法国科技行业录得自新冠疫情结束以来的最佳半年度表现。

La French Tech signe son meilleur semestre depuis la sortie du Covid

Silicon.fr by Philippe Leroy 2026-07-10 12:55 Original
摘要
2026年上半年法国科技初创企业融资强劲反弹,总额达46亿欧元,同比增长65%,创下后疫情时期新高,但交易数量下降至280笔,资金高度集中于少数超级融资轮。其中,AI初创公司Advanced Machine Intelligence (AMI Labs) 以8.9亿欧元的种子轮融资领跑,凸显出投资者青睐那些有望成为全球领导者的“信念驱动型”大手笔押注。与英国押注人工智能计算和德国聚焦国防与机器人不同,法国展现出最多样化的技术投资组合,涵盖AI、量子计算和能源等领域,但其核心挑战在于如何帮助这些冠军企业扩大规模并应对国际竞争。

2026年上半年,法国科技初创企业共融资46亿欧元,同比增长65%,创下新冠疫情以来的最佳半年度表现,位列后疫情时期第三高位。但这一反弹并非全面回暖:融资笔数从去年同期的311笔降至280笔,平均单笔交易额由此从不足900万欧元飙升至1600万欧元以上,资本正加速向少数头部企业集中。

七笔超1亿欧元的“超级融资”便占据了总金额的近一半,小额交易(低于1000万欧元)数量虽多,在整体盘子中的分量却微乎其微。安永将这一现象定义为“信念风投”——投资者更愿意对具备全球冠军潜力的企业下重注。最典型的例子是Advanced Machine Intelligence(AMI Labs),其种子轮即斩获8.9亿欧元,创下如此早期阶段的融资纪录。整个上半年,最大的五笔融资合计就已逼近20亿欧元。

从行业看,软件领域(以人工智能为首)一家独大,融资超17亿欧元,占总量的近四成。金融科技在金额上强劲反弹,生命科学持续上行,量子计算、半导体、关键基础设施等颠覆性技术赛道势头明显。区域分布高度集中:法兰西岛大区吸纳了逾80%的资金,加上奥弗涅-罗讷-阿尔卑斯大区,两大区域几乎囊括了全国所有投资。

放眼欧洲,英国凭借146亿欧元(+97%)和616笔融资稳居第一,22个超级轮次贡献了94亿欧元,明确向AI与计算中心方向靠拢,代表性企业包括Isomorphic Labs、Wayve等。德国募得59亿欧元(+66%),213笔交易中,7个超级轮包揽36亿欧元,战略重心落在国防、机器人、航天与能源等领域的再工业化上,代表企业如Helsing、Isar Aerospace。法国的融资增速与德国相当,但增长主要来自超级轮次的爆发(+938%,从2亿欧元跃升至21亿欧元),抵消了交易数量减少10%的影响;其投资组合的多元化独步欧洲,横跨AI(Mistral、H Company)、量子(Pasqal、Alice & Bob)、能源(Verkor、Electra)、航天(Exotrail、Latitude)和机器人(Exotec、Wandercraft)等。

安永巴黎办公室管理合伙人Franck Sebag指出,法国今后的真正挑战并非培育新的冠军企业,而是帮助现有苗子在与英德巨头的博弈中实现规模跃升。法国虽拥有世界级学术研究、备受国际认可的创业者群体以及在数学、工程、量子、航天等领域的突出优势,但必须在技术增速加快、领先地位极易更迭的环境里避免自满。随着总统大选临近,技术主权已成政治议题:如何为本土冠军的成长融资,加速从实验室到市场的转化,并吸引与留住人才。正如报告所引用的那句格言:“如果你不在桌上,你就会在菜单上。”

Summary
In H1 2026, French startups raised €4.6 billion (up 65% YoY), driven by mega-rounds like AMI Labs' €890 million seed, though deal count fell 10%, signaling a concentration of capital in AI, software, fintech, and deep tech. The UK and Germany saw larger surges with distinct strategies—AI dominance and industrial tech, respectively—while France's diversified portfolio includes companies like Mistral, Pasqal, and Verkor. EY warns that France must scale its champions to compete for technological sovereignty amid accelerating cycles.

French tech fundraising surged in the first half of the year, with start-ups raising €4.6 billion—a 65% jump in value compared to the same period last year, making it the third-best post-Covid semester, according to the EY France venture capital barometer. But the headline masks a shifting landscape: while capital is flowing at high levels, it is becoming both more concentrated and harder to access.

Deal count fell to 280 from 311 a year earlier, pushing the average funding round from under €9 million to over €16 million. The top seven rounds—each above €100 million—accounted for nearly half the semester’s total, and the five largest deals alone reached almost €2 billion. Among them, Advanced Machine Intelligence (AMI Labs) closed an €890 million seed round, a staggering figure for such an early stage and emblematic of what EY calls “conviction capital”: investors placing massive bets on a handful of companies seen as future global leaders.

