首席信息安全官们向总统候选人提出的要求

Ce que les RSSI demandent aux candidats à la présidentielle

Silicon.fr by Philippe Leroy 2026-07-10 15:15 Original
摘要
法国信息安全专家俱乐部CESIN主席法布里斯·布鲁发表公开信,呼吁总统候选人重视数字主权与网络安全,指出网络攻击和AI深度伪造已威胁民主与关键基础设施。该组织提出五项要求,包括明确的数字主权方针、从规则制定转向产业能力建设、强化关键数字工业政策、理顺治理架构以及提升国家对数字与地缘政治冲击的韧性,强调没有网络安全就不可能有可信的欧洲AI和稳固的民主。

法国信息安全与数字专家俱乐部(CESIN)通过主席法布里斯·布鲁(Fabrice Bru)签署的公开信,代表逾1300名网络安全主管(RSSI、CISO),向总统候选人直接喊话。他们的警告远比技术层面更为深刻:数字主权已不再是可选项,而是国家安全、经济竞争力乃至民主根基的支撑条件。网络攻击早已溢出数字领域,医院、地方政府、企业和行政机构频频受袭,干扰日常生活、实体经济和政府运转。更严峻的是,生成式AI和深度伪造技术使得伪造视频或精心策划的谣言足以动摇公共决策乃至选举公正——真正的危险不是单次欺诈,而是持续扩散的怀疑与不信任。这一判断与德拉吉报告关于欧洲竞争力的警示一脉相承:欧洲正失去对关键技术的掌控,依赖导致脆弱。

CESIN指出,半导体、计算、云、人工智能、量子技术、网络安全、卫星连接、数字身份、支付基建和能源构成不可分割的链条。没有自主芯片,便无数据中心和可信AI;没有可控云服务,便无业务连续性和数据持久保护。俱乐部认可《芯片法案》、EuroHPC、AI工厂和CADA等既有欧洲举措,但认为它们过于分散、步伐太慢,难以对抗华盛顿和北京的大规模产业政策。

为此,CESIN向候选人提出五项切中要害的问题,拒绝空泛计划。第一,清晰的主权界定:必须明确哪些数字应用可留在全球市场,哪些必须欧洲掌控,哪些需要国家或欧洲层面的完全自主,尤其针对国家关键职能、关键基础设施、医疗、能源和防务;并要求强制推行开放、可互操作且可逆的标准,避免技术锁定。第二,从“规则欧洲”转向“能力欧洲”:NIS2、DORA、《网络韧性法案》和《AI法案》等法规固然必要,但单靠规则无法构建主权;法国应推动在不降低要求的前提下简化监管,并大力投资工程、欧洲软件和科研。第三,落实关键数字的产业政策:应持续动员“法国2030”计划、公共投资银行、政府采购,支持欧洲冠军企业,并在攸关核心利益时推行战略优先;同时解决技能、培训和网络人才吸引力问题。第四,建立清晰治理架构:当前法国参与主体众多(ANSSI、Campus Cyber、DIAN、DINUM、DITP),缺乏统一权威反而成为弱点;俱乐部要求“关键数字”事务的政治长官应具备实质性的部长级职衔与权重,使其在跨部门、预算和欧洲层面决策中拥有真实影响力,而非仅仅被视为礼仪安排。第五,打造应对数字与地缘政治冲击的韧性:面对美国《云法案》、中美紧张局势和供应链脆弱性,须系统梳理依赖关系,测试系统可逆性,确保供应商安全,并强化中小企业、中型企业、地方政府和关键运营商的防御能力。真正的韧性不是在遭袭后重启,而是在危机中维持运转。

CESIN最后强调,网络安全绝非主权的点缀,而是其核心条件。缺乏雄心勃勃的产业政策,就不会有可信的欧洲AI或持久技术掌控;若无法有效保护公共服务,民主信任便会坍塌。俱乐部表示愿以其成员的专业知识贡献于此,但前提是政治与产业界必须拿出与网络前线挑战匹配的愿景与决心。

Summary
The CESIN, a club of over 1,300 French cybersecurity chiefs led by Fabrice Bru, issued an open letter to presidential candidates demanding a clear digital sovereignty doctrine to counter rising cyberattacks and deepfake threats that endanger national security, economic competitiveness, and democracy. The group criticized Europe’s fragmented efforts and called for a simplified regulatory framework, a robust industrial policy for critical technologies like chips, cloud, and AI, and a governance structure with real ministerial authority to reduce dependencies and build resilience. The initiative underscores that cybersecurity is no longer optional but a core condition for European strategic autonomy and public trust.

The Club of Information and Digital Security Experts (CESIN), representing over 1,300 CISOs and cybersecurity directors, has published an open letter to France’s presidential candidates, signed by president Fabrice Bru. Its core argument is unapologetically political: digital sovereignty is no longer optional—it underpins national security, economic competitiveness, and the integrity of democracy itself.

