Le CRA y ouvre la voie, comme le futur CADA : l’UE doit accroître son empreinte dans la gouvernance des fondations open source.
La Commission européenne a récemment formalisé cet objectif. L’essentiel des ressources de ces organismes proviennent aujourd’hui des États-Unis et de Chine, reconnaît-elle.
La fondation OpenClaw en est un exemple. Elle avait commencé à se structurer lorsque le créateur du projet éponyme avait rejoint OpenAI. C’était en février 2026. Aujourd’hui, elle a un statut juridique (organisation à but non lucratif de droit américain), des sponsors financiers et une équipe à temps plein.
L’essentiel des 10 membres de cette équipe sont localisés en Amérique du Nord et ont fait leur carrière sur place. Parmi eux, il y a, côté technique, Patrick Erichsen et Dallin Romney, cofondateurs de Continue Dev (acquis par Cursor). Sur l’opérationnel, on peut citer :
Jennifer Vescio (directrice des partenariats), ancienne directrice bizdev d’ESPN, d’eBay, de Verizon puis d’Uber
Matthew Jasie (directeur financier), qui a occupé des postes à responsabilités dans le monde universitaire, puis dans une filiale d’Havas et chez Jabra, entre autres
Kelly Pike (directrice ressources humaines), qui s’est occupée du recrutement dans plusieurs organisations après avoir été responsable PME puis secteur public chez Lenovo
Un écosystème entre l’Amérique du Nord et l’Asie
La fondation OpenClaw cherche d’autres profils pour son équipe technique, à 200-300 k$ par an. Elle propose la même fourchette de rémunération pour des forward-deployed engineers. Et un peu plus pour des product designers (250-350 k$).
Des postes sont également ouverts pour s’occuper des relations développeurs en Amérique du Nord et en Asie-Pacifique. Mais pas en Europe.
Même « tendance géographique » chez les organisations que représentent les 28 gestionnaires (maintainers) actuels d’OpenClaw. Ils sont 4 à travailler pour Microsoft, autant pour NVIDIA. On en trouve 3 d’OpenAI comme de Tencent. Deux sont de la maison Atlassian. Xiaomi, Red Hat et Hugging Face, notamment, comptent un représentant.
Microsoft, NVIDIA et OpenAI sont sponsors financiers de la fondation, à l’instar de l’université du Michigan. Le premier s’est appuyé sur OpenClaw pour lancer l’assistant IA Scout. Le deuxième a développé NemoClaw, qui associe ses modèles Nemotron à un runtime maison (OpenShell) doté de primitives de sécurité spécifiques. Le troisième a constitué une équipe interne dite Claw Labs, sous la responsabilité du fondateur d’OpenClaw.
La sécurité, chantier prioritaire d’OpenClaw
Tencent a travaillé en particulier sur la sécurité d’OpenClaw. C’est une priorité du projet, fortement décrié – voire déconseillé – pour ce motif. Afin de réduire la surface d’attaque, des travaux d’allégement du cœur fonctionnel ont été engagés, diverses capacités étant déportées dans des modules complémentaires.
Le registre ClawHub a lui aussi été « durci ». Un agent Codex évalue désormais chaque skill publiée, en s’appuyant sur trois scanners. En l’occurrence :
Une analyse statique « maison »
VirusTotal pour la détection des malwares
NVIDIA SkillSpector pour de l’analyse sémantique (détection des instructions cachées, des chemins de code risqués, etc.)
Un système de packages officiels est par ailleurs à l’étude. Tout comme une liste d’« éditeurs de confiance » (trusted publishers) et l’intégration d’un signal de confiance fondé sur l’usage de fs-safe.
En attendant, OpenClaw a renforcé la vérification des commandes shell, en intégrant l’évaluation des wrappers -c pour détecter les chaînes contenant des exécutables. Il a aussi intégré un proxy pour contrôler plus finement les URL sortantes.
Illustration générée par IA
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