Sector-wise, software—led by artificial intelligence—dominated with over €1.7 billion (nearly 40% of total invested). Fintech rebounded sharply in value, life sciences continued to grow, and breakthrough technologies (quantum computing, semiconductors, critical infrastructure) gained momentum. Geographically, Île-de-France alone captured more than 80% of all capital; together with Auvergne-Rhône-Alpes, the two regions attracted virtually all the major investments.

Across Europe, the three leading ecosystems all benefited from megadeal-driven growth. The UK extended its lead with €14.6 billion raised across 616 deals (+97%), including 22 rounds above €100 million that concentrated €9.4 billion. Germany reached €5.9 billion (+66%) from just 213 deals, with seven megadeals totalling €3.6 billion, focused on defence, robotics, space, and energy. France’s 65% rise in value came despite a 10% drop in the number of transactions, as megadeal activity exploded (+938% to €2.1 billion) and compensated for the contraction. EY describes France’s portfolio as the most diversified in Europe, spanning AI (Mistral, H Company, AMI Labs), quantum (Pasqal, Alice & Bob, Quobly), energy (Verkor, Electra, GravitHy), space (Exotrail, Latitude, Unseenlabs), and robotics (Exotec, Wandercraft).

Franck Sebag, Office Managing Partner at EY Paris, warns that the real challenge now is scaling up these champions to compete with British and German giants. France holds genuine assets—world-class academic research, internationally recognised entrepreneurs, and deep strengths in mathematics, engineering, health, space, and quantum—but in an era of accelerating technological cycles, complacency is a risk. The question of technological sovereignty is already entering the political debate ahead of the next presidential election: how to finance further growth, speed the move from lab to market, and attract and retain top talent. As the barometer’s closing adage puts it: “If you’re not at the table, you’re on the menu.”

Résumé
Au premier semestre 2026, les start-up françaises ont levé 4,6 milliards d’euros (+65 %), un rebond porté par des méga-levees dont celle d’AMI Labs (890 millions d’euros en seed) et la domination de l’IA/logiciels, mais le nombre d’opérations a reculé, traduisant un capital-risque très concentré sur des champions potentiels. Selon le baromètre EY, la France mise sur un portefeuille technologique diversifié (IA, quantique, spatial, énergie) face aux stratégies britannique et allemande, et Franck Sebag souligne l’enjeu crucial de changer d’échelle et de souveraineté industrielle.

Après un premier semestre 2025 poussif, la French Tech retrouve des couleurs.

Selon le baromètre EY du capital-risque en France, les start-up hexagonales ont levé 4,6 milliards € entre janvier et juin 2026, soit une progression de 65 % en valeur par rapport à l’an dernier. Un chiffre qui hisse ce premier semestre au troisième rang des meilleurs de la période post-Covid.

Mais attention à ne pas crier victoire trop vite : ce retour des gros montants ne rime pas avec un retour à l’euphorie généralisée.

Le nombre d’opérations, lui, recule : 280 tours de table ont été bouclés, contre 311 un an plus tôt. Résultat, le ticket moyen explose, passant de moins de 9 millions € au S1 2025 à plus de 16 millions € cette année.

L’argent est toujours là mais il se fait plus difficile d’accès et plus concentré.

Un capital-risque « de conviction »

La structure du marché confirme ce mouvement de fond. Les sept opérations dépassant les 100 millions € concentrent à elles seules près de la moitié des montants levés sur le semestre.

À l’inverse, les petits tours de table, sous les 10 millions € restent nombreux mais ne pèsent plus grand-chose dans la masse totale des capitaux investis.

EY parle d’un « capital-risque de conviction », prêt à miser massivement sur les entreprises jugées capables de devenir des leaders mondiaux.

Preuve en est, les cinq plus grosses levées françaises du semestre totalisent à elles seules près de 2 milliards €.

Parmi elles, l’opération d’Advanced Machine Intelligence (AMI Labs), qui a bouclé 890 millions € dès le stade seed. Un montant hors norme pour une entreprise à un stade aussi précoce, symbole de cette nouvelle appétence des investisseurs pour les paris technologiques ambitieux.

L’IA et les logiciels raflent la mise

Sans surprise, les logiciels ( IA en tête) dominent très largement le semestre, avec un peu plus de 1,7 milliard € levés, soit près de 40 % des capitaux investis.

Les fintechs signent un rebond spectaculaire en valeur, les « Life Sciences » poursuivent leur progression, et les technologies de rupture (quantique, semi-conducteurs, infrastructures critiques) confirment leur montée en puissance.

