AI Gigafactories:为什么 Octave Klaba 不会加入法国财团

Gigafactories IA : pourquoi Octave Klaba ne rejoindra pas les consortiums français

Silicon.fr Quality unknown · 质量未知 by Philippe Leroy 2026-09-25 14:03 Original
摘要
OVHcloud首席执行官Octave Klaba表示,公司不会加入法国两大竞标“欧洲AI Gigafactories”的AION(Iliad与Scaleway牵头)和Æther(2CRSi及合作伙伴)的联盟,理由包括:法国单一市场规模不足以摊薄数百MW级数据中心成本、公共采购资金(政府称2027年前后将买入1亿欧算力)难以覆盖GPU与配套的高额投入,以及“单一巨型站点”在后训练与推理阶段的风险与架构不匹配。与此同时,OVHcloud称其已具备约250MW可用于训练/推理的算力与系统,并以“Step Ahead”策略通过GPU与编排、Tokens as a Service、面向AI的PaaS及SaaS应用进行垂直整合(覆盖OVH AI、Shadow、Qwant、Gladia、Dragon LLM等),认为这比新建不确定的超大基础设施更能提升利用率与落地速度。

OVHcloud ne participera ni au consortium AION, porté par Iliad et Scaleway avec une trentaine de partenaires, ni à Æther, construit par 2CRSi et ses alliés autour de deux sites strasbourgeois, alors que ces deux projets français sont candidats au programme européen des AI Gigafactories. Dans un billet au titre volontairement provocateur, « AI Gigafactory: 404 Business Model Not Found (yet)? », puis dans des précisions données à Reuters, Octave Klaba a exposé un refus qui vise moins l’ambition européenne du programme que la manière dont la France entend le mettre en œuvre.

Premier motif de réserve : l’échelle du marché. Pour le patron d’OVHcloud, AION comme Æther restent pensés avant tout pour répondre aux besoins hexagonaux, alors qu’OVHcloud exploite déjà des datacenters en Irlande, en Espagne, au Portugal, en Italie, en Allemagne, en Pologne et au Royaume-Uni. Vu de Roubaix, la demande d’un seul pays ne suffit pas à rentabiliser une infrastructure de plusieurs centaines de mégawatts. « Toute stratégie nationale est vouée à l’échec », tranche-t-il.

Deuxième point : le modèle économique. Octave Klaba estime qu’une gigafactory française ne pourrait compter que sur environ 40 millions d’euros par an de commande publique, soit 200 millions sur cinq ans. Il ne s’agit pas de l’engagement officiel de l’État, qui a annoncé fin juillet 100 millions d’euros d’achats de capacités de calcul à partir de 2027, mais d’une estimation du dirigeant. Or, selon lui, les seuls GPU exigeraient au minimum 600 millions d’euros d’investissement, sans compter les datacenters, le réseau, les logiciels, l’énergie et les équipes. Pour atteindre l’équilibre, une telle infrastructure devrait générer 300 à 400 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel ; la commande publique n’en couvrirait donc que 10 à 15 %, le reste devant venir de clients privés encore à trouver, dans un marché où les puces se déprécient rapidement d’une génération à l’autre. Le risque est double : financier si la demande solvable ne suit pas, structurel si l’infrastructure est construite avant que son marché ne soit sécurisé.

Troisième critique : l’architecture même du projet. Klaba juge dépassé le principe d’un site unique géant concentrant tous les risques d’exécution — foncier, délais de construction, dépendance à une seule alimentation électrique. Si cette configuration peut se justifier pour l’entraînement initial de modèles nécessitant des GPU fortement interconnectés, elle lui paraît beaucoup moins pertinente pour le post-entraînement et l’inférence, deux usages qui, selon lui, gagnent à être répartis sur plusieurs infrastructures autonomes, plus proches des utilisateurs et capables de mieux répartir charge et risques en cas de panne ou d’incident.

