SAP vend désormais sa Business Suite sous la bannière « Autonomous Enterprise » : l’idée mise en avant est simple, « vous donnez le cap et l’IA exécute, avec une gouvernance à toutes les étapes ». Dans ce cadre, Joule reste la pièce maîtresse, désormais présenté comme un « point d’entrée unique, cohérent, pour orchestrer données, workflows et agents IA ». SAP ne parle plus seulement d’agents, mais aussi d’« assistants » via des workflows agentiques, ainsi que de l’espace de travail Joule Work. Le vocabulaire a évolué depuis la Sapphire 2025 : il y a un an, SAP décrivait encore sa Business Suite comme une « action pilotée par l’IA et basée sur votre contexte métier », avec des « agents IA qui travaillent ensemble – et avec vous ». Le terme « copilote », alors encore utilisé, a depuis disparu de la page de présentation de la Business Suite.
Au-delà du discours marketing, Joule s’est diffusé progressivement dans l’écosystème SAP, module par module. En mai 2025, il a été intégré à Digital Manufacturing pour la gestion des opérations de production, d’abord dans un usage purement informationnel fondé sur la documentation produit. En septembre, il est arrivé dans Logistics Management, puis en novembre dans Risk and Assurance Management, où il sert à la fois à répondre à des questions sur les applications et à naviguer vers elles. En décembre, Field Service Management a été ajouté, avec des fonctions de renseignement mais aussi de planification, comme l’identification du meilleur technicien ou l’affectation d’activités. Début 2026, SAP a relié Joule à Signavio pour décrire, comparer et modéliser des processus, naviguer vers des éléments comme les diagrammes ou les entrées de dictionnaire, et rechercher ou créer des modèles de parcours. En mars, Joule est arrivé dans Transportation Management (S/4HANA Cloud Public Edition) pour la recherche d’accords de fret et de tableaux de taux, puis dans Incentive Management comme copilote. Dans la foulée de la Sapphire 2025, SAP a aussi mis en place une connexion bidirectionnelle entre Joule et Microsoft 365 Copilot.
SAP a parallèlement enrichi les capacités transversales de Joule, notamment autour du RAG et de la gestion documentaire. En mai 2025, l’éditeur a ajouté la prise en charge des modèles analytiques de Datasphere. En juillet, Joule a pu citer dans le chat des réponses précédentes dans d’autres formats que le texte, puis en août attacher des documents en cours de tâche ou de transaction. En octobre, SAP a lancé un tableau de bord pour visualiser l’usage de Joule au niveau des locataires, ainsi que Joule Preview Landscape pour les tests et validations dans l’environnement SAP BTP Live. Depuis quelques semaines, les amorces de conversation sont masquées sur le client web afin d’améliorer les performances. Côté sources, l’ancrage sur fichiers txt existe depuis mai 2025 ; en juillet sont arrivés la gestion du JSON et des PPTX, l’intégration avec Build Work Zone et une requête POST pour déclencher manuellement des mises à jour de contenu. En août, une autre requête POST a permis d’insérer des métadonnées pour obtenir la liste des pipelines correspondants, tandis que la profondeur d’arborescence sur SharePoint a été portée à 5 dossiers et que des attributs ont été ajoutés pour identifier le statut des traitements. L’intégration avec ServiceNow est effective depuis novembre, celle avec Google Drive depuis mars 2026. Entre-temps, SAP a amélioré l’API Metadata Management pour gérer les configurations des dépôts de données et ajouter des métadonnées aux documents. Le nombre maximal de documents par pipeline a aussi augmenté par paliers : 3000 en septembre, 4000 puis 5000 en novembre, 6000 en décembre, 8000 en janvier.
SAP a également décliné Joule pour le consulting. Joule for Consultants, rendu généralement disponible en mai 2025, devait aider les consultants à se renseigner sur la conception, l’implémentation et la maintenance des systèmes SAP. En août, une bibliothèque de prompts a été ajoutée, ainsi que la possibilité de copier les réponses dans le presse-papiers. En octobre, la base de connaissances a été enrichie à partir des notes de SAP, avec en plus, pour chaque release de S/4HANA, un guide des fonctionnalités supprimées ou remplacées. Fin 2025 et début 2026, SAP a travaillé sur les sources, en permettant de les regrouper et de citer celles issues du web si pertinent. L’éditeur a ensuite amélioré le téléversement d’images, désormais limité à 5 formats, 10 Mo et 3072 x 3072 pixels, permis de lancer une instance de Joule directement dans la console et de tester des prompts dans la bibliothèque. Depuis avril, les administrateurs peuvent créer des prompts et les organiser dans des onglets définis par les utilisateurs ; un système de favoris a été ajouté, en parallèle de la prise en charge du format DOCX, limité à 10 Mo ou 600 000 caractères.
