Gamaredon:FSB如何重塑其间谍武器库

Gamaredon : comment le FSB a réinventé son arsenal d’espionnage

Silicon.fr by Philippe Leroy 2026-06-17 13:13 Original
摘要
法国网络安全公司Sekoia.io发布详细报告,揭露被乌克兰归因于俄罗斯联邦安全局(FSB)的黑客组织Gamaredon,已放弃自制工具,转向利用Telegram、Cloudflare和WinRAR漏洞(CVE-2025-8088)等合法服务构建隐蔽间谍链,持续攻击乌克兰军政目标。该组织通过钓鱼邮件和USB传播名为GammaWorm的恶意软件,利用Windows备用数据流等技术实现多层冗余持久化,使受害者难以清除并需完全重装系统,标志国家级黑客正将命令控制深埋于日常网络流量中。

由俄罗斯联邦安全局(FSB)操控的黑客组织 Gamaredon 已对乌克兰政府、军队及关键基础设施展开了长达十余年的隐秘间谍活动。法国威胁情报公司 Sekoia.io 的最新调查显示,该组织几乎完全放弃了自研恶意工具,转而将指挥控制信道深埋在 Telegram、Cloudflare、WinRAR 等全球用户广泛使用的服务中,攻击手法更具隐蔽性和抗打击能力。

攻击的初始入口通常是一封钓鱼邮件,内含特制的 RAR 压缩文件。该压缩包滥用 WinRAR 的零日漏洞 CVE-2025-8088,可直接将恶意文件写入 Windows 启动文件夹而不触发警告。此漏洞虽在 2025 年 8 月被修复,但大量未更新系统仍受影响,且已观察到俄罗斯的 Sandworm、Turla 以及多个中国背景的组织也在利用同一漏洞。受害者重启电脑后,植入的载荷自动执行。值得注意的是,该间谍软件还能通过感染 USB 设备向内网扩散,专门攻破物理隔离的敏感系统。

在远程操控环节,Gamaredon 采用了一种被称为“死信解析器”(Dead Drop Resolvers)的技术。被植入的恶意软件不直接连接固定服务器,而是从公开的 Telegram 频道、Telegra.ph 文章、Teletype 博客或托管在 Cloudflare 免费基础设施上的子域名获取加密地址。每获取一个新地址,便将其存入注册表,形成动态中继链。即便某个渠道被关停,其余渠道亦可瞬时接替,令清理和阻断极为困难。

该组织当前使用的主载荷被 Sekoia 命名为 GammaWorm,以统一此前混乱的命名。该软件深度滥用 Windows 的备用数据流(ADS)功能,将恶意数据附着在正常文件或文件夹上,文件管理器无法察觉,只有特定命令才可发现。为确保持久化,它还会创建名为“DiskDiagnosticDataCollector”“SilentCleanup”等看似系统维护的计划任务。在 USB 或网络共享驱动器上,它会把用户原有的合法文件夹隐藏,替换为同名称、同图标的恶意快捷方式。用户点击后虽能浏览原文件夹内容,但间谍软件已在后台自动执行。

诱饵文件的命名同样精于社会工程。在截获的样本中,文件名多为乌克兰语,主题包括征兵通知书、阵亡士兵装备清单、所谓机密文件,乃至露骨内容,紧扣战争恐惧与人性弱点,引诱点击。

Sekoia 的调查强调,Gamaredon 的攻击架构具有极高的冗余性:感染链上的每一个环节都可独立充当完整后门。即便受害者清除了一部分组件,残留的任何模块都足以让攻击者重新夺回控制权并下载新武器。因此,该公司建议受侵害组织对染毒设备进行彻底重装,而非单纯杀毒,否则难以根除威胁。

该调查印证了西方网络安全机构长期追踪的趋势:随着自研工具愈发容易被检测,俄罗斯情报机构正加速向深度伪装策略转型,将恶意行为隐藏于普通网络流量与合法商业化服务之中,使得攻击识别和纵深防御面临更大挑战。