Cette prudence s’explique aussi par la situation d’OVHcloud : le groupe dit déjà disposer de 250 MW de capacité dans ses datacenters, susceptibles d’accueillir des GPU et les systèmes nécessaires à l’entraînement comme à l’inférence. Sa stratégie « Step Ahead » repose sur cinq couches : les GPU, leur orchestration, le « Tokens as a Service », une plateforme PaaS dédiée à l’IA, puis des applications SaaS intégrant l’intelligence artificielle. Plutôt que de financer une nouvelle brique lourde et incertaine, Klaba préfère consolider un socle déjà en place.

Le dirigeant privilégie donc une logique d’intégration autour d’utilisateurs de GPU déjà identifiés, y compris ses propres entreprises : OVHcloud, OVH AI, Shadow, Qwant, Gladia et Dragon LLM. Chacune a un rôle précis, de l’infrastructure cloud aux usages de calcul, des charges intensives en GPU au moteur de recherche, en passant par l’IA vocale et la constitution d’un portefeuille de modèles maison. Cette verticalisation doit, selon lui, garantir un taux d’utilisation bien supérieur à celui d’une infrastructure qui chercherait ses clients après sa construction.

Klaba ne ferme toutefois pas la porte au programme EuroHPC. Sa vraie question est de savoir si une gigafactory permettrait à OVHcloud d’aller « plus vite et plus loin » dans une trajectoire déjà engagée.

Summary
OVHcloud’s CEO Octave Klaba says the company will not join France’s two AI Gigafactory consortiums, AION (led by Iliad and Scaleway) and Æther (built by 2CRSi), arguing that a national-scale approach is too small to justify hundreds of megawatts of infrastructure and that public funding is unlikely to cover the massive GPU and build costs. He also questions the “single giant site” model, saying risk and performance needs differ between training and inference, and instead points to OVHcloud’s existing ~250 MW capacity and its “Step Ahead” stack (GPU orchestration, Tokens-as-a-Service, AI PaaS, and AI SaaS) to scale faster with internal and partner users. The impact is a signal that at least one major European cloud provider may pursue AI compute expansion independently rather than relying on EuroHPC-style gigafactory funding and timelines.

OVHcloud will not join either AION or Æther, the two French consortiums bidding for the European AI Gigafactories program. Octave Klaba made that clear in a blog post later elaborated to Reuters, arguing that the issue is less the European ambition itself than the way France is trying to execute it. In a pointedly titled piece, “AI Gigafactory: 404 Business Model Not Found (yet)?”, the OVHcloud founder says the French approach is misaligned with the scale, economics and technical structure required for such an infrastructure.

His first objection is market size. AION, backed by Iliad and Scaleway with around 30 partners, and Æther, led by 2CRSi around two Strasbourg sites, are both designed primarily around French demand. Klaba says that is far too small to justify a facility requiring several hundred megawatts. OVHcloud already operates datacenters in Ireland, Spain, Portugal, Italy, Germany, Poland and the UK, and from that perspective, he argues, “any national strategy is doomed to fail.”

The second issue is financing. Klaba estimates that public procurement for a French gigafactory would amount to about €40 million a year, or €200 million over five years. That should not be confused with the French government’s official commitment announced at the end of July: €100 million in compute purchases starting in 2027. Klaba’s €200 million figure is his own estimate, not a state pledge. He says GPU purchases alone would require at least €600 million, before accounting for datacenters, networking, software, energy and staff. To break even, a gigafactory would need annual revenue of €300 million to €400 million, meaning public demand would cover only 10% to 15% of that target and the rest would have to come from private customers that do not yet exist. The risk is both financial, if demand fails to materialize, and structural, if the infrastructure is built before its market is secured.

Klaba also questions the architecture of a single giant site. He sees it as an outdated model that concentrates execution risks in one place: land acquisition, construction delays and dependence on a single power supply. While such a setup can make sense for initial model training, which requires tightly interconnected GPUs, he says it is much less suitable for post-training and inference. Those workloads, in his view, should be distributed across several autonomous infrastructures closer to users, reducing both operational load and the impact of outages.

