专家观点:节俭数字技术助力脱碳——第五章:不可或缺

Parole d’experts : Le numérique frugal au service de la décarbonation – Chapitre 5 : L’indispensable

Systematic Paris-Region by Catherine 2026-02-24 13:07 Original
摘要
法国系统性巴黎大区(Systematic Paris Région)的“脱碳与节俭数字”工作组发布新章节,由Agile-IT首席执行官Jean-Pierre Corniou与IRT SystemX研究人员主导,提出通过生命周期评估等方法量化数字服务环境影响的方案,以推动企业采用更节俭的软件。该举措旨在帮助全行业对接2050年净零排放目标,利用标准化方法优化数字化减碳,并为公司提供可操作的脱碳路径。

Systematic Paris Région致力于推动全球脱碳战略,助力企业达成2050年净零排放目标。其“脱碳与数字节俭”工作组拒绝袖手旁观,选择即刻行动,发布《数字节俭服务脱碳》系列第五章,聚焦软件解决方案的发展支撑。

由Agile-IT首席执行官Jean-Pierre Corniou、IRT SystemX项目主管Gwenaëlle Berthier、高级研究员Cristian Maxim和博士生Floris Thiant联合撰文,文章指出,要获得真正节俭的数字服务,必须首先量化其环境影响。这种评估需涵盖利益相关者、软硬件相互依赖,以及从制造、运输、使用到寿命终期的全生命周期。核心挑战在于理解与建模各要素间的复杂互动与反馈,并以高质量数据评估碳足迹,同时保持研究范围的一致性。

当前,评估方法仍亟待巩固。主要障碍包括:设备与用途极度多样,难以标准化比较;横跨原料开采到报废的全球供应链使生命周期极为复杂;必要的数据分散且不透明,供应商公开信息常限于碳足迹而忽略其他指标,计算方法又往往隐去;加之技术迭代和消费行为快速演变,导致数据极易过时。

面对这些难题,现有标准提供了重要指引。如GHG Protocol、法国环境与能源管理署(ADEME)的碳核算方法,以及受ISO 14040/14044规范约束的生命周期评估(LCA)标准等,越来越多地被政策推荐。ADEME特别推广多指标LCA,并推出了针对具体产品类别的RCP(产品类别规则),以增强评估的针对性与可比性。IT科学界也普遍采纳并完善了这一方法。尽管如此,对于复杂度迥异的各类数字服务,尚无统一的评估方法基础。现有方法论彼此孤立、未标准化,且未充分考虑数字系统与服务的固有特性。

为此,Systematic于2023年创建的跨领域工作组“脱碳与数字节俭”,正致力于系统梳理数字产业在温室气体排放中的角色。工作组相信,数字工具生产与使用所产生的排放,与其帮助减少的排放之间,整体平衡应为正向。数字技术已能优化运输、农业等高排放活动,并测量与控制各类排放源以实现后续优化。目标是提供可操作的方法论,让企业与个人都能通过有节制地使用数字手段,为可控的温室气体减排做出贡献。

距2050净零目标仅有26年,每年气候都在突破纪录。工作组强调,每分每秒、每个行动都至关重要,并邀请更多力量加入其行列,共同推动数字行业脱碳进程。

Summary
Systematic Paris Région’s "Décarbonation & Numérique Frugal" working group, led by Jean-Pierre Corniou (Agile-IT) and researchers from IRT SystemX, published a chapter urging the tech sector to adopt frugal software practices and standardized life cycle assessments to reduce digital services’ carbon footprint. The group highlights challenges like fragmented data and rapid tech evolution, and promotes methodologies such as ADEME’s sector-specific guidelines to help companies align with EU net-zero 2050 goals. This initiative aims to demonstrate that optimized digital tools can achieve a net positive climate impact.

Systematic Paris Région’s Decarbonation & Frugal Digital working group, launched in 2023, aims to align the tech sector with the Paris Agreement and the EU’s 2050 net-zero target. With just 26 years remaining, the group is publishing its findings to drive immediate action. In Chapter 5, contributed by experts from Agile-IT and IRT SystemX, the focus turns to software’s role: stimulating and supporting the development of frugal digital services.

A digital service is defined as the coordinated set of software and hardware resources fulfilling user needs. To decarbonize such services, the priority is quantifying their environmental impact—spanning stakeholders, hardware-software interdependence, and lifecycle stages from manufacturing to end-of-life. The challenge lies in modeling these interactions and obtaining reliable carbon data while maintaining a consistent study scope.

Measuring the sector’s impact is fraught with complexity. Device diversity and varied usage hinder standardization; globalized supply chains make lifecycle assessment difficult; publicly available data is often limited to carbon footprints, omitting other environmental factors and the methodologies used; and rapid technology turnover quickly renders data obsolete. Standards such as the GHG Protocol, ADEME’s Bilan Carbone, and ISO 14040/14044 lifecycle assessment (LCA) provide guidance. LCA, promoted by ADEME through its Product Category Rules (RCP), is increasingly recommended for eco-design. Yet a unified methodological framework for digital service systems is missing: existing approaches are siloed, non-standardized, and fail to capture the intrinsic characteristics of digital services.