Summary
French cybersecurity firm Sekoia.io has detailed how the Russian state-linked hacking group Gamaredon (attributed to the FSB) has shifted from custom tools to embedding its espionage within widely used platforms like Telegram, Cloudflare, and a WinRAR vulnerability, targeting Ukrainian critical infrastructure for over a decade. The malware, dubbed GammaWorm, uses "Dead Drop Resolvers" on public services to dynamically retrieve command servers, hides in Windows Alternate Data Streams, and spreads via booby-trapped USB keys, making it exceptionally resilient and hard to eradicate. This adaptation reflects a broader trend among state-backed threat actors to camouflage operations in normal digital traffic, significantly complicating detection and defense.

The FSB-linked cyber-espionage group Gamaredon has overhauled its operational tactics, largely abandoning custom malware in favor of blending into legitimate internet services and widely used software, according to a new investigation by French threat intelligence firm Sekoia.io. The group, which has persistently targeted Ukraine’s government, military, and critical infrastructure for over a decade, now relies on a chain of mundane platforms—Telegram, Cloudflare, and even the WinRAR archiving tool—to deliver and control its spyware while evading detection.

The attack begins, typically, with a booby-trapped email containing a RAR archive. This archive exploits CVE-2025-8088, a critical WinRAR vulnerability patched in August 2025 but still unpatched in many environments. The flaw, also abused by Russian groups Sandworm and Turla and Chinese actors per Google Threat Intelligence, allows a malicious file to be silently dropped into the Windows startup folder. On the next reboot, the infection activates automatically. The malware can then jump to any connected USB drive, a technique designed to cross air gaps into isolated networks.

For command and control, Gamaredon has turned to a system of “Dead Drop Resolvers”—a nod to cold war spycraft. Instead of communicating with dedicated servers that can be blocked, the malware checks a public Telegram page (accessible without an account) or posts on Telegra.ph, Teletype, or Cloudflare-hosted subdomains. Each stage retrieves a new encoded address stored in the Windows registry, creating a redundant chain of relays. If one channel is taken down, others immediately take over, letting operators re-tool their infrastructure without ever pushing new software to infected machines.

The spyware itself, which Sekoia dubs GammaWorm (in an effort to rationalize fragmented naming), uses Windows Alternate Data Streams to attach invisible payloads to ordinary files and folders—hidden from File Explorer and not affecting displayed size. It plants scheduled tasks with benign-sounding names like “DiskDiagnosticDataCollector” and “SilentCleanup.” On removable and network drives, it hides legitimate folders, replacing them with identically named and iconed shortcuts that, when clicked, open the original directory while silently executing the malware in the background.

Social engineering lures lean heavily on war-related fears: filenames in Ukrainian refer to military draft notices, lists of fallen soldiers’ equipment, purportedly classified documents, or even explicit content meant to exploit morbid curiosity. The architecture is deliberately resilient: every component is a full backdoor. Partial removal accomplishes little, because any remaining piece can download fresh tools and restore control. Sekoia therefore recommends full system reinstallation rather than attempted clean-up.

The campaign illustrates a broader Russian intelligence shift: as custom hacking tools become easier to fingerprint and block, state-sponsored groups increasingly hide inside the ordinary digital traffic of platforms and software used by millions.

Résumé
L’enquête de Sekoia.io révèle que le groupe Gamaredon, lié au FSB, a perfectionné son espionnage des entités ukrainiennes en exploitant une faille de WinRAR et en dissimulant ses communications de contrôle au sein de services légitimes comme Telegram et Cloudflare. Cette architecture de commandement redondante, baptisée « Dead Drop Resolvers », rend le malware extrêmement résistant au nettoyage et souligne une évolution du renseignement russe vers un camouflage dans le trafic numérique ordinaire.

Il y a les cyberattaques qui font la une, avec leurs rançongiciels paralysant des hôpitaux ou leurs coupures de courant spectaculaires. Et il y a celles, beaucoup plus silencieuses, qui visent à rester invisibles pendant des années.

