L’information, révélée par le Financial Times (FT) ce 18 mai, illustre l’ampleur des inquiétudes que suscite désormais Claude Mythos dans les plus hautes sphères de la régulation mondiale.
Anthropic, son éditeur, va prochainement briefer les ministères des Finances et les banques centrales membres du Financial Stability Board (FSB) sur les failles de cybersécurité détectées par son « modèle frontier » dans le système financier mondial.
À l’origine de cette démarche : Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d’Angleterre et président du FSB, le gendarme mondial chargé de coordonner la réglementation financière des pays du G20. C’est lui qui aurait sollicité Anthropic pour que la société vienne présenter les capacités de son modèle Claude Mythos Preview devant ses membres.
Conçu spécifiquement pour la cybersécurité, il est capable de détecter des vulnérabilités vieilles de plusieurs décennies dans les navigateurs web, les infrastructures et les logiciels.
Compte tenu de ce potentiel, la diffusion du modèle est pour l’instant strictement encadrée. Seule une quarantaine d’organisations y ont accès, essentiellement américaines : Amazon, Microsoft ou JPMorgan Chase figurent parmi les bénéficiaires, qui peuvent ainsi corriger les failles identifiées. Anthropic s’est engagé à ne pas élargir cette distribution, à la demande de la Maison Blanche.
Un modèle à diffusion ultra-restreinte
Pour les acteurs non américains, la société a néanmoins accepté de fournir des briefings de haut niveau à certaines institutions, comme la Commission européenne.
Les régulateurs financiers mondiaux sont particulièrement exposés à ce risque. Les banques reposent en grande partie sur des systèmes informatiques anciens que des outils comme Mythos pourraient exploiter ou, au contraire, aider à sécuriser.
Le FSB travaille actuellement à un rapport sur les « bonnes pratiques » d’adoption de l’IA dans le secteur financier, dont la consultation publique est prévue pour le mois prochain.
Au-delà des banques centrales, c’est l’ensemble de l’architecture financière internationale qui est en jeu.
Début mai, le Fonds monétaire international avait mis en garde contre une menace systémique, estimant que les nouveaux modèles d’IA « élèvent le risque cyber au niveau d’un choc macro-financier potentiel ».
Dans un billet de blog, ses économistes avaient insisté : « Le risque cyber ne respecte pas les frontières. Les pays émergents et en développement, qui disposent souvent de ressources plus limitées, peuvent être exposés de manière disproportionnée. »
Le FSB et Anthropic ont refusé de commenter leurs échanges récents.
Image : © DR
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