私人复制:欧洲云服务提供商强烈抗议

Copie privée : les cloud providers européens s’insurgent

Silicon.fr by Clément Bohic 2026-03-19 08:38 Original
摘要
欧洲云服务商组织 CISPE 反对意大利拟将“私人复制补偿金”扩展到云存储:意大利文化部长已于 2026 年 2 月 23 日签署相关法令,拟按用户和存储容量向云厂商征收费用,最高每用户每月 2.40 欧元。CISPE 认为这会对云厂商造成额外负担、引发重复收费,并与欧盟版权指令及法院判例不符,且企业申请豁免/退款在实践中很困难。该组织还警告,此举可能损害欧洲数字化与竞争力,并在美国引发对歧视性政策的关注。

欧洲云服务商正强烈反对“复制私用”征费(copie privée)向云存储扩张。欧洲云基础设施服务商代表组织 CISPE 警告称,意大利已为此打开缺口,可能把这一版权补偿机制大规模推向云行业。意大利文化部长已于 2026 年 2 月 23 日签署相关法令,虽尚未正式公布,但内容已明确:按用户每月收取最高 2.40 欧元的补偿;对云服务商则按存储容量计费,500 Go 以内每 Go 0.0003 欧元,超过部分每 Go 0.0002 欧元,首 1 Go 免征。

该法令同时设有退款机制,尤其适用于“仅用于职业用途”的存储。但 CISPE 明确表示不愿走这条路,认为现实中企业要申请退款往往困难重重,而且从欧盟立法逻辑看,这类补救措施应只是最后手段,优先级应让位于事前豁免。该组织还援引 2001 年《InfoSoc》版权指令及欧盟法院(CJUE)2010 年判例指出:对“未向私人用户提供、且明显用于复制私用之外用途”的设备征收该项费用,并不符合欧盟法。换言之,云服务面向企业和专业用途,不应被默认纳入“私用复制”补偿范围。

CISPE 还试图从成本与效率角度证明该制度不合理。它引用所谓 WKO 2022 年研究称,若对一部智能手机征收 2.50 欧元的复制私用费,管理成本高达 11 欧元。WKO 实际上是奥地利工商会(Wirtschaftskammer Österreich),该研究由其委托维也纳一所经济研究机构完成。不过,CISPE 提供的链接并未直接指向研究全文,文中提到的数字也未能在公开摘要中找到;完整版中更多呈现的是潜在收入损失、可能流失的就业岗位,以及若干欧洲国家改革制度的案例。

在这些案例中,芬兰、挪威和冰岛被 CISPE 视为替代模式:芬兰和挪威将相关补偿从国家预算中支付,由集体管理组织每年调查公众复制私用规模后确定金额;冰岛则设立公共基金,资金来源与相关产品的海关价值挂钩,并每 3 年评估是否需要调整。这些做法被 CISPE 用来说明,复制私用补偿并非只能通过向设备或服务逐项征费实现。

另一个核心论点是“已经存在的补偿”足以覆盖权利人损失。CISPE 引用 DigitalEurope 的数据称,2024 年德国普通家庭平均承担了 150 欧元的复制私用费。德国之所以被点名,是因为它是该费用对家庭负担最重的国家之一;这里的“家庭”按 4 人、4 部智能手机、2 台 PC、1 块硬盘、1 块智能手表、1 台打印机、1 台游戏主机和 2 个电视盒子的典型配置来计算。CISPE 认为,如果再把云存储纳入征收范围,就会形成“双重补偿”:消费者已经通过终端设备和服务支付过一次,云端再收一次不合理。它援引《InfoSoc》指令第 35 条说明,若权利人已通过其他形式获得报酬,例如许可费或单独付款,则未必还应再支付额外补偿。

CISPE 还借美国市场变化强化自己的判断。它引用 Statista 关于美国录制音乐市场的数据,认为流媒体普及正在持续压缩“复制私用”的空间,因此即便不取消,也至少应降低征费水平。该组织同时指出,现代 DRM(数字版权管理)也进一步减少了用户复制内容的可能性。为说明这一趋势,它还提到芬兰一家市场研究公司的报告,并称该报告已被法国文化部转述。

意大利的做法甚至引发了跨大西洋反应。美国华盛顿方面将其视为一种针对美国企业的新歧视性做法。CISPE 虽未直接评论这一政治维度,但明确警告:若把复制私用费扩展到云服务,将损害欧盟在数字化和竞争力方面的目标。

Summary
European cloud providers, led by the CISPE, are pushing back against Italy’s new decree that would extend private-copy levies to cloud storage, with fees of up to €2.40 per user per month and per-GB charges for providers. The group argues that the measure conflicts with EU copyright law, risks double compensation because consumers already pay device levies, and would be costly and hard to refund in practice, while also harming Europe’s digital competitiveness.

