MokN boucle une série A de 15 millions $.
Le tour est mené par GV (Google Ventures), qui réalise là son premier investissement dans une startup française. Datadog participe également, aux côtés des fonds européens déjà présents au capital comme Moonfire (UK), OVNI Capital (FR) et plusieurs business angels. Six mois plus tôt, la société avait levé 2,6 millions € en seed.
MokN a développé une approche qu’elle appelle « phish-back ». Le principe est de déployer de faux points d’accès (portails VPN, messageries web) qui reproduisent fidèlement l’environnement d’une entreprise. Lorsqu’un attaquant tente de s’y connecter avec des identifiants volés, il les expose involontairement. Les équipes de sécurité peuvent alors les neutraliser avant toute exploitation, voire avant leur apparition sur le dark web.
Une technique offensive : le phish-back
Cette approche se distingue des solutions existantes, qui interviennent généralement après la compromission. Le phishing reste le principal vecteur d’intrusion en Europe, impliqué dans environ 60 % des cas selon l’ENISA. En France, le ministère de l’Intérieur a comptabilisé 348 000 atteintes numériques en 2024, soit une hausse de 74 % en cinq ans.
MokN va utiliser les fonds pour élargir son offre. D’ici la fin de l’année, la startup prévoit de lancer deux nouveaux produits : la protection des comptes clients en mode BtoBtoC, et la récupération de cookies et sessions volées. Elle vise à terme à créer une catégorie à part entière, qu’elle nomme « Active Identity Recovery ».
La société protège aujourd’hui plus d’un million d’utilisateurs, principalement dans des grands groupes et des ETI.
MokN dispose déjà de dirigeants à Paris et à New York. Elle prévoit d’ouvrir des bureaux au Royaume-Uni et de recruter 30 personnes d’ici fin 2027, principalement dans les fonctions commerciales, techniques et customer success.
Photo : Gautier Bugeon & Antoine Coudoux, co-fondateurs de MokN (© DR)
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