À nouvelle ère, nouvelles valeurs… et nouvelle organisation : le chantier est lancé chez GitLab.
L’ère en question, c’est celle du codage agentique. Les valeurs, en anglais dans le texte : « Speed and Quality », « Ownership mindset » et « Customer outcomes ». Elles remplacent le framework dit CREDIT (Collaboration ; Results for Customers ; Efficiency ; Diversity, Inclusion & Belonging ; Iteration ; Transparency). On perd donc formellement la diversité et la transparence.
Au niveau organisationnel, GitLab prévoit notamment :
Réduction, jusqu’à 30 %, du nombre de pays couverts en direct (une soixantaine à l’heure actuelle)
Refonte de la R&D (vers une soixantaine d’équipes indépendantes, soit quasiment deux fois plus qu’en l’état)
Intégration des agents IA dans les processus internes… et redimensionnement des effectifs en conséquence
Dégraissage du management intermédiaire (jusqu’à 3 couches dans certaines fonctions)
GitLab souhaite, au possible, avoir posé de nouvelles bases au plus tard le 1er juin. Il a ouvert, jusqu’au 18 mai, une fenêtre de départs volontaires. Des détails sur le périmètre et l’impact financier seront donnés début juin, lors des résultats trimestriels.
Du monolithe Rails aux microservices : sortir NFS de l’équation
Sur son exercice 2026, achevé le 31 janvier, GitLab a réalisé 955 M€ de chiffre d’affaires (+ 26 % sur un an). Son taux de marge brute s’est établi à 87 % (- 2 points). Son résultat d’exploitation reste négatif, à – 70 M$, même si la perte a été réduite de moitié. Le cours de l’action, au-dessus des 50 $ début novembre, avoisine désormais les 25 $.
L’IA, a fortiori agentique, abaisse le coût de production des logiciels et accroît par là même la demande, veut croire GitLab. Dans cette perspective, l’entreprise s’engage à réviser l’infrastructure de sa plate-forme. Il s’agit aujourd’hui d’un monolithe Rails avec divers services annexes (Gitaly, GitLab Shell, GitLab Pages…). Quelques facettes du cloud native ont été adoptées, mais il reste du chemin.
Pour favoriser la conteneurisation, GitLab entend, entre autres, supprimer les dépendances que certains services ont envers à NFS. GitLab Pages et les journaux de build sont les principaux.
Il n’est pas, pour le moment, prévu de basculer les services stateful en cloud native. Mais tout de même de les aligner. À commencer par la base de données principale (Postgres). Cela implique d’implémenter des upgrades avec un temps d’interruption minimal – au plus, un failover. Dans un autre registre, il va falloir déterminer les besoins DR de GitLab.com, sachant que l’objectif est d’adapter la brique Geo actuellement utilisée sur les instances autohébergées.
GitLab explore, sur 2027-2028, des fonctionnalités « à la carte » pour son abonnement Premium (gestion des artefacts, des secrets…). Mi-janvier, il a franchi un « jalon agentique » en lançant Duo Agent Platform. Et avec lui, un modèle économique hybride, associant facturation par siège et à l’usage. Au dernier pointage, 70 % de son CA provient du support des déploiements autohébergés.
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