Beyond methodological consolidation, the working group’s broader thesis is that the net balance between greenhouse gas emissions generated by digital production and use, and the emissions reductions enabled by digital tools in sectors like transport and agriculture, can be positive. By documenting scientific results and best practices, the group seeks to equip businesses and individuals with methods to master their digital usage and contribute to a controlled reduction in emissions. The urgency is underscored by accelerating climate records, making every action count in the narrow window to 2050.

Résumé
Le pôle Systematic Paris Région, à travers son groupe de travail Décarbonation & Numérique Frugal, publie un chapitre rédigé par Jean-Pierre Corniou (Agile-IT) et des chercheurs de l’IRT SystemX (Gwenaëlle Berthier, Cristian Maxim, Floris Thiant), qui insiste sur l’indispensable développement de solutions logicielles frugales. L’article souligne la complexité de l’évaluation environnementale des services numériques et préconise l’analyse du cycle de vie (ACV) multicritères, soutenue par l’ADEME, pour permettre aux entreprises de s’inscrire dans une trajectoire de décarbonation conforme à l’objectif NetZero 2050.

Systematic Paris Région s’est donné comme objectif de contribuer à la stratégie mondiale de décarbonation définie par l’Accord de Paris et d’aider les entreprises à s’inscrire dans une trajectoire conforme aux choix européens de NetZero en 2050.

La planète brûle

Le groupe de travail Décarbonation & Numérique Frugal ne veut pas regarder ailleurs mais agir, maintenant, avec les outils les mieux appropriés.

Pour commencer, il partage aujourd’hui avec vous son analyse de la situation et sa vision pragmatique et déterminée des pratiques à changer ainsi que des solutions à mettre en place pour inverser la tendance. Parce que oui, c’est encore possible !

Chapitre 5 : L’indispensable

Stimuler et soutenir le développement des solutions logicielles

par Jean-Pierre Corniou, CEO, Agile-IT & Pdt de l’Enjeu Industrie & Services, Systematic

Gwenaëlle Berthier, Cheffe de Projet, IRT SystemX

Cristian Maxim, Ingénieur-chercheur Senior, IRT SystemX

Et Floris Thiant, Doctorant, IRT SystemX/ LGI / LISN

Introduction

Considérons la définition du service numérique (1) comme étant l’ensemble des ressources logicielles et matérielles coordonnées, nécessaire pour répondre aux besoins des utilisateurs.

Dans une perspective de décarbonation du numérique, un ensemble de méthodes ou approches existe, en particulier la frugalité.

Dans une démarche de décarbonation du service numérique, l’obtention d’un service frugal passe avant tout par la quantification des impacts environnementaux du dit-service (ex. frugalité de l’IA (2)).

Il convient donc, dans ce bilan, de tenir compte de plusieurs dimensions :

les parties prenantes (utilisateurs, support, maintenance, etc.)

l’inter-dépendance entre le matériel et le logiciel

les phases de fabrication et transport (par ex. sur les hardwares, RAM, GPU, etc.), les phases d’usage du service numérique (abordées dans ce chapitre) et les phases de fin de vie (moins documentée) sont importantes à quantifier

La problématique est à la fois de comprendre et modéliser les liens / interactions / rétroactions entre ces différentes composantes, et d’évaluer le bilan carbone avec des données pertinentes et de qualité, tout en maintenant un périmètre d’étude constant (3).

1- Une approche méthodologique à consolider

1.1 – Quelles problématiques ?

Malgré l’importance croissante de ces évaluations, mesurer l’impact environnemental du secteur informatique demeure une tâche complexe pour plusieurs raisons, une perspective en partie éclairée par les observations issues de la littérature (4) :

Diversité des équipements et des usages: La variété des appareils (smartphones, ordinateurs, serveurs) et leurs usages diversifiés rendent la standardisation difficile lorsqu’une comparaison est nécessaire.

Cycle de vie complexe: Les produits numériques ont des cycles de vie impliquant de nombreux acteurs à travers le monde, de l’extraction des matières premières à leur élimination en fin de vie. Ce cycle de vie complexe ajoute de la complexité aux composants produits et à leur évaluation.

Données fragmentées: Les données nécessaires à une ACV complète sont souvent dispersées et difficiles d’accès. Les fournisseurs et les fabricants de composants divulguent parfois l’empreinte carbone de leurs produits et services.

Cependant, les informations disponibles publiquement se concentrent souvent sur l’empreinte carbone, négligeant d’autres impacts.

De plus, les méthodologies utilisées pour calculer ces empreintes carbone sont fréquemment omises, ce qui rend difficile l’évaluation de l’exactitude et de l’exhaustivité des données rapportées (5).

Évolution technologique rapide : Les progrès technologiques et les changements rapides des pratiques de consommation (6) rendent rapidement les données obsolètes.

1.2 – Quel guide ?