OVHcloud’s skepticism is also rooted in its own existing capacity. The company says it already has 250 MW of available datacenter capacity that could host GPUs and the systems needed for both training and inference. Its “Step Ahead” strategy is built in five layers: GPUs, orchestration, “Tokens as a Service,” an AI-focused PaaS layer, and finally SaaS applications embedding AI. Rather than funding a new and uncertain layer, Klaba prefers to strengthen an infrastructure already in place.

He says OVHcloud is also focusing on identified GPU users within its own ecosystem: OVHcloud, OVH AI, Shadow, Qwant, Gladia and Dragon LLM. Each has a role, from cloud infrastructure and compute to GPU-heavy workloads, search, voice AI and in-house model development. This vertical integration, he argues, should deliver much higher utilization than a gigafactory that must find customers after the fact.

Klaba does not rule out the EuroHPC program altogether. The real question, he writes, is whether a gigafactory would let OVHcloud go “faster and further” along a path it is already pursuing.

Résumé
OVHcloud, via son fondateur Octave Klaba, annonce ne pas rejoindre les deux consortiums français candidats au programme européen des « AI Gigafactories » (AION porté par Iliad/Scaleway et Æther porté par 2CRSi), estimant que le modèle économique et le risque industriel sont mal calibrés. Il critique notamment un marché jugé trop national pour amortir des infrastructures de plusieurs centaines de MW, une commande publique insuffisante au regard des coûts (GPU et datacenters), et le risque d’une architecture trop centralisée. À la place, OVHcloud mise sur sa stratégie « Step Ahead » en s’appuyant sur des capacités déjà disponibles (environ 250 MW) et sur une intégration verticale avec ses entités (OVH AI, Shadow, Qwant, Gladia, Dragon LLM), afin d’accélérer l’entraînement et l’inférence sans dépendre d’une gigafactory européenne.

OVHcloud ne montera pas dans le train AION ni dans celui d’Æther, les deux consortiums français candidats au programme européen des AI Gigafactories.

Le message d’Octave Klaba, distillé dans un billet puis précisé auprès de Reuters, ne laisse guère de place au doute.

Dans un texte au titre provocateur, « AI Gigafactory: 404 Business Model Not Found (yet)? » , le patron du groupe roubaisien l’explique par une série d’arguments qui vise moins l’ambition européenne du projet que la manière dont la France s’y prend pour la concrétiser.

Un positionnement français jugé hors d’échelle

Le premier point d’achoppement tient à la géographie du marché.

AION, porté par Iliad et Scaleway aux côtés d’une trentaine de partenaires, et Æther, construit par 2CRSi et ses alliés autour de deux sites strasbourgeois, restent deux projets pensés d’abord pour répondre aux besoins hexagonaux.

Or OVHcloud opère déjà des datacenters en Irlande, en Espagne, au Portugal, en Italie, en Allemagne, en Pologne et au Royaume-Uni. Vu de Roubaix, la demande d’un seul pays ne pèse tout simplement pas assez lourd pour amortir une infrastructure de plusieurs centaines de mégawatts. « Toute stratégie nationale est vouée à l’échec », tranche Octave Klaba.

Le second argument touche au portefeuille.

Octave Klaba part de l’hypothèse que la commande publique disponible pour une gigafactory française tournerait autour de 40 millions € par an, soit 200 millions sur cinq ans en cumulé. Un chiffre à ne pas confondre avec l’engagement officiel du gouvernement, qui a annoncé fin juillet 100 millions € d’achat de capacités de calcul à partir de 2027. Les 200 millions relèvent donc de l’estimation du dirigeant, pas d’une enveloppe actée par Bercy.

Or, selon le créateur d’OVHcloud, l’acquisition des seuls GPU nécessiterait au minimum 600 millions €, sans compter les datacenters, le réseau, les logiciels, l’énergie et les équipes.

Pour atteindre l’équilibre financier, une gigafactory devrait générer entre 300 et 400 millions €de chiffre d’affaires annuel. La commande publique évoquée ne couvrant  que 10 à 15 % de ce montant, l’essentiel du financement va reposer sur des clients privés encore à trouver ; alors même que les puces se déprécient vite d’une génération à l’autre.

Pour Octave Klaba, le risque est double : financier, si la demande solvable ne suit pas et structurel si l’infrastructure est bâtie avant que son marché ne soit sécurisé.

