教育、研究、财政……Oracle在国家信息系统中的印记

Éducation, recherche, finances… L’empreinte d’Oracle dans les SI de l’État

Silicon.fr by Clément Bohic 2026-06-22 06:00 Original
摘要
法国教育部、公共财政总局等多个政府机构正努力摆脱甲骨文(Oracle)昂贵的许可证依赖,转向Zimbra、PostgreSQL等开源替代方案,但面临专有数据库锁定和复杂迁移的挑战。教育部数字总监奥德兰·勒巴伦透露已签约新合同以争取三年窗口期减少主动许可证,而公共采购组织Ugap将停售甲骨文软件,公共行动与公共账务部长戴维·阿米耶尔称此举向公共部门发出强烈信号,旨在降低许可成本并削弱甲骨文的商业胁迫。

法国公共部门正试图摆脱对Oracle的依赖,但这一过程既昂贵又复杂。法国教育部数字教育主任Audran Le Baron向国民议会调查委员会表示,该部门每年向Oracle支付超过100万欧元,用于数据库之外的软件许可,包括各学区的身份和邮件系统管理,涉及120万个个人邮箱和30万个功能邮箱。目前正迁移至基于Zimbra的国家统一平台,截至4月初已完成42万个邮箱的迁移。教育部大量Web应用仍依赖WebLogic服务器,数据库方面主要使用IBM的Db2,但2025年底Oracle强迫其续签了一份预算外的新ULA无限许可协议,金额略超300万欧元,为期三年。教育部计划利用这三年窗口“大幅减少”内部IT系统活跃的Oracle许可数量。

公共财政总局每年为Oracle支付约850万欧元,其信息系统负责人Tomasz Blanc指出,许多应用仍基于Oracle,例如在线报税和地方会计系统。这些工具功能丰富,替换成本高且耗时长。不过,该局在企业税收领域已几乎完全脱离Oracle,Blanc将此归功于应用构建的标准化,避免使用专有产品的特定功能,从而在商业谈判中重获主动权。经济与财政部数字服务主管Yves Billon直言,Oracle是跨部门长期面临的共同难题。虽然尽可能采用开源替代方案,但像年度报税这类不能失误的关键节点带来技术风险,因此过去五六年新项目已不再使用Oracle。

向开源工具迁移并非总是可行。法国国家科学研究中心信息系统主任Marie-Pierre Fontanel指出,某些软件包强制捆绑专有数据库。该机构特别针对向PostgreSQL迁移。国家社会保险金征收联合会已经完成这一转变,国家宪兵队也在推进类似计划。法国国家农业食品与环境研究院则将其ERP系统从Oracle切换至基于SAP、在高等教育与科研系统内共享的解决方案。在采购端,公共采购联盟宣布将停止在其专用市场上销售Oracle软件,续约除外。公共行动与账务部长David Amiel称这是向整个公共采购领域发出的“强烈信号”,旨在确保业务连续性同时为沉重迁移留出时间,但不再加深和扩散这种依赖。Jamespot总裁Alain Garnier指出,公共采购联盟的市场页面过去长期突出微软、Oracle和SAS的徽标,其他方案仅列在Excel文件中,现在该机构正与可信数字软件与解决方案行业战略委员会合作,改变采购政策和产品营销,避免公共买家被导向大型厂商。

Summary
The French Ministry of Education is migrating from Oracle to Zimbra to cut over €1 million in annual license costs, while the public finance agency (DGFiP), which spends €8.5 million per year, has nearly eliminated Oracle for corporate tax systems by standardizing application development. Audran Le Baron (Education Ministry) and Tomasz Blanc (DGFiP) detailed these efforts, and the Ugap procurement agency will halt new Oracle license sales, signaling a wider public-sector push to reduce vendor lock-in and shift toward open-source alternatives like PostgreSQL.

Oracle’s grip on France’s public sector IT is under fresh scrutiny following a parliamentary inquiry into digital dependencies, with officials from education, finance, and research detailing multimillion-euro costs, aggressive licensing tactics, and a slow but deliberate push toward open-source alternatives.