Face à ces problématiques, les normes et standards sont des aides précieuses pour l’évaluation de l’impact d’un service numérique.

Si plusieurs standards monocritères (ex : GHG Protocol (7), Bilan Carbone de l’ADEME (8)) ou multicritères (ex : analyse du cycle de vie – ACV – standard régi par les normes ISO  14040/14044 (9)) ou même référentiels (ex. IA frugale AFNOR (10)) existent pour quantifier l’impact des services numériques, la méthode d’ACV est de plus en plus intégrée et recommandée dans le cadre des politiques d’évaluation d’éco-conception et de responsabilité environnementale.

Par exemple, l’Agence de la transition écologique (ADEME) promeut, au niveau national, la méthodologie des ACV multicritères dédiées aux produits numériques. Ainsi, l’ADEME a ​​développé un ensemble de Référentiels par Catégorie de Produit (RCP) (11). Ces RCP fournissent des lignes directrices sectorielles pour la réalisation d’ACV, visant à accroître la pertinence et la comparabilité des évaluations environnementales au sein de groupes de produits spécifiques.

La communauté scientifique du secteur des technologies de l’information a d’ailleurs adopté et perfectionné cette méthode d’ACV afin de quantifier la diversité des impacts environnementaux des technologies numériques.

Si ce guide existe, son utilisation pour une diversité de services numériques plus ou moins complexes est plus délicate. A notre connaissance, il n’existe pas de socle méthodologique d’évaluation des systèmes de services numériques. Les méthodologies existantes demeurent cloisonnées et non standardisées. De plus, elles ne prennent pas en compte les caractéristiques intrinsèques des systèmes et services numériques.

…/…

Lire l'intégralité de l'article

Relire le chapitre 1 : Le constatRelire le chapitre 2 : Le paradoxeRelire le chapitre 3 : L'impératifRelire le chapitre 4 : L'urgentRelire le Hors-série : Voiture électrique

Rejoignez notre Groupe de Travail Décarbonation & Numérique Frugal

Le groupe de travail Décarbonation & Numérique Frugal que nous avons créé en 2023, transversal aux hubs et enjeux, a l’ambition de documenter la place de la filière numérique, aussi bien dans la production d’outils et de services que dans les usages dans la production d’émission de gaz à effet de serre

Notre intuition est que le bilan global entre, d’une part, les émissions de gaz à effet de serre (GES) induits par la production et l’usage des outils numériques et, d’autre part, la réduction des activités génératrices de GES grâce à l’utilisation des outils numériques devrait être positif. Le numérique peut déjà permettre d’optimiser des activités impliquant l’usage d’énergies émettrices de CO2, comme le transport ou l’agriculture, ou permettre la mesure et le contrôle de toutes les sources d’émissions de GES afin d’en permettre des optimisations ultérieures. Notre objectif est de démontrer la pertinence de cette approche et de fournir les éléments de méthode permettant à chaque entreprise comme à chaque particulier, de contribuer par un usage maîtrisé des moyens numériques à la baisse maîtrisée des émissions de GES.

26 ans pour atteindre le NetZéro

A cette fin, nous avons collecté, à travers des sources fiables d’information, les résultats scientifiques comme les bonnes pratiques. Nous avons conscience que ce travail est inachevé, mais les enjeux considérables de la décarbonation, comme la nécessité d’une contribution étayée au débat public, nous ont incité à publier nos travaux en l’état de nos connaissances en fin 2024.

Il ne reste que 26 ans pour atteindre le NetZero. Chaque instant, chaque geste comptent alors que chaque année la planète dépasse les records de chaleur et de perturbations climatiques de l’année précédente.

Rejoignez-nous !

Le groupe de travail Décarbonation & Numérique Frugal

NB : Systematic est déjà un acteur engagé dans la décarbonation des activités du numérique via la mise à disposition des acteurs économiques et collectivités d’une cartographie de solutions liées à l’enjeu de la décarbonation et d’un numérique plus frugal

AI Insight
Core Point

Experts call for standardized lifecycle assessment methodologies for digital services to enable digital frugality and decarbonation, noting fragmented data and complex hardware-software interdependencies hinder progress.

Key Players
  • Systematic Paris Région — Tech business cluster, Paris region; driving a working group on decarbonation and digital frugality.
  • IRT SystemX — Technological research institute, France; provides lifecycle assessment expertise for digital services.
  • ADEME — French ecological transition agency; develops product-specific lifecycle assessment guidelines (RCP).
  • AFNOR — French standardization body; created the frugal AI reference framework.
Industry Impact
  • ICT: High — lack of unified assessment methods blocks effective reduction of digital services' environmental footprints.
  • Computing/AI: Medium — explicit mention of AI frugality and the need for impact quantification.
  • Terminals/Consumer Electronics: Low — device lifecycle is noted peripherally, but primary focus is service-level assessment.
Tracking

Monitor — The group’s push to consolidate fragmented lifecycle assessment approaches could influence future industry standards and regulatory requirements.

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