VPN与地理封锁:欧盟法院澄清责任

VPN et géoblocage : la CJUE clarifie les responsabilités

Silicon.fr by Clément Bohic 2026-07-22 07:47 Original
摘要
欧盟法院(CJUE)裁定,即使网站使用的“尖端”地理封锁可通过VPN绕过,仍视为有效,出版商不因用户个人使用合法VPN工具绕过封锁而承担责任。此案源于安妮·弗兰克基金(Anne Frank Fonds)就手稿版权起诉荷兰基金会等组织,法院认为要求绝对阻止VPN将破坏版权与信息自由之间的平衡,并导致公共领域作品难以线上发行。

欧盟法院(CJUE)近日就《安妮日记》手稿相关的地理封锁案作出裁决,为VPN绕过与版权侵权责任的边界提供了重要澄清。案件起因于安妮·弗兰克手稿在荷兰的特殊版权状态:根据荷兰的一项过渡制度,这些手稿在荷兰由总部位于瑞士的安妮·弗兰克基金持有版权直至2037年,但在其他一些欧洲国家已进入公共领域。2021年,一个托管于比利时、由多个荷兰组织(包括安妮·弗兰克基金会)运营的网站免费发布了手稿的数字版,并通过地理封锁技术限制荷兰境内访问。版权方安妮·弗兰克基金认为,用户仍可借助VPN从荷兰访问该网站,构成在荷兰领土的未经授权公开传播,遂提起诉讼。此案在荷兰一审和上诉法院均被驳回,理由是网站运营方已采取合理措施,荷兰最高法院最终将问题提交CJUE解释。

CJUE在裁决中认为,使用“尖端”地理封锁措施——即在正常互联网使用情境下能够阻止访问的技术——已足以表明网站编辑无意将受保护国家的公众作为传播对象,也不打算将其纳入受众。法院进一步指出,地理封锁的“有效性”不会仅因可被VPN绕过就丧失;这种绕过属于用户个人的单方面主动行为,网站编辑不应为此承担责任。CJUE的推理核心在于必须维系版权保护与信息自由之间的平衡:如果要求网站必须绝对杜绝任何VPN绕过的可能,将导致只要作品在任一成员国仍受保护,就几乎无法合法地将那些已进入公共领域的作品提供上线,这实质上会赋予版权过宽的适用范围。同时,裁决也提及,在地理封锁失效的情况下,未经授权传播的责任也不应自动转嫁到VPN提供商身上,但前提是VPN本身属于合法工具。

该裁决并未笼统地断言VPN一律合法,而是基于具体假设澄清了在防止地理封锁绕过方面网站与用户的各自责任,为处理跨境版权与表达自由的冲突确立了关键准则。

Summary
The CJUE ruled that geoblocking remains effective even if users circumvent it via VPNs, confirming that site editors are not liable for unauthorized access when they deploy state-of-the-art geoblocking. The case addressed a Belgian website publishing Anne Frank’s manuscripts, restricted in the Netherlands due to copyright held by the Anne Frank Fund, and established that individual VPN use does not negate the editor's intent to exclude protected audiences. This decision balances copyright with freedom of expression, ensuring that public domain works can be shared without excessive liability for VPN circumvention.

The Anne Frank manuscripts are protected by copyright in the Netherlands until 2037 under a transitional regime (held by the Swiss-based Anne Frank Fonds), but have fallen into the public domain in other EU countries. In 2021, a free digital edition was published on a Belgian website by Dutch organizations, including the Anne Frank Foundation, with geoblocking to prevent access from the Netherlands. The Anne Frank Fonds argued that VPNs allowed Dutch users to circumvent the block, constituting an unauthorized communication to the public. After lower courts and an appeal ruled the publishers made reasonable efforts, the Dutch Supreme Court referred the matter to the Court of Justice of the European Union (CJUE).

The CJUE ruled that using “state-of-the-art” geoblocking—effective under normal internet use—demonstrates the publisher’s intent not to target the public in the protected country. Crucially, the court held that geoblocking does not lose its “efficient” character merely because it can be bypassed with a VPN. Such circumvention is an individual, unilateral act by the user, and does not trigger the website publisher’s liability. The reasoning seeks to preserve a balance between copyright protection and freedom of expression and information: requiring absolute prevention of VPN circumvention would make it nearly impossible to share public-domain works if they remain protected even in a single member state, granting copyright an excessive scope. VPN providers, meanwhile, are not liable for unauthorized communication as long as the tools themselves remain lawful. While the judgment assumes VPNs are licit, it does not constitute a blanket endorsement—merely a case-specific hypothesis guiding the decision.