European cloud providers are pushing back hard against Italy’s move to extend the private copying levy to cloud storage, warning that the measure could quickly spread across the EU. The main industry body, CISPE, says it fears a broad application of the fee after Italy’s Culture Minister signed a decree on 23 February 2026 opening the door to such a regime. The decree has not yet been published, but it reportedly sets a monthly compensation per user of up to €2.40. For cloud providers, the proposed charge would be €0.0003 per GB up to 500 GB, then €0.0002 beyond that, with the first gigabyte exempt.

The decree includes a reimbursement mechanism, notably for storage used exclusively for professional purposes, but CISPE wants to avoid relying on refunds. It argues that companies face practical obstacles in obtaining reimbursement and that, under EU law, exceptions should be granted ex ante rather than corrected later through compensation claims. The association also says private copying levies should not primarily target businesses, citing the 2001 InfoSoc copyright directive and the Court of Justice of the EU’s interpretation of “fair compensation.” In a 2010 ruling, the court held that applying the levy to equipment “not made available to private users and clearly reserved for uses other than making private copies” is not compatible with the directive.

CISPE also claims the levy system often costs more to administer than it generates in benefits. It points to a 2022 study commissioned by Austria’s Chamber of Commerce, WKO, which it says showed that managing a €2.50 levy on a smartphone would cost €11. The association’s own link does not clearly show those figures, and they were not found in the full study, though the report does include estimates of lost revenue and jobs, as well as examples of countries that have reworked their systems.

Finland, Norway and Iceland are cited as alternatives. In Finland and Norway, the levy is funded from the state budget, with annual surveys used to determine the amount based on private copying activity. Iceland uses a public fund financed according to the customs value of the relevant products, with reviews every three years to decide whether adjustments are needed.

Another CISPE argument is that consumers already pay enough to compensate rights holders. Citing DigitalEurope data, it says German households paid an average of €150 in private copying levies in 2024. Germany is highlighted because it is the country where the levy weighs most heavily on households, defined here as four people with four smartphones, two PCs, one hard drive, one smartwatch, one printer, one game console and two TV boxes.

Extending the levy to cloud storage, CISPE warns, would create a risk of double compensation. It says the InfoSoc directive is meant to prevent that, pointing to recital 35, which states that if rights holders have already received payment in another form — such as a licence fee or a separate payment — an additional specific payment may not be due.

The association also cites Statista data on the US recorded music market to argue that streaming is reducing private copying and that, if anything, the levy should be lowered. It adds that modern DRM technologies further reduce copying, and references a Finnish market research report relayed by the French Culture Ministry to support the broader decline in the practice.

Italy’s initiative has also drawn attention in Washington, where it is seen as a new discriminatory practice against American companies. CISPE does not address that geopolitical angle directly, but says extending the levy to cloud providers would undermine the EU’s digitalisation and competitiveness goals.

Résumé
Le CISPE, principale organisation des fournisseurs cloud européens, s’oppose vivement au décret italien du 23 février 2026 qui ouvre la voie à une redevance copie privée sur le stockage cloud, avec une compensation pouvant aller jusqu’à 2,40 € par utilisateur et des tarifs au Go. L’association, qui cite la CJUE, la directive InfoSoc et des exemples comme la Finlande, la Norvège et l’Islande, estime que cette extension pénaliserait surtout les entreprises, créerait un risque de double compensation et alourdirait les coûts et la complexité pour le secteur.

Vade retro, redevance copie privée.

Telle est la position des fournisseurs cloud européens. En tout cas du CISPE, leur principale organisation représentative. Elle craint que le secteur se voie imposer cette redevance à grande échelle après que l’Italie y a ouvert la porte. Le ministre de la Culture a en effet signé, le 23 février 2026, un décret dans ce sens. Pas encore publié néanmoins, il établit une compensation mensuelle par utilisateur, d’un montant maximal de 2,40 €. Il en coûterait aux cloud providers 0,0003 € par Go jusqu’à 500 Go, puis 0,0002 € au-delà. Il y aurait une exemption pour le premier Go.

Le décret institue un mécanisme de remboursement, entre autres pour le stockage utilisé exclusivement à des fins professionnelles. Mais le CISPE veut éviter de passer par là. Il invoque les difficultés auxquelles les entreprises concernées font face dans la pratique pour obtenir ce remboursement. Il estime de plus que ce mécanisme ne devrait être utilisé qu’en dernier recours, la législation européenne tendant à favoriser les exceptions ex ante.

La redevance copie privée ne devrait plus globalement pas cibler en premier lieu les entreprises, ajoute-t-il, en se référant à la directive de 2001 sur le droit d’auteur – dite InfoSoc. Ou plutôt à son interprétation par la CJUE. Celle-ci avait été saisie sur l’interprétation de la notion de « compensation équitable », dans le cadre d’un litige entre un distributeur de supports d’enregistrement (CD, DVD, lecteurs MP3) et la société nationale espagnole de gestion des droits d’auteur. Aux termes de son arrêt de 2010, l’application de la redevance à l’égard d’équipements « non mis à la disposition d’utilisateurs privés et manifestement réservés à des usages autres que la réalisation de copies à usage privé » n’est pas conforme à la directive InfoSoc.

