身份验证:当生成式AI蒙混过关

Vérification d’identité : quand l’IA générative passe entre les mailles

Silicon.fr by Philippe Leroy 2026-07-16 13:29 Original
摘要
Synacktiv研究人员利用阿里巴巴Wan2.2等开源AI视频生成模型,通过虚拟摄像头成功欺骗了集成AWS Rekognition活体检测的年龄验证系统,突显主流工具即可击穿生物识别防线。这一发现直接威胁依赖视频验证的数字身份、银行开户及电子签名等关键业务,亟需以AI驱动的新检测手段应对生成式技术带来的信任危机。

法国网络安全公司Synacktiv近日发布一项研究,揭露了当前在线“活体检测”身份验证机制的重大漏洞。研究人员Kevin Tellier和Léo Desmonts利用面向大众的生成式AI视频模型,成功骗过了本应确保用户达到年龄门槛的自动化审核系统。

测试选取了一个极为敏感的场景:成人网站的年龄验证。根据法国2024年5月21日通过的法律,此类网站必须核实访客年龄,否则将被视听和数字通信监管局(Arcom)封禁。接受测试的网站使用英国服务AgeGo,其生物特征分析又下放至AWS Rekognition——该人脸识别模块广泛用于“活体检测”,要求用户对准摄像头完成转头等指定动作,以证明是真人而非照片或预录视频。

Synacktiv的破解思路正针对这一环节。研究人员借助Linux下的v4l2loopback驱动创建虚拟摄像头,替代真实视频流,并输入一段由AI生成的视频。制作这段视频仅需一张证件照,先用AI模型将照片中的人物“老化”至成年样貌,再通过视频生成模型让静态图像根据挑战要求做出逼真的头部运动。最终,算法判定验证通过,网站限令形同虚设。

此次演示所用手法令人警惕的是其极低的技术门槛。研究者使用了阿里开源的Wan2.2 Animate模型,或通过ComfyUI界面调用的云端方案Kling。一台搭载消费级显卡的普通服务器,短短几分钟即可产出足以瞒过检测的视频。与需要长时间训练且常留下面部边缘变形痕迹的传统换脸深度伪造不同,新一代生成模型直接根据源视频提取的运动掩膜驱动参考图像,无需预训练,效果更自然。尽管眼部和嘴部动作仍偶有瑕疵,但对纯算法验证已构成致命打击。

出于法律考虑,演示仅针对成人网站,然而同类视频生物识别技术已深度嵌入数字身份的多个关键环节:远程银行开户、电子签名、反欺诈及反洗钱(LCB-FT)等。在法国,更敏感的远程身份验证由国家信息系统安全局(Anssi)发布的PVID(远程身份验证服务提供商)标准框架监管,并与欧盟eIDAS条例衔接。该框架划分了“实质性”级别(已有Docaposte IOT、IDnow、NjF Vision、Namirial四家获证)和用于合格电子签名等重大行为的“高级”级别。

研究还指出,即便有人工复核这一终极防线,也非绝对可靠。操作员疲劳、认知偏差、大批量处理压力等因素,都可能让伪造视频成为漏网之鱼,尤其是当画质下降时,近来的深度伪造足以骗过非专业人眼。

Synacktiv呼吁迅速调整检测策略。Anssi虽然会根据审计中发现的新威胁定期更新PVID等标准,但此项研究暗示,破解之道或许同样要靠AI:构建基于生成模型的检测系统,捕捉人眼不可见的伪造痕迹;或更多借助Yoti等第三方数字身份服务。在生成式AI真实感持续跃升的当下,这则演示向整个数字行业彰显了一个尴尬现实——作为众多安全机制基石的视频信任,正本身演变为一种脆弱性。

Summary
Synacktiv researchers demonstrated that widely available generative AI video models can defeat biometric liveness verification, fooling AWS Rekognition on an adult site by feeding it an AI-aged video animated from a single photo to mimic required head movements. The attack, which used only consumer-grade hardware, exposes a critical weakness in identity checks that underpin online banking, e-signatures, and fraud prevention, pressing regulators and the industry to adopt AI-driven detection.

Synacktiv, an offensive cybersecurity firm, has demonstrated a critical weakness in online “liveness” checks. Researchers Kevin Tellier and Léo Desmonts showed that automated age-verification mechanisms can be bypassed using off-the-shelf generative AI video models.