The letter details a threat landscape that has burst out of the IT domain. Attacks on hospitals, local governments, businesses, and public administrations now routinely disrupt daily life, the real economy, and the continuity of the state. Generative AI and deepfakes add a destabilizing layer: a single fake video or engineered rumor can sway public decisions or taint an election. CESIN’s real concern isn’t isolated fraud but the permanent erosion of trust in public discourse.

This diagnosis aligns with the Draghi report on European competitiveness: Europe risks losing its grip on the technologies that structure its economy, a dependence that weakens both strategic autonomy and economic resilience. CESIN sees an inseparable chain—semiconductors, computing, cloud, AI, quantum, cybersecurity, satellite connectivity, digital identity, payment infrastructure, and energy. Without sovereign chips, there are no credible data centers or AI; without a controlled cloud, no service continuity or durable data protection. While the group acknowledges EU initiatives like the Chips Act, EuroHPC, AI Factories, and CADA, it considers them too fragmented and slow next to massive industrial policies from Washington and Beijing.

Rather than another generic digital plan, CESIN demands precise answers on five fronts:

1. A clear sovereignty doctrine. Candidates must define which digital capabilities can remain on the global market, which require European control, and which demand reinforced national or EU autonomy—especially for vital state functions, critical infrastructure, health, energy, and defense. The letter also insists on open, interoperable, and reversible standards to prevent technological lock-in.

2. From a Europe of rules to a Europe of capability. Regulations like NIS2, DORA, the Cyber Resilience Act, and the AI Act are necessary but not sufficient—standards alone do not build sovereignty. France should champion regulatory simplification without weakening requirements while investing heavily in engineering, European software, and research.

3. A genuine industrial policy for critical digital. A sustained mobilization of France 2030, Bpifrance, and public procurement, combined with strategic preference for European champions when vital interests are at stake. This must also address the skills pipeline, training, and the attractiveness of cyber professions.

4. Readable governance. The current multiplication of actors—ANSSI, Campus Cyber, DIAN, DINUM, DITP—has become a weakness without clear authority. The political lead for “critical digital” must hold ministerial rank and real weight in cross-government, budgetary, and European decisions, rather than being treated as a protocol matter.

5. Prepare for digital and geopolitical shocks. From the US Cloud Act and Sino-American tensions to fragile supply chains, CESIN calls for mapping dependencies, testing system reversibility, securing suppliers, and building the resilience of SMEs, mid-sized firms, local authorities, and essential operators. Resilience means continuing to function during a crisis, not merely restarting afterward.

The letter’s closing is unequivocal: “Cybersecurity is not a supplement to sovereignty—it is one of its essential conditions.” Without an ambitious industrial policy, there will be no credible European AI or lasting technological mastery. Without effective protection of public services, democratic trust itself wavers. CESIN says it stands ready to contribute its members’ expertise, provided a political and industrial vision finally matches the threats its members confront daily.

Résumé
Le Club des Experts de la Sécurité de l’Information et du Numérique (CESIN), représenté par son président Fabrice Bru, a publié une lettre ouverte aux candidats à la présidentielle pour alerter sur l’urgence de la souveraineté numérique, conditionnant sécurité nationale, compétitivité et démocratie face aux cyberattaques et à la désinformation. Le club réclame des réponses précises sur cinq axes – doctrine de souveraineté, passage d’une Europe normative à une Europe de capacités, politique industrielle, gouvernance lisible et résilience – et rappelle que sans cybersécurité, il n’y aura pas d’IA européenne crédible ni de maîtrise technologique durable. Il se propose de mobiliser son expertise si une vision politique et industrielle à la hauteur des enjeux est adoptée.

C’est un genre d’électeurs que les candidats à la présidentielle ont rarement l’habitude de courtiser : les RSSI

Le CESIN (Club des Experts de la Sécurité de l’Information et du Numérique) qui fédère plus de 1 300 d’entre eux ( RSSI, CISO, directeurs de la cybersécurité) a pourtant décidé de les interpeller directement via  » une lettre ouverte » signée par son président Fabrice Bru.

Leur message est davantage politique que technique : la souveraineté numérique n’est plus une option, elle conditionne désormais la sécurité nationale, la compétitivité économique et la solidité même de la démocratie.

Une menace qui a débordé le seul terrain numérique

En première ligne sur le front des cyberattaques, les RSSI alertent sur une situation critique et largement documentée.

Dans les hôpitaux, les collectivités, les entreprises, les administrations, les attaques se multiplient et perturbent désormais la vie quotidienne, l’économie réelle et la continuité de l’État.

Le CESIN pointe un risque qui dépasse largement le piratage informatique classique. A l’ère de l’IA générative et des deepfakes, une vidéo truquée ou une rumeur savamment orchestrée peuvent suffire à ébranler une décision publique ou la sincérité d’un scrutin.

