Ils se disputent d’ordinaire les mêmes ingénieurs, les mêmes clients et les gros titres des médias pour imposer leur leadership à grands coups de nouveaux LLMs toujours plus performants.
Mais ce 23 septembre, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, Sam Altman et Dario Amodei, respectivement patron d’OpenAI et d’Anthropic, ont tenu un discours quasi identique : sans coordination internationale, l’intelligence artificielle représente un risque pour la sécurité mondiale.
La séance, organisée sous présidence tournante française et présidée par le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, ne visait pas à faire adopter un texte, mais à informer les quinze membres du Conseil, ce qui explique qu’aucune décision n’en soit sortie.
C’était seulement la deuxième fois que l’organe onusien consacrait une session à l’IA, après une première réunion en 2023 où la Chine avait averti que la technologie ne devait pas devenir un « cheval sans bride », tandis que les États-Unis mettaient en garde contre son usage pour censurer ou réprimer les populations.
Deux concurrents, un même message
Pour Sam Altman, les décisions structurantes sur l’IA doivent revenir à des institutions démocratiques et à des gouvernements responsables devant leurs citoyens plutôt qu’aux seuls entreprises d’IA.
Deux jours plus tôt, OpenAI avait publié une proposition détaillée appelant Washington à prendre la tête d’un effort international de normalisation technique, en particulier sur l’auto-amélioration récursive des systèmes.
Le texte prévoit de relier dix instituts nationaux de sécurité de l’IA (dont ceux du Royaume-Uni, du Japon, de l’Allemagne, de la Corée du Sud et de l’Inde ) via le Center for AI Standards and Innovation (CAISI) des Etats-Unis, tout en excluant explicitement tout régime de licence ou d’autorisation préalable à la publication.
OpenAI y présente l‘incident survenu chez Hugging Face comme un avant-goût des risques à venir, sans toutefois l’attribuer à une auto-amélioration récursive déjà en cours.
Dans son intervention en visioconférence, Dario Amodei a présenté un plan en trois volets.
D’abord, l’élaboration d’accords internationaux ciblés à commencer par une interdiction du recours à l’IA pour la conception d’armes biologiques. Ensuite des mécanismes d’évaluation permettant aux États de vérifier mutuellement leurs engagements. Enfin, des normes communes de test assorties d’un système de notification des incidents de sécurité jugés significatifs.
« Je crois que c’est aujourd’hui le problème de sécurité mondiale le plus important. » a-t-il lâché en admettant qu’une coordination entre démocraties et régimes autoritaires serait la plus difficile à atteindre.
Washington, en désaccord avec ses champions
Le consensus affiché par les deux concurrents tranche avec la position de l’administration Trump. Deux jours avant la réunion, le président avait écrit qu’il ne laisserait en aucune façon freiner ou entraver la croissance de cette industrie extraordinaire.
La séance a réuni un cercle plus large d’intervenants. Le chercheur en IA Yoshua Bengio, le patron de Hugging Face Clément Delangue ainsi que des représentants des groupes chinois DeepSeek et Moonshot se sont exprimer sur les mêmes risques.
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