Audran Le Baron, digital director at the Ministry of National Education, told lawmakers the goal is to “drastically reduce the licence costs paid to this publisher, whose pricing policy is particularly aggressive.” The ministry spends over €1 million annually on non-database Oracle products—mainly identity management for 1.2 million personal and 300,000 functional mailboxes across school districts—and is migrating to a national Zimbra-based platform, with 420,000 mailboxes already moved by early April. It also relies on Oracle’s WebLogic server for many web applications. Though its databases mostly run on IBM’s Db2, Le Baron revealed that Oracle forced a new Unlimited License Agreement (ULA) at the end of 2025. The €3 million-plus deal, unplanned in the budget, runs for three years—the timeframe the ministry has set to slash active Oracle licences within its IT department.

At the Directorate General of Public Finances (DGFiP), Oracle costs around €8.5 million per year, powering systems from online income tax filing to local government accounting. Tomasz Blanc, head of information systems, acknowledged the “functional richness” that makes replacement lengthy and expensive but noted the DGFiP has almost entirely eliminated Oracle from corporate tax operations by standardizing application development—avoiding proprietary extensions to regain leverage in vendor negotiations.

Yves Billon, digital chief for the economic and finance ministries, said Oracle is “a technology with which we are unanimously in difficulty at interministerial level, and this for a very long time.” While free alternatives are prioritized, the risk of missing critical deadlines—like the annual tax declaration campaign—slows the transition. For five or six years, however, Oracle has not been used for new projects.

Barriers persist elsewhere. CNRS CIO Marie-Pierre Fontanel pointed out that some software packages impose proprietary databases, making migration to open-source options like PostgreSQL—already adopted by Urssaf and the national gendarmerie—not always feasible. The agricultural research institute Inrae replaced its Oracle ERP with a SAP-based solution shared across the higher education and research sector.

In a significant policy shift, Minister David Amiel announced that public purchasing agency Ugap will cease selling Oracle software on its dedicated marketplace, except for renewals needed to ensure service continuity during heavy migrations. “It’s a strong signal sent to all public procurement,” he said, vowing to stop deepening and spreading the dependence. Alain Garnier, president of Jamespot, welcomed the change, recalling how Ugap’s software portal once prominently featured logos for Microsoft, Oracle, and SAS Institute while other options were buried in an Excel file. Ugap is now working with the trusted software industry committee to overhaul buying policies and marketing, so public sector buyers are no longer steered toward Big Tech incumbents.

Résumé
L'Éducation nationale veut réduire sa dépendance à Oracle, dont les coûts de licence sont jugés agressifs, en migrant vers Zimbra et en limitant les contrats, tandis que la DGFiP économise déjà en standardisant ses développements. Le ministre David Amiel annonce que l'Ugap cessera les nouvelles ventes de logiciels Oracle, envoyant un signal fort à la commande publique.

« L’objectif est de diminuer drastiquement les coûts de licence versés à cet éditeur, dont la politique tarifaire est particulièrement agressive. »

Oracle aura apprécié cette déclaration qu’Audran Le Baron a faite à la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les dépendances numériques.

L’Éducation nationale dit avoir été contrainte à souscrire un nouveau contrat

L’intéressé est directeur du numérique pour l’éducation au ministère de l’Éducation nationale. Ce dernier dépense un peu plus d’un million d’euros par an pour les briques Oracle hors bases de données. Cela inclut notamment de la gestion d’identités de messagerie dans les académies. L’objectif est d’en sortir pour aller vers une offre nationale s’appuyant sur Zimbra. « Je parle ici de 1,2 million de boîtes personnelles et de 300 000 boîtes fonctionnelles », précise Audran Le Baron. La transition est en cours (début avril, 420 000 boîtes avaient migré).

Le ministère exploite aussi le serveur WebLogic pour une bonne partie de ses applications web. Sur les bases de données, il a surtout une adhérence à Db2 d’IBM. Fin 2025, Oracle l’a contraint à souscrire un nouveau contrat ULA (Unlimited License Agreement) non prévu au budget, assure Audran Le Baron. D’un montant d’un peu plus de 3 M€, il a été renouvelé pour 3 ans. C’est la fenêtre que le ministère s’est fixée pour « réduire drastiquement le nombre de licences actives » au sein de sa DSI…

Oracle coûte plus de 8 M€ par an à la DGFiP

À la DGFiP (Direction générale des finances publiques), de nombreuses applications s’appuient encore sur Oracle. L’éditeur « représente 8,5 M€ annuels », selon Tomasz Blanc, chef du service des SI. Il équipe notamment la déclaration en lignes des revenus et la comptabilité locale.