C’est dans cette seconde catégorie qu’opère Gamaredon, un groupe de pirates informatiques que les services ukrainiens attribuent directement au FSB, l’héritier du KGB. Sa cible : les administrations, l’armée et les infrastructures critiques ukrainiennes, espionnées sans relâche depuis plus d’une décennie.

SekoiaCe qui inquiète aujourd’hui n’est pas tant la nouveauté de la cible que la sophistication du camouflage.

Dans une enquête très détaillée, l’entreprise française Sekoia.io, qui surveille les groupes de pirates liés à des États, décrit comment Gamaredon a quasiment abandonné les outils de piratage « faits maison » pour se nicher dans des services comme Telegram, l’infrastructure de Cloudflare ou encore le logiciel de compression de fichiers WinRAR, installé sur des millions d’ordinateurs dans le monde.

Une clé USB ou un mail piégé comme porte d’entrée

Tout commence, sans surprise, par un mail.

Les chercheurs de Sekoia ont mis la main sur un document piégé envoyé aux victimes, qui ouvre une archive compressée au format RAR. Mauvaise nouvelle pour les utilisateurs retardataires : cette archive exploite une faille de sécurité critique dans WinRAR (CVE-2025-8088), corrigée par l’éditeur dès août 2025, mais visiblement pas par tout le monde.

D’après les recherches de Google Threat Intelligence, cette même faille a aussi été utilisée par d’autres groupes de pirates russes comme Sandworm et Turla, ainsi que par des groupes chinois.

La faille permet de déposer un fichier malveillant directement dans le dossier de démarrage de Windows, sans que l’utilisateur s’en aperçoive. Au prochain redémarrage de l’ordinateur, le piège se referme automatiquement.

Une fois la machine infectée, le logiciel espion peut aussi se propager physiquement, en infectant les clés USB connectées à l’appareil. C’est une technique redoutable pour atteindre les réseaux dits « air-gapped », ces systèmes sensibles volontairement déconnectés d’Internet.

Telegram et Cloudflare comme standards téléphoniques clandestins

L’élément le plus frappant de l’enquête concerne la manière dont les pirates pilotent leurs logiciels à distance.

Plutôt que d’utiliser des serveurs informatiques facilement repérables et bloquables, Gamaredon a choisi de cacher ses instructions sur des plateformes que les systèmes de sécurité ont l’habitude de laisser passer sans broncher.

Le logiciel espion va ainsi consulter une page Telegram publique, accessible sans même avoir de compte ni l’application installée, pour y récupérer une adresse codée.

Il fait de même avec Telegra.ph, l’outil de publication d’articles propre à Telegram, avec Teletype, une autre plateforme de blogs, ou encore avec des sous-domaines hébergés gratuitement sur l’infrastructure de Cloudflare.

À chaque étape, une nouvelle adresse est récupérée et stockée dans le registre Windows de la machine infectée, formant une chaîne de relais quasiment impossible à couper d’un seul coup. Fermer un seul de ces canaux ne suffit pas, puisque les autres prennent immédiatement le relais.

Cette technique, baptisée  » Dead Drop Resolvers  » par les spécialistes, en référence aux boîtes aux lettres mortes utilisées par les espions de la guerre froide, permet aux opérateurs russes de changer leur infrastructure de pilotage à la volée, sans jamais avoir à renvoyer un nouveau logiciel à leurs victimes.

Un ver qui se cache dans les recoins du disque dur

Pour assurer sa survie, le logiciel malveillant, que les chercheurs ont rebaptisé GammaWorm dans une tentative de clarifier la nomenclature éclatée de ce type de menaces, utilise une fonctionnalité méconnue du système de fichiers de Windows, les « flux de données alternatifs » (Alternate Data Streams).

Conçue à l’origine pour assurer une compatibilité avec les anciens ordinateurs Macintosh, cette fonctionnalité permet d’attacher des données invisibles à un fichier ou un dossier parfaitement normal, sans que cela n’apparaisse dans l’explorateur de fichiers ni ne modifie la taille apparente du dossier.

Autant dire un coffre-fort caché dans le mur, que seule une commande très spécifique permet de révéler.