Côté géographie, rien de nouveau sous le soleil : l’Île-de-France concentre à elle seule plus de 80 % des montants levés. Avec l’Auvergne-Rhône-Alpes, les deux régions raflent l’écrasante majorité des capitaux investis dans l’Hexagone.

Londres, Berlin, Paris : trois stratégies

Le baromètre EY met aussi en perspective la performance française à l’échelle européenne.

Les trois grands écosystèmes du continent affichent tous une forte croissance portée par les mégatours : +97 % au Royaume-Uni (14,6 milliards €), +66 % en Allemagne (5,9 milliards €) et +65 % en France (4,6 milliards €).

Mais derrière ces chiffres en apparence homogènes se dessinent trois stratégies bien distinctes.

Le Royaume-Uni, avec 14,6 milliards € levés sur 616 opérations conforte son rang de première place technologique européenne. Ses 22 « mégatours » de plus de 100 millions € concentrent 9,4 milliards €, soit près des deux tiers du marché. Des noms comme Isomorphic Labs, Nscale, Wayve ou Recursive Superintelligence traduisent une ambition assumée : devenir le centre névralgique européen du calcul et de l’intelligence artificielle.

L’Allemagne, de son côté, mise sur la ré-industrialisation technologique. Avec 5,9 milliards € levés sur 213 opérations, dont 3,6 milliards concentrés sur seulement 7 « mégatours ». Berlin structure sa croissance autour de la défense, de la robotique, du spatial et de l’énergie, portée par des entreprises comme Neura Robotics, Helsing ou Isar Aerospace.

La France revendique le profil  du portefeuille technologique le plus diversifié d’Europe. Sa croissance en valeur est comparable à celle de l’Allemagne mais elle repose sur une explosion des « mégatours » (+938 %, passant de 0,2 à 2,1 milliards €) qui compense un recul du nombre d’opérations de 10 %. L’Hexagone aligne des pépites dans l’IA (Mistral, H Company, AMI Labs), le quantique (Pasqal, Alice & Bob, Quobly), l’énergie (Verkor, Electra, GravitHy), le spatial (Exotrail, Latitude, Unseenlabs) ou encore la robotique (Exotec, Wandercraft).

Le vrai défi : changer d’échelle

Pour Franck Sebag, Office Managing Partner d’EY Paris et auteur du baromètre, l’enjeu des prochaines années n’est plus de faire émerger de nouveaux champions mais de leur permettre de changer d’échelle face aux géants britanniques et allemands.

La France dispose d’atouts réels : une recherche académique de premier plan, des entrepreneurs reconnus à l’international, une excellence particulière en mathématiques, en ingénierie, en santé, dans le spatial et le quantique, ainsi qu’un écosystème de financement arrivé à maturité.

Mais rien n’est acquis. Dans un monde où les cycles technologiques s’accélèrent et où les positions dominantes peuvent basculer en quelques années, le rebond de ce semestre ne doit pas se transformer en autosatisfaction, avertit EY.

D’autant que la question de la souveraineté technologique s’invite déjà dans le débat politique à l’approche de la prochaine élection présidentielle. Comment financer la croissance des champions tricolores, accélérer le passage de la recherche au marché et attirer puis retenir les talents ?

Car derrière les levées de fonds, l’enjeu de souveraineté qui se joue est celui de savoir où seront demain conçues les technologies qui structureront la santé, l’industrie, l’énergie et la défense.

Comme le résume l’adage cité dans le baromètre : « If you’re not at the table, you’re on the menu. »

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AI Insight
核心要点

2026上半年法国科技初创融资额同比增65%至46亿欧元,但交易数量下降,资本高度集中于少数AI、量子等领域的潜在全球头部企业,反映风险投资转向“下重注”策略,加剧生态分化。

关键角色
  • AMI Labs — 法国AI公司,完成8.9亿欧元种子轮巨资。
  • Mistral — 巴黎AI和大模型开发商。
  • Pasqal — 巴黎中性原子量子计算公司。
  • Verkor — 法国低碳电池制造商,位于格勒诺布尔。
  • EY — 全球专业服务公司,发布融资晴雨表,巴黎办公室主导。
行业影响
  • ICT: 高 — 软件与AI占融资额近40%,主导市场。
  • 能源: 中 — 电池、充电和绿色氢能初创融资增长。
  • 计算/AI: 高 — AI、量子计算获超大额种子和成长期投资,主权技术地位成焦点。
追踪

强烈追踪 — 法国生态正从数量扩张转向巨头扶持,巨额资金向AI和深科技集中,将直接影响欧洲技术主权版图,并可能改变后续政策支持方向。

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2026-07-10 17:32
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