Une prise de risque unique

La troisième réserve tient à l’architecture elle-même.

Le patron d’OVHcloud juge daté le principe d’un unique site géant qui concentre tous les risques d’exécution : le foncier, les délais de construction et la dépendance à une seule alimentation.

Car si cette configuration a du sens pour l’entraînement initial des modèles qui exige des GPU fortement interconnectés, elle l’est beaucoup moins pour le post-entraînement et l’inférence.

Or, ce sont ces deux usages qui, selon lui, gagnent à être répartis sur plusieurs infrastructures autonomes plus proches des utilisateurs. Une manière de répartir aussi bien la charge que le risque en cas de panne ou d’incident.

Ce scepticisme s’explique aussi par une réalité industrielle : OVHcloud n’a pas besoin de repartir de zéro.

Le groupe revendique déjà 250 MW de capacité disponible dans ses datacenters susceptibles d’accueillir des GPU ainsi que les systèmes nécessaires à l’entraînement comme à l’inférence.

Sa stratégie, baptisée « Step Ahead », s’articule autour de cinq couches empilées : les GPU eux-mêmes, leur orchestration, le « Tokens as a Service », une plateforme PaaS dédiée à l’IA, puis des applications SaaS intégrant l’intelligence artificielle. Plutôt que de financer une nouvelle brique lourde et incertaine, Octave Klaba préfère consolider un édifice déjà construit.

Une infrastructure déjà en place

Pragmatique, il préfère bâtir autour d’utilisateurs de GPU identifiés qui sont aussi ses propres entreprises. Soit OVHcloud, OVH AI, Shadow, Qwant, Gladia et Dragon LLM.

Chacune y tient un rôle : OVHcloud pour l’infrastructure et le cloud, OVH AI pour les usages et le calcul, Shadow pour les charges intensives en GPU, Qwant comme cas d’usage moteur de recherche, Gladia sur l’IA vocale, Dragon LLM et Gladia encore pour constituer un portefeuille de modèles maison.

Cette intégration verticale est censée garantir un taux d’utilisation nettement supérieur à celui d’une infrastructure qui cherche ses clients après coup.

Octave Klaba ne ferme pourtant pas la porte au programme EuroHPC. La vraie question, écrit-il, est de savoir si une gigafactory permettrait à OVHcloud d’aller « plus vite et plus loin » dans une trajectoire déjà engagée.

Photo : © DR

The post Gigafactories IA : pourquoi Octave Klaba ne rejoindra pas les consortiums français appeared first on Silicon.fr.

AI Insight
Core Point

OVHcloud’s Octave Klaba says it won’t join France’s AI Gigafactory consortiums (AION, Æther) because he doubts the business case, scale, and execution model—especially given funding assumptions, fast GPU depreciation, and the risk of a single giant site.

Key Players

OVHcloud (Octave Klaba) — cloud/datacenter operator, France (Roubaix)

Iliad — telecom group backing AION, France

Scaleway — cloud provider within AION, France

2CRSi — IT/AI systems integrator building Æther, France

AION consortium (Iliad/Scaleway + partners) — French bid for EU AI Gigafactories

Æther consortium (2CRSi + partners) — French bid for EU AI Gigafactories

Reuters — global newswire reporting the statement

Industry Impact
  • Computing/AI: High — challenges EU AI-infra funding model and site architecture assumptions; favors incremental scaling on existing capacity
  • ICT: Medium — shifts competitive advantage toward operators with already-deployed GPU-ready datacenters and vertical integration
Tracking

Monitor — potential influence on EU EuroHPC/Gigafactory consortium composition and on how GPU capacity is financed and deployed across Europe.

Related Companies
OVHcloud
mature
neutral
neutral
negative
Scaleway
mature
negative
Reuters
mature
negative
neutral
negative
Iliad
mature
neutral
negative
negative
AETHER
startup
negative
Gladia
startup
neutral
negative
neutral
Categories
人工智能 云计算
AI Processing
2026-09-25 15:39
openai / gpt-5.4-nano