« La richesse fonctionnelle de ces outils rend leur remplacement long et onéreux », reconnaît Tomasz Blanc. La DGFiP est cependant parvenue à sortir presque totalement d’Oracle sur le périmètre de la fiscalité des entreprises. Une réussite qu’il attribue, entre autres, à la standardisation de la fabrication applicative. « Une discipline essentielle puisqu’en évitant d’utiliser les fonctions trop spécifiques des produits propriétaires, comme les optimisations exclusives d’Oracle, nous reprenons l’ascendant lors des négociations commerciales ».

Le libre ? Oui, mais…

Pour Yves Billon, chef du service du numérique au secrétariat général des ministères économiques et financiers, Oracle est « une technologie avec laquelle nous sommes unanimement en difficulté au niveau interministériel, et ce depuis très longtemps ».

« Nous essayons de recourir le plus souvent possible aux solutions alternatives libres, affirme-t-il. Mais cette démarche comporte des risques techniques étant donné que nous ne pouvons pas rater certaines échéances, comme la campagne annuelle de déclaration d’impôts. »

Depuis « 5 ou 6 ans », néanmoins, Oracle n’est plus utilisé pour les nouveaux projets.

Quand les progiciels imposent des bases de données propriétaires

Le témoignage de Marie-Pierre Fontanel rejoint celui d’Yves Billon quant aux obstacles à la transition vers des outils du monde libre. « Ce n’est pas toujours possible, car certains progiciels imposent des bases de données propriétaires », déclare la DSI du CNRS.

L’institut cible en particulier des migrations vers PostgreSQL. Les Urssaf ont déjà fait ce pas, a rappelé Stéphanie Schaer, directrice interministérielle du numérique. La gendarmerie nationale est dans la même dynamique, d’après le général de corps d’armée Marc Boget, directeur de l’Anfsi (Agence du numérique des forces de sécurité intérieure).

L’Inrae, on a basculé de l’ERP d’Oracle à une solution basée sur SAP et mutualisée au sein de l’ESR (enseignement supérieur et recherche), signale Louis-Augustin Julien, son directeur général délégué ressources.

L’Ugap se détache d’Oracle

Également auditionné, David Amiel a souligné que l’Ugap allait mettre fin aux ventes de logiciels Oracle sur son marché dédié, hors renouvellement. « C’est un signal fort envoyé à l’ensemble de la commande publique », estime le ministre de l’Action et des Comptes publics. Des renouvellements de contrats resteront possibles « pour assurer la continuité et se donner le temps d’effectuer certaines migrations très lourdes. Mais nous cesserons d’approfondir cette dépendance et de la disséminer dans de nouvelles entités publiques. »

« L’Ugap a longtemps reflété le marché, juge Alain Garnier, président de Jamespot. Lorsqu’on ouvrait la page du site Internet des achats de logiciels, on voyait un gros logo Microsoft, un gros logo Oracle et un gros logo SAS Institute. Le reste se trouvait dans un fichier Microsoft Excel. »

La centrale d’achat « est en train de changer clairement de position », se réjouit-il. « Nous travaillons avec le CSF [comité stratégique de filière logiciels et solutions numériques de confiance] pour modifier non seulement les politiques d’achat, mais aussi le marketing de l’offre, afin que les acheteurs publics ne soient plus dirigés vers les grands acteurs par ce qui relevait d’une forme de publicité fléchée. »

Illustration générée par IA

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AI Insight
Core Point

French government entities are actively reducing their reliance on Oracle software due to aggressive licensing costs and lock-in, migrating to open-source alternatives and mutualized solutions, signaling a strategic shift in public IT procurement.

Key Players
  • Oracle — enterprise database and middleware vendor; facing coordinated pushback in French public sector IT.
  • Ministry of Education — spends >€1M/year on Oracle non-DB tools; migrating 1.2M mailboxes to Zimbra and cutting WebLogic use.
  • DGFiP (Public Finances) — pays €8.5M/year; nearly eliminated Oracle for corporate tax, leveraging standard coding to ease future exit.
  • Ugap — public procurement agency; ceasing new Oracle software sales, reshaping catalog to steer buyers away from dominant vendors.
Industry Impact
  • ICT: High — public-sector shift from proprietary databases and middleware to open-source (PostgreSQL, Zimbra) and mutualized SAP raises competitive pressure on Oracle’s licensing model and could influence other government contracts.
Tracking

Monitor — multi-year migration roadmaps and Ugap’s procurement pivot will unfold gradually, but the explicit, cross-ministerial effort to break lock-in merits watching for impacts on Oracle’s European public-sector revenue.

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