OpenAI a choisi de lever un coin du voile sur ses propres pratiques internes.
Dans un billet intitulé Research acceleration: the view inside OpenAI, la scale-up détaille pour la première fois combien ses chercheurs dépensent, chaque jour, en tokens pour faire tourner des agents de programmation autonomes.
A la mi-août, le chercheur médian de l’organisation de recherche utilisait quotidiennement des agents de code, pour plus de 600 dollars d’inférence par jour aux prix de l’API.
Un mois plus tôt, en juillet, ce montant journalier n’atteignait encore que 162 dollars selon les données relayées par la presse spécialisée, ce qui traduit une accélération très rapide de l’adoption en quelques semaines seulement.
Chez les 10 % de chercheurs les plus actifs, la facture quotidienne dépasse désormais 7 000 $ de tokens.
Plus d’agents que d’humains
Au-delà du coût, c’est la bascule dans les volumes de travail qui frappe.
Avant juin 2026, le temps d’exécution cumulé des agents dans l’organisation de recherche restait inférieur au volume de travail humain.
Ce n’est plus le cas depuis la mi-août. Pour chaque journée de travail humain (huit heures), OpenAI fait tourner l’équivalent de 3,1 journées de travail d’agents.
Egalement en hausse constante, le nombre de chercheurs qui font fonctionner plusieurs agents en même temps ; au moins quatre sessions simultanées.
OpenAI précise toutefois que ces montants sont calculés aux tarifs publics de son API et non à son coût de revient réel. Ce qui en fait une mesure de volume de calcul consommé plutôt qu’une facture interne exacte.
Du code à la surveillance des dérives
OpenAI détaille aussi la nature des tâches déléguées aux agents, classées selon une taxonomie en six étapes (décider, concevoir, construire, exécuter, analyser, communiquer) empruntée à des travaux publiés par Epoch AI.
En janvier, l’essentiel des tokens consommés servait à écrire du code de recherche ou d’infrastructure. Depuis, la part consacrée à l’assistance technique et à la surveillance des campagnes d’entraînement a nettement progressé, tandis que la planification de haut niveau reste marginale.
Signe de cette bascule selon OpenAI : la fréquentation d’un canal interne d’entraide technique entre équipes de recherche a plus que diminué de moitié depuis janvier.
Plusieurs équipes ont même cessé de tenir leurs permanences d’assistance faute de demandes.
Les agents restent toutefois loin de l’autonomie totale. Sur les tâches estimées de quatre à huit heures de travail humain, plus de la moitié des exécutions jugées réussies ont nécessité au moins une intervention humaine en cours de route, même si les taux de succès se sont globalement améliorés entre janvier et juillet.
Ces chiffres méritent d’être replacés dans leur contexte. OpenAI est à la fois juge et partie, communiquant sur ses propres résultats sans validation externe indépendante. Le montant en dollars mesure une consommation de calcul, non un gain de productivité avéré.
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