Dans les entreprises européennes, Cloudflare domine très largement le marché des CDN : selon une start-up britannique spécialisée dans l’analyse des stacks technologiques et la revente de ces données à des fournisseurs de sécurité, 39 547 organisations sur 44 143 ayant un CDN identifié l’utilisent, soit 89,6 %. Derrière, Amazon arrive loin derrière avec environ 7 %, puis Fastly avec 3 % et Akamai avec 1 %.
La part d’Amazon doit toutefois être interprétée avec prudence, certaines entreprises étant simplement hébergées sur AWS sans avoir choisi CloudFront de manière explicite. Ce biais ne concerne pas Cloudflare, dont l’empreinte est particulièrement forte en Europe du Nord : aux Pays-Bas, le taux de pénétration dépasse 95 %. Le détail par pays confirme cette domination, avec 95,6 % aux Pays-Bas (7 587 sur 7 939), 93,2 % au Royaume-Uni (15 846 sur 17 007), 92,6 % en Pologne (2 682 sur 2 896), 86,2 % en France (3 456 sur 4 008), 85,4 % en Italie (3 126 sur 3 661), 81,4 % en Allemagne (4 650 sur 5 715), et 78,8 % en Espagne comme en Irlande.
Ces chiffres doivent cependant être replacés dans leur contexte : l’échantillon semble surtout composé de PME, un segment particulièrement réceptif à l’offre gratuite de Cloudflare, qui inclut notamment la protection DDoS et une bande passante illimitée. Ils font aussi écho aux données de W3Techs, qui indique que 85,1 % des sites pour lesquels il connaît le proxy inverse utilisent Cloudflare, ce qui représenterait 26 % du web.
L’absence de fournisseur CDN européen dans ce paysage alimente en arrière-plan les débats sur l’exposition potentielle au CLOUD Act des contenus transitant par Cloudflare, l’entreprise terminant les sessions TLS pour inspecter le trafic. Elle rappelle aussi la dépendance du web à un acteur dont les pannes ont déjà eu des effets majeurs : deux incidents survenus en novembre et décembre 2025 ont conduit Cloudflare à lancer un « plan de résilience ».