向云的迁移会因人工智能而逆转吗?

Le mouvement vers le cloud va-t-il s’inverser avec l’IA ?

Silicon.fr by Thomas Thelliez * 2026-07-24 10:52 Original
摘要
AI的兴起正在改变企业对云计算的依赖,其庞大的算力需求和成本压力使基础设施重新成为战略决策的核心。Positive公司首席技术官Thomas Thelliez指出,企业不再采用单一的云优先策略,而是转向混合部署模式,根据成本、性能和数据主权等因素动态选择工作负载的运行位置。这一变化促使企业重新审视基础架构决策,使其从创新的支撑变为创新的驱动力。

近十五年来,企业计算向云端迁移曾被视作不可逆转的趋势。云承诺了敏捷、弹性与创新,成为数字化转型的基石。然而,人工智能的崛起正在改变游戏规则。CEO和CIO们重新开始追问一些早已被认作结论的问题:计算任务应在哪里执行、数据存于何处、如何控制成本、怎样降低对超大规模云服务商的依赖,以及如何保障最战略性数字资产的主权。AI并未否定云的价值,却明确地将基础设施再次推向战略决策中心。

过去,基础设施多被视为执行层面的议题,业务部门聚焦于体验和数据,IT团队负责平台运维。但AI截然不同:模型的训练与推理都需要消耗巨量GPU资源、高速存储和高带宽网络,且须具备快速扩展的架构。同时,向量数据库、数据管道、编排平台、专用模型及代理基础架构等新组件层出不穷,意味着每个AI用例都会直接转化为对基础设施的具体需求。成本方程随之剧变——长期以来,云将硬件投资变为灵活的运营支出,这一逻辑依然有效,可是当企业部署数十个代理、查询多个模型、持续处理数百万份文档时,计算能力就成了战略性预算项目。企业不仅需要衡量服务器或虚拟机的价格,更要在多种经济模型间做出抉择:使用托管服务,在自有设施上运行开源模型,共享GPU资源,或是根据任务关键性智能分配负载。这些取舍既是技术判断,更是战略决策。

那么,向云的迁移会不会逆转?大概率不会。未来的主题不再是云与本地部署的简单对立,而是更加精细的混合模式。部分工作负载仍将在公有云中运行,而其他负载放在私有、主权或专用基础设施上会更有意义。一些企业会优先采用能够动态权衡成本、性能、隐私与监管要求的混合架构,目标不再是把所有东西集中到一处,而是将每一类处理任务安置在创造最大价值的地方。这种演进让CIO重返决策核心:今天在架构、数据治理、主权、算力和互操作性方面的选择,将直接决定企业未来能否将AI应用实现产业化。换言之,基础设施已不再是创新的被动支撑,而成为创新的主要驱动力。正如Positive公司首席技术官Thomas Thelliez所指出的,AI的独特之处不在于它的无所不在,而在于它迫使企业重新审视那个曾被视作理所当然的环节——自身的基础设施。

Summary
The surge of AI workloads, with their massive compute and new infrastructure demands, is forcing enterprises to reassess cloud strategies, making infrastructure a strategic decision again rather than a settled topic. Thomas Thelliez, CTO at Positive, argues that rather than reversing cloud adoption, AI drives a hybrid model where workloads are placed based on cost, performance, and sovereignty, with infrastructure choices now directly enabling innovation. This shift elevates the role of CIOs as arbiters of complex economic and technical trade-offs between managed services, on-premise resources, and specialized private clouds.

For nearly 15 years, the cloud appeared to be the inevitable destination for enterprise IT — offering agility, elasticity, innovation and reduced operational complexity. It became the bedrock of digital transformation. The rise of artificial intelligence, however, is now reshuffling the deck, forcing business leaders and CIOs to reopen questions once considered settled: where to run workloads, host data, control costs, reduce hyperscaler dependency, and ensure sovereignty over the most strategic digital assets.

AI doesn’t reject the cloud, but it pushes infrastructure back to the center of strategic decision-making. Unlike traditional applications, AI models demand enormous compute resources. Training and inference consume GPU capacity, storage, high-bandwidth networks and rapidly scalable architectures, while new components — vector databases, data pipelines, orchestration platforms, specialized models and agent infrastructures — mean every AI use case has a direct infrastructure footprint.

This also reshapes the economic equation. Cloud’s conversion of capital investment into flexible operational expenses remains relevant, yet AI changes the calculus. Deploying dozens of agents, querying multiple models, processing millions of documents or running continuous inference quickly turns compute power into a strategic budget line. Organizations must now arbitrage between managed services, running open-source models on their own hardware, pooling GPU resources, or intelligently distributing processing based on criticality — choices that are both strategic and technical.

The result won’t be a wholesale reversal of cloud migration, but a nuanced hybrid future. Some workloads will stay in the public cloud; others will find better fit on private, sovereign or specialized infrastructure. Companies will adopt hybrid models that dynamically arbitrate based on cost, performance, privacy and regulatory constraints, aiming to place each workload where it creates the most value.

This evolution puts CIOs back at the center. Decisions on architecture, data governance, sovereignty, compute capacity and interoperability will directly condition the ability to industrialize AI. Infrastructure, once a mere support for innovation, becomes a primary driver of it, writes Thomas Thelliez, CTO at Positive. The real shift isn’t AI’s ubiquity — it’s that it compels enterprises to re-examine what they had taken for granted: their infrastructure.