The test targeted a French adult video site, a category now required by a May 21, 2024 law to verify visitor ages or face blocking by regulator Arcom. The site used the British service AgeGo, which in turn relied on AWS Rekognition’s facial recognition and liveness detection. The verification process required users to film their face and perform a movement challenge—such as nodding—to prove they were a real person, not a static image or pre-recorded video.

The researchers defeated this safeguard by creating a virtual webcam (via the v4l2loopback Linux driver) and feeding it an AI-generated video. Starting from a simple ID photo, they used AI to artificially age the face, then employed a video generation model to animate the reference image, reproducing the requested head movements. The algorithm accepted the synthetic feed and granted access.

The accessibility of the tools is striking. The team used open-source models like Alibaba’s Wan2.2 Animate and cloud solutions like Kling, orchestrated through ComfyUI. A server with a consumer-grade graphics card generated convincing videos in minutes. Unlike classic deepfake face-swapping—which requires extensive training and often leaves visible artifacts—these newer models directly animate an image using motion cues from a source video, with no pre-training and far more realistic output. Eye and mouth movements remain imperfect, but were not detected by the automated check.

While the demonstration focused on an adult site for legal reasons, the implications are far broader. Similar biometric video checks underpin remote identity verification for digital onboarding, online banking, qualified electronic signatures, anti-fraud, and anti-money laundering (AML/CFT) processes. In France, such sensitive use cases are governed by ANSSI’s PVID framework, aligned with the European eIDAS regulation. It defines a “substantial” level (used by certified providers Docaposte IOT, IDnow, NjF Vision, and Namirial) and a “high” level for acts like qualified electronic signatures.

Human review, often a backup, is no panacea either: operator fatigue, cognitive bias, and high processing volumes can let spoofed videos slip through, especially as deepfake realism improves. Synacktiv urges rapid adaptation of detection methods. While standards bodies like ANSSI update rules regularly, the study suggests that detection tools may need to be built on generative AI themselves, capable of spotting artifacts invisible to the human eye. Wider use of third-party digital identity services such as Yoti is another potential safeguard.

The research underscores an uncomfortable shift: as generative AI becomes more realistic, video—once a cornerstone of remote trust—is itself becoming a security vulnerability.

Résumé
Des chercheurs de Synacktiv ont montré qu’il est possible de tromper les vérifications biométriques de vivacité (AWS Rekognition) d’un site adulte en utilisant des vidéos générées par IA grand public (modèles Wan2.2 d’Alibaba, Kling), contournant ainsi la loi française de 2024. Cette faille menace l’ensemble des dispositifs d’identité numérique à distance (banque, signature électronique) et appelle l’ANSSI à renforcer le référentiel PVID, potentiellement via des détecteurs d’IA.

Synacktiv, cabinet spécialisé en cybersécurité offensive, vient de porter un coup dur à la crédibilité des dispositifs de « preuve de vie » utilisés en ligne.

Dans une récente étude, les chercheurs Kevin Tellier et Léo Desmonts montrent qu’il est possible de duper, à l’aide de modèles d’IA générative vidéo accessibles au grand public, les mécanismes automatisés censés garantir qu’un utilisateur répond aux critères d’âge requis pour accéder à certains contenus.

Pour illustrer la faille, les chercheurs ont choisi un cas d’usage sensible : la vérification d’âge sur un site vidéo pour adultes. Cette catégorie est soumise, depuis la loi française du 21 mai 2024, à l’obligation de contrôler l’âge de ses visiteurs sous peine de blocage par l’Arcom.

Le site testé s’appuyait sur le service britannique AgeGo, lequel délègue lui-même l’analyse biométrique à AWS Rekognition, la brique de reconnaissance faciale de l’hyperscaler largement utilisée pour ses fonctions de détection de « liveness » (vivacité).

Le principe du contrôle est simple en apparence : l’utilisateur doit filmer son visage avec sa webcam et suivre un « challenge » ( par exemple bouger la tête d’avant en arrière ) pour prouver qu’il s’agit bien d’une personne réelle et non d’une photo ou d’une vidéo préenregistrée.

C’est précisément ce verrou que les chercheurs de Synacktiv ont réussi à faire sauter. En s’appuyant sur un pilote Linux (v4l2loopback) permettant de créer une fausse webcam virtuelle, ils ont substitué à leur propre visage une vidéo générée par intelligence artificielle, produite à partir d’une simple photo d’identité et « vieillie » artificiellement à l’aide d’un modèle d’IA pour paraître majeure.

