Il aura fallu moins de deux heures aux neuf jurés d’Oakland, le 18 mai, pour trancher l’un des procès les plus scrutés de la Silicon Valley.
La plainte déposée par Elon Musk contre OpenAI et son directeur général Sam Altman a été rejetée. Non pas sur le fond, mais parce que l’homme le plus riche du monde avait tout simplement attendu trop longtemps avant d’agir. La prescription, ce mécanisme juridique aussi banal qu’implacable, aura eu raison de l’offensive du patron de Tesla et de SpaceX.
Tout ça pour ça serait-on tenter de dire…
Une victoire sur la forme, un chaos sur le fond
Pour OpenAI, le soulagement est immense. Elon Musk réclamait quelque 134 milliards $ de dommages et intérêts, l’éviction d’Altman et de son co-fondateur Greg Brockman ainsi que l’annulation de la transformation de l’organisation à but non lucratif en entreprise commerciale. Un scénario catastrophe qui aurait mis en péril l’introduction en Bourse, désormais envisagée à une valorisation d’environ 1 000 milliards $.
« Ce verdict technique met peut-être un terme à la bataille judiciaire entre Musk et Altman, mais nous verrons probablement un contrôle continu sur la question de savoir si OpenAI remplit ses obligations à but non lucratif », prévient Jill Horwitz, professeure à la Northwestern University Pritzker School of Law, citée par le Financial Times.
Une mise en garde qui résume bien l’ambivalence du moment. Si OpenAI gagne la bataille, mais la guerre d’image, elle, est loin d’être terminée. Et Sam Altman y a laissé des plumes
Des bleus, il y en a eu. Durant le procès, l’avocat de Elon Musk a cité pas moins de huit témoins (dont Musk lui-même) affirmant que Sam Altman avait induit en erreur ou menti à ses interlocuteurs.
Parmi les témoignages les plus dévastateurs, celui de l’ancienne directrice technique Mira Murati. Interrogée sur l’honnêteté de Sam Altman, elle a marqué une longue pause avant de répondre : « Pas toujours.» Et d’ajouter qu’il avait sapé son travail et monté les dirigeants d’OpenAI les uns contre les autres.
Sam Altman : vainqueur juridique, réputation fragilisée
Des documents internes ont également révélé qu’il détenait des participations de plusieurs milliards de dollars dans des entreprises travaillant avec OpenAI, soulevant des questions de conflits d’intérêts. Le PDG a affirmé s’être recusé lors des négociations concernées.
Du côté d’Elon Musk, la défaite juridique est nette mais il a immédiatement annoncé son intention de faire appel au motif que « créer un précédent permettant de piller des œuvres caritatives est incroyablement destructeur pour la philanthropie en Amérique.»
Regarding the OpenAI case, the judge & jury never actually ruled on the merits of the case, just on a calendar technicality.
There is no question to anyone following the case in detail that Altman & Brockman did in fact enrich themselves by stealing a charity. The only question…
— Elon Musk (@elonmusk) May 18, 2026
Une posture qui illustre parfaitement sa stratégie : transformer un échec judiciaire en victoire narrative. Le procès a révélé en détail comment le petit laboratoire de recherche à but non lucratif s’est transformé en une entité commerciale valorisée à 852 milliards $, avec le soutien de certaines des plus grandes entreprises mondiales. Des révélations que Elon Musk, qui avait donné 38 millions $ à l’organisation originelle, a su exploiter au maximum.
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