Le logiciel espion s’installe également via des tâches planifiées portant des noms volontairement anodins et techniques (DiskDiagnosticDataCollector, SilentCleanup ) censées évoquer des outils de maintenance Windows plutôt que des espions.

Sur les clés USB et les disques partagés en réseau, la méthode est particulièrement vicieuse.  Le logiciel rend invisibles les dossiers légitimes de l’utilisateur et les remplace par de faux raccourcis portant exactement le même nom et la même icône.

En cliquant, ces raccourcis piégés ouvrent bien le dossier d’origine, donnant l’illusion que tout est normal, tout en exécutant silencieusement le programme espion en arrière-plan.

Des leurres qui jouent sur les peurs de la guerre

Pour inciter les utilisateurs à cliquer sur les bons fichiers, les pirates misent sur l’ingénierie sociale, en jouant sur l’actualité tragique du pays visé.

Les chercheurs de Sekoia ont retrouvé des noms de fichiers leurres en ukrainien évoquant des convocations militaires, des listes de matériel de soldats tués au combat, ou des documents prétendument classifiés. Certains noms de fichiers, plus choquants, misent sur des contenus à caractère explicite pour pousser la victime à ouvrir le piège par simple curiosité malsaine.

Le point le plus préoccupant relevé par les chercheurs tient à l’architecture même de cette opération : chaque étape de l’infection constitue, à elle seule, une porte dérobée complète. Autrement dit, même si une victime parvient à supprimer une partie du logiciel malveillant, n’importe quel composant restant suffit aux opérateurs russes pour reprendre la main, télécharger de nouveaux outils et poursuivre l’espionnage.

Sekoia recommande d’ailleurs aux organisations touchées une réinstallation complète des machines infectées plutôt qu’un simple nettoyage, jugé insuffisant face à la redondance du système.

L’enquête illustre une tendance de fond du renseignement russe documentée par plusieurs agences de cybersécurité occidentales. A mesure que les outils de piratage « maison » deviennent plus faciles à détecter, les services de renseignement privilégient des techniques se dissimulant dans le trafic numérique ordinaire des entreprises et des particuliers.

The post Gamaredon : comment le FSB a réinventé son arsenal d’espionnage appeared first on Silicon.fr.

AI Insight
Core Point

俄罗斯FSB支持的黑客组织Gamaredon升级间谍工具,利用Telegram、Cloudflare等合法服务及WinRAR零日漏洞隐蔽指挥控制与传播,极大增强了对乌克兰军政目标的渗透弹性与检测难度。

Key Players
  • Gamaredon — 俄罗斯FSB控制的网络间谍组织,长期针对乌克兰政府、军队及关键基础设施。
  • Sekoia.io — 法国网络安全公司,发布该组织最新TTPs的详细调查报告。
  • FSB — 俄罗斯联邦安全局,为Gamaredon提供支持与指导。
  • Cloudflare — 被利用其免费托管服务建立隐蔽C2中继。
  • Telegram — 被利用其公开频道和Telegra.ph服务传递加密指令,无需账户即可访问。
Industry Impact
  • ICT: 高 — 滥用合法云服务与NTFS特性构建的弹性C2通道,显著增加了流量检测和阻断难度,迫使防御策略转向零信任与系统重装。
  • Terminals/Consumer Electronics: 中 — 利用WinRAR高危漏洞(CVE-2025-8088)感染数百万潜在未修补设备,并通过USB感染物理隔离网络,扩大终端威胁面。
  • Energy: 中 — 乌克兰关键基础设施是优先目标,同类气隙跳转技术可被复用于电力等工控系统。
Tracking

强烈追踪 — 该组织展示的“死点信箱”式弹性架构和合法服务伪装手法,代表了国家级间谍活动的新趋势,对全球关键部门构成长期且难以根除的威胁。

Related Companies
neutral
Google
mature
neutral
neutral
Telegram
mature
neutral
negative
neutral
Sekoia.io
scale-up
positive
neutral
Categories
软件 网络安全
AI Processing
2026-06-17 14:24
deepseek / deepseek-v4-pro