Résumé
Selon Thomas Thelliez, CTO de Positive, l’intelligence artificielle replace l’infrastructure au cœur des décisions stratégiques en imposant de nouveaux arbitrages de coûts et de ressources entre cloud public, infrastructures privées et modèles hybrides. Cette dynamique oblige les DSI à faire de l’architecture un levier d’innovation, où chaque traitement est placé là où il crée le plus de valeur plutôt que de tout centraliser dans le cloud.

Pendant près de quinze ans, une idée semblait acquise : l’avenir de l’informatique d’entreprise passait par le cloud. Le cloud promettait agilité, élasticité, innovation et réduction de la complexité opérationnelle. Pour beaucoup d’organisations, il est devenu le socle naturel de leur transformation numérique. L’essor de l’intelligence artificielle est pourtant en train de rebattre les cartes.

Pour la première fois depuis longtemps, les directions générales et les DSI se reposent des questions que l’on croyait définitivement tranchées : où exécuter les traitements ? Où héberger les données ? Comment maîtriser les coûts ? Comment réduire la dépendance aux hyperscalers ? Comment garantir la souveraineté des actifs numériques les plus stratégiques ?

L’intelligence artificielle ne remet pas en cause le cloud. En revanche, elle remet clairement l’infrastructure au cœur des décisions stratégiques.

Le retour d’un sujet pourtant clôturé

Ces dernières années, l’infrastructure est progressivement devenue un sujet d’exécution. Les directions métiers parlaient d’expérience utilisateur, de produits numériques ou de données. Les équipes IT s’occupaient de faire fonctionner les plateformes.

L’IA change profondément cette dynamique.

Contrairement aux applications traditionnelles, les modèles d’IA mobilisent des ressources de calcul considérables. L’entraînement, mais aussi l’inférence, consomment des capacités GPU, du stockage, des réseaux haut débit et des architectures capables d’évoluer rapidement.

À cela s’ajoutent de nouveaux composants : bases vectorielles, pipelines de données, plateformes d’orchestration, modèles spécialisés ou infrastructures d’agents.

Autrement dit, chaque nouveau cas d’usage IA possède désormais une traduction directe sur l’infrastructure.

L’équation économique change

Et l’un des premiers effets visibles concerne les coûts. Pendant longtemps, le cloud a permis de transformer des investissements matériels en dépenses opérationnelles plus flexibles. Cette logique reste pertinente dans de nombreux cas.

Mais l’IA modifie cette équation : une entreprise qui déploie des dizaines d’agents, interroge plusieurs modèles, traite des millions de documents ou exécute des inférences en continu, découvre rapidement que la puissance de calcul devient un poste budgétaire stratégique.

Le sujet n’est plus uniquement de savoir combien coûte un serveur ou une machine virtuelle. Il faut désormais arbitrer entre plusieurs modèles économiques : utiliser un service managé, exécuter un modèle open source sur sa propre infrastructure, mutualiser des ressources GPU ou répartir intelligemment les traitements selon leur criticité.

Ces arbitrages deviennent des décisions stratégiques autant que techniques.

Le futur sera hybride

Faut-il en conclure que le mouvement vers le cloud va s’inverser ? Probablement pas. En revanche, le débat ne se résume plus à une opposition entre cloud et on-premise. L’avenir sera plus nuancé.

Certaines charges de travail continueront naturellement à s’exécuter dans le cloud public. D’autres trouveront davantage de sens sur des infrastructures privées, souveraines ou spécialisées. Certaines entreprises privilégieront des modèles hybrides capables d’arbitrer dynamiquement selon les coûts, les performances, la confidentialité ou les contraintes réglementaires.

L’objectif ne sera plus de tout centraliser au même endroit, mais de placer chaque traitement là où il crée le plus de valeur.

Cette évolution replace les DSI au centre des décisions. Les choix réalisés aujourd’hui en matière d’architecture, de gouvernance des données, de souveraineté, de capacité de calcul ou d’interopérabilité conditionneront directement la capacité des entreprises à industrialiser leurs usages de l’intelligence artificielle demain. Autrement dit, l’infrastructure cesse d’être un simple support de l’innovation. Elle en devient l’un des principaux moteurs.

L’histoire récente du numérique montre que les grandes ruptures technologiques redéfinissent toujours les fondamentaux de l’informatique d’entreprise. L’intelligence artificielle ne fait pas exception.

Le véritable changement n’est peut-être pas que l’IA devienne omniprésente. C’est qu’elle oblige les entreprises à regarder de nouveau ce qu’elles avaient fini par considérer comme acquis : leur infrastructure.

* Thomas Thelliez est Chief Technology Officer chez Positive.

Photo : © DR

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AI Insight
Core Point

AI 并未逆转云迁移趋势,而是迫使企业重新将基础设施作为战略决策核心,推动从“全公有云”转向混合部署,以平衡成本、性能与主权。

Key Players
  • Positive — 法国数字咨询与技术服务公司,专注云转型与人工智能,总部位于法国。
Industry Impact
  • ICT: 高 — AI 负载成本激增,驱动企业对云、本地和主权基础设施进行混合部署,重塑IT服务需求。
  • 计算/AI: 高 — 训练与推理的算力需求使 GPU、向量数据库等新型基础设施成为投资重点,影响全栈架构。
Tracking

强烈追踪 — AI 引发的基础设施重评估将长期影响企业IT支出、云厂商竞争格局和主权云发展。

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2026-07-24 13:22
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