Résumé
La CJUE a jugé que l’usage d’un géoblocage « à la pointe de la technologie » par les éditeurs des manuscrits d’Anne Frank (Fondation Anne Frank) démontre leur intention de ne pas cibler le public néerlandais, et que le contournement par VPN ne rend pas ce blocage inefficace, n’engageant pas la responsabilité du site. Cette décision préserve l’équilibre entre droit d’auteur et liberté d’information, en empêchant qu’une œuvre du domaine public dans un État membre soit bloquée partout si elle reste protégée dans un seul pays.

Oui, les VPN sont des outils licites.

La CJUE a récemment rendu un arrêt que certains ont interprété dans ce sens. C’est un raccourci. L’instance juridique suprême de l’Union européenne n’a pas fait de généralisation, mais une hypothèse qui a guidé son jugement.

Le contournement par VPN…

L’affaire concernait les manuscrits du Journal d’Anne Frank. En vertu d’un régime transitoire aux Pays-Bas, une partie de ces écrits y reste protégée par le droit d’auteur jusqu’en 2037 – avec, comme titulaire, le Fonds Anne Frank, basé en Suisse. Dans d’autres pays européens, ils sont tombés dans le domaine public.

En 2021, une édition numérique des manuscrits fut publiée gratuitement sur un site web hébergé en Belgique et géré à l’initiative d’organisations néerlandaises, dont la Fondation Anne Frank. Ce site applique une mesure de géoblocage pour restreindre l’accès depuis les Pays-Bas.

Le Fonds Anne Frank estimait que malgré ce géoblocage, le site restait techniquement accessible depuis les Pays-Bas via des VPN. Au risque d’une communication au public non autorisée sur le territoire néerlandais. Il avait été débouté en première instance. Ainsi qu’en appel, au motif que les éditeurs du site avaient déployé des efforts raisonnables. D’où son pourvoi devant la Cour suprême des Pays-Bas… qui avait fini par solliciter la CJUE.

Cette dernière a considéré que l’utilisation d’un géoblocage « à la pointe de la technologie » – c’est-à-dire capable d’empêcher l’accès dans un cadre normal d’utilisation d’Internet – démontrait l’intention de l’éditeur de ne pas cibler ni inclure le public résidant dans le pays où l’œuvre est protégée.

… ne rend pas un géoblocage « inefficace »

Le géoblocage ne perd pas son caractère « efficace » simplement parce qu’on peut le contourner par VPN, a ajouté la CJUE. Elle a par ailleurs estimé que ce contournement, en tant qu’initiative individuelle et unilatérale de l’internaute, n’engage pas la responsabilité de l’éditeur du site.

Il en va, dans son raisonnement, d’un maintien de l’équilibre entre droit d’auteur et liberté d’expression et d’information. Exiger qu’un site empêche absolument toute possibilité de contournement par VPN rendrait quasi impossible la mise à disposition d’œuvres du domaine public dès lors qu’elles demeureraient protégées ne serait-ce que dans un État membre. En parallèle, cela accorderait au droit d’auteur une portée excessive.

Dans l’hypothèse d’un géoblocage inefficace, la responsabilité de la communication non autorisée ne saurait retomber sur le fournisseur du VPN. En tout cas aussi longtemps qu’il s’agit d’outils licites…

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AI Insight
Core Point

The CJEU ruled that effective geo-blocking demonstrates a publisher’s intent not to target restricted territories, and circumvention via lawful VPNs does not make the geo-blocking ineffective or trigger publisher liability, maintaining balance between copyright and freedom of information.

Key Players
  • Fonds Anne Frank — Copyright holder of Anne Frank’s manuscripts, based in Switzerland.
  • Anne Frank Foundation (Dutch) — Non-profit that published the digital manuscripts with geo-blocking, based in the Netherlands.
  • CJEU (Court of Justice of the EU) — EU’s highest court, based in Luxembourg.
Industry Impact
  • ICT: High — Solidifies legal standing of geo-blocking and VPNs, affecting content delivery, licensing strategies, and liability frameworks for internet platforms and VPN providers.
Tracking

Monitor — Establishes important precedent on geo-blocking effectiveness and VPN liability in the EU, but immediate disruption is low; relevant for content publishers and VPN services.

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