Dans S/4HANA Cloud Public Edition, SAP a multiplié les cas d’usage orientés métier. Depuis un an, les capacités de visualisation des données d’objets ont été étendues progressivement : postes de travail en mai, ordres de traitement en juin, projets d’entreprise en octobre, livraisons entrantes et stocks physiques en décembre, etc. Après la Sapphire 2025, Joule a d’abord servi à vérifier le statut du traitement de commandes, avec visualisation des phases et des problèmes associés. Ont suivi la gestion des expirations de prix, puis la mise à jour des dates de livraison dans les bons de commande pour les acheteurs. À la rentrée, Joule a été ouvert à la gestion de la trésorerie et des liquidités, avec affichage des positions et gestion des transferts bancaires, ainsi qu’au déblocage des factures fournisseurs. En octobre, SAP a ajouté le remplissage automatique des bons de commande avec les numéros de facturation, la création de fiches d’analyse dans plusieurs applications, puis en novembre le traitement des ordres ouverts. Cette année, la gestion de trésorerie a encore été enrichie avec l’affichage de pools et la simulation des balances, et Joule peut aussi rédiger des brouillons d’e-mails de rappel pour les bons de commande en attente d’approbation.
Sur S/4HANA Cloud Private Edition, les ajouts ont suivi une logique comparable. Les premiers éléments après la Sapphire ont concerné la vérification du statut de traitement des commandes, la gestion des plans de facturation et des demandes de factures dans la facturation convergente, le suivi des relevés bancaires en trésorerie, ainsi que la recherche de quantité pour les items hors inventaire en logistique. En juin, la gestion de portefeuille et de projets a accueilli Joule pour consulter les éléments WBS et résumer les modifications apportées. Depuis août, Joule permet de consulter les ordres de vente et de modifier certains champs, les livraisons sortantes et les problèmes de traitement des commandes, avec des conseils de résolution. Le même mois, SAP a ajouté la recherche et l’affichage d’informations sur des objets de service d’atelier, la gestion des centres de profit avec réattribution des coûts et des revenus, ainsi que la création de demandes de souscription et le résumé de contrats. Entre septembre et octobre sont arrivés la gestion des certifications partenaires, le déblocage et l’acceptation de propositions de prix, la mise à jour du statut et de la priorité des litiges, la gestion des centres de coûts et des budgets/engagements associés, les informations sur les contrats de service et la mise à jour de leur statut, ainsi que la gestion des entrées de journal comptable et l’affichage des flux de grand livre associés. En fin d’année, SAP a encore ajouté la recherche et la consultation des processus de gouvernance des données de référence, la création de propositions de prix, de tables de décision, des informations sur les équipements, leur garantie et l’historique des opérations de service, le résumé des ordres de livraisons sortantes, la création de documents de facturation, l’obtention des coûts et revenus réels et planifiés de projets et d’éléments WBS, ainsi que des suggestions d’optimisation de la planification de la production et l’affichage des produits en surplus ou en pénurie. Début 2026, sont venues la création de provisions, la recherche de clients et fournisseurs, la recherche de tâches dans la gestion d’entrepôt, les informations sur les risques liés aux ordres de maintenance et l’audit des journaux comptables. Au printemps, SAP a surtout multiplié les fonctions de « navigation » : Joule peut désormais orienter l’utilisateur vers les bonnes applications dans plusieurs modules, notamment la logistique, les RH et la qualité. En parallèle, il a été étendu à l’exécution des livraisons sortantes en gestion d’entrepôt, à la ventilation des coûts réels et planifiés par année fiscale, composante de coût ou catégorie de valeur en gestion de portefeuille et de projet, à l’affichage des stocks par usine et à la création de bons de réception sans référence en gestion d’inventaire, ainsi qu’à l’affichage des balances et à la création de paiements directs sans facture en comptes fournisseurs.
Enfin, SAP a aussi poussé Joule dans Integrated Business Planning et SuccessFactors. Peu après la Sapphire 2025, Joule est arrivé dans les applications mobiles SuccessFactors, sans prise en charge des profils multiples, ceux-ci n’étant pas supportés par BTP Mobile Services utilisé pour l’authentification. À l’été 2025, SAP a ajouté le contrôle de l’intégrité des données de référence par type ; à l’automne, un système d’explication des résultats de l’optimiseur de planification des stocks basé sur des séries temporelles, ainsi qu’un mécanisme de contrôle du partage de contenus ; cette année, la vérification de conformité du système vis-à-vis des recommandations de sécurité a été ajoutée. Dans SuccessFactors, Joule permet depuis peu de visualiser les rôles actuels et cibles, ainsi que les tâches d’offboarding, et d’expliquer des bulletins de paie. En fin d’année, SAP y a ajouté un agent Performance and Goals pour préparer les entretiens d’évaluation.