Le tout combiné à un modèle vidéo génératif capable d’animer cette image de référence,  reproduisant fidèlement les mouvements de tête demandés par le challenge. Résultat : la vérification a été validée par l’algorithme, ouvrant l’accès au site.

Des outils d’IA vidéo très efficaces

Ce qui frappe dans la démonstration, c’est l’accessibilité des moyens employés.

Les chercheurs ont utilisé des modèles open source comme Wan2.2 Animate (développé par  Alibaba) ou des solutions cloud comme Kling, opérées via l’interface ComfyUI. Un simple serveur équipé d’une carte graphique grand public a suffi pour générer, en quelques minutes, des vidéos suffisamment réalistes pour passer les contrôles.

Contrairement aux deepfakes « classiques » par échange de visage (face-swapping) qui nécessitent un entraînement long et laissent souvent des artefacts visibles (contours, déformations), ces nouveaux modèles génératifs animent directement une image de référence à partir d’un masque de mouvement extrait d’une vidéo source. Sans étape d’entraînement préalable et avec un rendu bien plus convaincant.

Certes, tout n’est pas parfait. Les chercheurs notent que les mouvements des yeux et de la bouche restent parfois imparfaits. Mais dans le cas testé, la vérification purement algorithmique n’a pas résisté.

Pour des raisons évidentes de légalité, la démonstration s’est concentrée sur un site pour adultes

Cependant, ces technologies de vérification biométrique par vidéo sous-tendent aujourd’hui l’identité numérique, l’ouverture de comptes bancaires en ligne, la signature électronique ou encore les dispositifs de lutte contre la fraude et le blanchiment d’argent (LCB-FT).

Un enjeu qui dépasse les sites pour adultes

En France, c’est le référentiel PVID (Prestataire de Vérification d’Identité à Distance) de l’Anssi qui encadre ces usages les plus sensibles en clôturant avec le règlement européen eIDAS.

Ce cadre distingue un niveau « substantiel », déjà appliqué par quatre opérateurs certifiés (Docaposte IOT, IDnow, NjF Vision, Namirial), et un niveau « élevé », réservé aux actes les plus engageants comme la signature électronique qualifiée.

Les chercheurs soulignent d’ailleurs que la vérification humaine, censée constituer un dernier rempart en cas de doute, n’est pas infaillible non plus.

Fatigue des opérateurs, biais cognitifs, cadence de traitement élevée dans les centres de vérification… autant de facteurs qui peuvent laisser passer une vidéo truquée. D’autant plus que le réalisme des deepfakes récents peut tromper un œil non spécialiste, en particulier lorsque la qualité de l’image est dégradée.

Synacktiv appelle à une adaptation rapide des méthodes de détection.

Les référentiels comme le PVID sont réguliers dans leur mise à jour, l’Anssi intégrant les nouvelles menaces identifiées lors des audits.

Mais l’étude suggère que la parade pourrait, paradoxalement, devoir venir de l’IA elle-même.

Les chercheurs évoquent la piste de systèmes de détection eux-mêmes fondés sur des modèles génératifs capables de repérer les artefacts invisibles à l’œil humain. Ou le recours accru à des services d’identité numérique tiers comme Yoti.

En attendant, la démonstration de Synacktiv rappelle une réalité inconfortable pour l’ensemble des acteurs du numérique. A mesure que l’IA générative gagne en réalisme, la confiance accordée à une vidéo, pierre angulaire de nombreux dispositifs de sécurité, devient elle-même une vulnérabilité.

Image : © Synacktiv

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AI Insight
Core Point

Synacktiv 用消费级生成式 AI 视频成功骗过 AWS Rekognition 的活体检测,暴露了远程身份验证体系的根本性漏洞。

Key Players
  • Synacktiv — 法国进攻性网络安全公司,负责发现并公布了该攻击方法。
  • AWS Rekognition — 亚马逊云端面部识别服务,被 AgeGo 用于年龄验证的活体分析。
  • AgeGo — 英国年龄验证服务商,为受法国法律约束的成人网站提供验证方案,调用 AWS Rekognition。
Industry Impact
  • ICT: 高 — 远程身份验证体系(KYC、电子签名)的安全性受到直接冲击,信任基石动摇。
  • Computing/AI: 高 — 开源视频生成模型轻松攻破主流 AI 识别系统,引发 AI 对 AI 的军备竞赛。
Tracking

[Strongly track] — 攻击工具平民化且成本极低,可能被迅速武器化,对金融、政务等数字服务构成严重欺诈威胁。

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