La Finlande, la Norvège et l’Islande en exemples

Le CISPE avance un autre argument : sous sa forme la plus répandue (une redevance par support de reproduction), la rémunération de la copie privée engendre plus de dépenses que de bénéfices. À ce sujet, on nous cite une « étude de 2022 de WKO ».

WKO, c’est la Chambre de commerce autrichienne (Wirtschaftskammer Österreich). Elle a en fait commandé l’étude en question, réalisée par un institut de recherche économique viennois.

L’étude, explique le CISPE, a prouvé que la gestion d’une redevance de 2,50 € sur un smartphone engendrait 11 € de coûts. Le lien que fournit l’association professionnelle ne pointe pas vers l’étude, mais vers une synthèse où ces chiffres n’apparaissent pas. Nous ne sommes pas non plus parvenus à les localiser dans la version complète. On y trouve, en revanche, des estimations de manque à gagner… et une traduction en emplois potentiellement perdus. Ainsi que le cas de quelques pays européens qui ont fait évoluer leur système.

La Finlande et la Norvège en fait partie. La redevance y est prélevée sur le budget de l’État. Pour en déterminer le montant, la société de gestion collective réalise chaque année des enquêtes sur l’ampleur de la copie privée au sein de la population. L’Islande y a quant à elle dédié un fonds public, abondé en fonction de la valeur en douane des produits concernés. Elle effectue des évaluations tous les 3 ans pour déterminer si des ajustements sont nécessaires.

L’argument de la double compensation

Le CISPE ne manque pas d’affirmer que ce que payent les consommateurs compense déjà de manière adéquate les titulaires de droits. Se référant aux données de DigitalEurope (lobby des industries IT), il explique qu’en 2024, les foyers allemands ont supporté en moyenne 150 € de redevance copie privée.

L’Allemagne n’a pas été choisie pour rien. Elle est le pays où cette redevance pèse le plus sur les foyers, ici entendus comme composés de 4 personnes, avec 4 smartphones, 2 PC, 1 disque dur, 1 montre connectée, 1 imprimante, 1 console de jeux et 2 box TV.

Une extension de cette redevance au stockage cloud engendrerait un risque de double compensation, fait de surcroît remarquer le CISPE. Or, poursuit-il, la directive InfoSoc tend à éviter cela. Il en veut pour preuve son considérant 35 :

Dans le cas où des titulaires de droits auraient déjà reçu un paiement sous une autre forme, par exemple en tant que partie d’une redevance de licence, un paiement spécifique ou séparé pourrait ne pas être dû.

Rome a aussi fait tiquer Washington

Les données de Statista sur le marché de la musique enregistrée aux États-Unis donnent aussi de l’eau au moulin des cloud providers. Elles accréditent tout du moins l’idée qu’avec le streaming, la copie privée recule. Et qu’il faudrait donc, au minimum, en réduire le montant, glisse le CISPE.

Au streaming, l’association professionnelle ajoute les DRM modernes. Qui, à l’en croire, réduisent d’autant plus la copie privée. Pour illustrer ce déclin de cette pratique, elle ajoute une référence à un rapport d’une société finlandaise d’études de marché, relayée par le ministère de la Culture.

L’initiative de l’Italie a résonné au-delà de l’Europe. Jusqu’à Washington, qui y perçoit une nouvelle pratique discriminatoire contre les entreprises américaines.

Le CISPE n’aborde pas cet aspect. Il assure en revanche qu’une extension de la redevance aux cloud providers compromettrait l’atteinte des objectifs de l’UE en matière de numérisation et de compétitivité…

Illustration principale générée par IA

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AI Insight
Core Point

意大利拟将“私复制”补偿金扩展到云存储后,欧洲云服务商强烈反对,认为这会增加成本、造成双重收费并损害欧盟数字化竞争力。

Key Players

CISPE — 欧洲云基础设施服务商协会,欧洲。

意大利文化部 — 负责文化与版权政策,意大利。

CJUE — 欧盟法院,卢森堡。

DigitalEurope — 欧洲IT产业游说组织,比利时布鲁塞尔。

WKO — 奥地利工商会,奥地利维也纳。

Industry Impact
  • ICT: High — 云存储与数字基础设施可能被纳入版权征费范围
  • Computing/AI: Medium — 云成本上升会影响算力与数据服务定价
  • Terminals/Consumer Electronics: Medium — 私复制费逻辑可能外溢到终端与存储设备生态
Tracking

[Strongly track] — 这是欧盟云服务定价与版权征费规则的潜在政策拐点,可能引发跨国监管扩散。

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