.
Une introduction en Bourse dès le quatrième trimestre 2026 reste néanmoins dans les tuyaux, selon plusieurs sources citées par Reuters et CNBC.
1 000 milliards de dollars
OpenAI vise une valorisation qui pourrait atteindre 1 000 milliards $ ; soit le PIB de la Suisse en 2025. Pour mémoire, la dernière levée de fonds de l’entreprise, bouclée en mars dernier auprès d’Amazon, Nvidia et SoftBank notamment, avait valorisé la société à 852 milliards $ après avoir levé 122 milliards $ ; le plus grand tour de table de l’histoire de la Silicon Valley.
Mais c’est une course à trois qui se dessine sur Wall Street et l’enjeu dépasse la simple performance financière.
SpaceX d’Elon Musk a ouvert la voie avec l’ambition de lever 75 milliards $ pour une valorisation de 1 750 milliards $, ce qui en ferait la plus grande introduction en Bourse de l’histoire.
Mais c’est surtout Anthropic, le rival le plus direct d’OpenAI sur le marché des entreprises, qui aiguise les appétits. Elle a annoncé le 1er juin son propre dépôt confidentiel quelques semaines après avoir bouclé une levée de fonds de 65 milliards $ la valorisant à 965 milliards $, dépassant pour la première fois OpenAI sur le marché privé.
Les banquiers auraient conseillé aux deux rivaux que celui qui entre en Bourse en premier bénéficiera d’un avantage décisif pour capter les capitaux des investisseurs.
Les ombres au tableau
Pourtant, l’introduction en Bourse n’est pas sans risques. OpenAI a admis auprès de ses investisseurs qu’elle ne devrait pas atteindre la rentabilité avant 2030.
Pis, selon le Wall Street Journal, l’entreprise brûlerait des liquidités à un rythme qui dépasserait celui de toute autre société cotée dans l’histoire. La course aux supercalculateurs et aux capacités d’entraînement des modèles d’IA coûte extrêmement cher, sans garantie de retour sur investissement à court terme.
Malgré tout, Sam Altman, dans un billet de blog, tente de donner à cet acte boursier une portée civilisationnelle. Il y décrit l’entrée dans une « troisième phase » pour OpenAI.
Après la recherche, après le produit, vient désormais «la transformation de l’économie par l’IA ».
Ambitieux et bankable.
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