Le vrai danger, selon l’organisation, n’est pas tant la fraude ponctuelle que l’installation durable du doute et de la défiance dans le débat public.

Le club d’experts inscrit ce diagnostic dans une problématique plus large, déjà identifiée par le rapport Draghi sur la compétitivité européenne : l’Europe risque de perdre pied sur les technologies qui structurent son économie, une dépendance qui fragilise à la fois sa compétitivité et sa capacité d’action stratégique.

Puces électroniques, calcul, cloud, IA, quantique, cybersécurité, connectivité satellitaire, identité numérique, infrastructures de paiement et énergie forment selon le CESIN une chaîne indissociable. Sans semi-conducteurs souverains, pas de data centers ni d’IA crédible ; sans cloud maîtrisé, pas de continuité de service ni de protection durable des données.

Le club salue les initiatives européennes déjà engagées ( Chips Act, EuroHPC, AI Factories ou encore CADA) tout en les jugeant trop dispersées et trop lentes face aux politiques industrielles massives de Washington et de Pékin.

Cinq questions sans langue de bois pour les candidats

Plutôt qu’un énième plan numérique, le CESIN réclame des réponses précises sur cinq points.

Une doctrine claire de souveraineté. Le club demande aux candidats de trancher : quels usages peuvent rester sur le marché mondial, lesquels exigent une maîtrise européenne, et lesquels réclament une autonomie nationale ou européenne renforcée ; notamment pour les fonctions vitales de l’État, les infrastructures critiques, la santé, l’énergie et la défense. Il réclame aussi une exigence de standards ouverts, interopérables et réversibles pour éviter les enfermements technologiques.

Passer d’une Europe de la règle à une Europe de la capacité. Pour le CESIN, les textes européens comme NIS2, DORA, le Cyber Resilience Act ou l’AI Act sont nécessaires mais ne suffisent pas. La norme ne construit pas, à elle seule, la souveraineté. Le club veut voir la France porter une simplification réglementaire sans affaiblissement des exigences, et investir dans l’ingénierie, les logiciels européens et la recherche.

Une véritable politique industrielle du numérique critique. Mobilisation pérenne de France 2030, de Bpifrance, de la commande publique, soutien aux champions européens et préférence stratégique assumée quand les intérêts vitaux sont en jeu ; le CESIN veut une stratégie industrielle qui traite aussi la question des compétences, de la formation et de l’attractivité des métiers cyber.

Une gouvernance lisible. Le club juge que la multiplication des acteurs français (ANSSI, Campus Cyber, DIAN, DINUM, DITP) devient une faiblesse sans autorité claire. Il demande que le rang et le titre ministériel du responsable politique du « numérique critique » reflètent un poids réel dans les arbitrages interministériels, budgétaires et européens. Un sujet qu’il juge trop souvent traité comme une simple question de protocole.

Préparer le pays aux chocs numériques et géopolitiques. Cloud Act américain, tensions sino-américaines, fragilité des chaînes d’approvisionnement… Le CESIN appelle à cartographier les dépendances, tester la réversibilité des systèmes, sécuriser les fournisseurs et muscler la résilience des PME, ETI, collectivités et opérateurs essentiels. Pour l’organisation, la résilience ne consiste pas à redémarrer après une attaque mais à continuer de fonctionner malgré la crise.

« La cybersécurité n’est pas un supplément à la souveraineté »

Le message final du CESIN se veut sans appel : la cybersécurité n’est pas un supplément d’âme de la souveraineté, elle en est l’une des conditions essentielles.

Sans politique industrielle ambitieuse, prévient le club, il n’y aura ni IA européenne crédible ni maîtrise technologique durable. Sans protection efficace des services publics, c’est la confiance démocratique elle-même qui vacille.

Le CESIN se dit prêt à mettre l’expertise de ses membres au service de cette ambition. A condition qu’une vision politique et industrielle soit enfin à la hauteur des enjeux que les RSSI affrontent sur le terrain.

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AI Insight
Core Point

法国企业信息安全主管联盟(CESIN)向总统候选人发出公开信,要求将数字主权与网络安全列为核心国策,因网络攻击已危及民主信任与经济命脉。

Key Players
  • CESIN — 法国信息安全与数字专家俱乐部,汇聚1300余名企业首席信息安全官,总部位于法国。
Industry Impact
  • ICT: 高 — 云计算、半导体和网络安全基础设施亟需政策支持以确保主权自主与业务韧性。
  • Computing/AI: 高 — AI、量子计算和高性能计算需避免技术依赖,保障欧洲产业竞争力。
  • Energy: 中 — 能源关键基础设施已成网络攻击目标,须纳入整体主权保护框架。
Tracking

强烈追踪 — 公开信直指美国总统选举辩论,可能推动数字主权政策转型,影响欧洲产业安全格局。

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