C’est une annonce qui traduit l’urgence ressentie à Bruxelles. La Commission européenne a officiellement lancé, ce 30 juillet, un appel d’offres pour la construction de sept usines géantes consacrées à l’intelligence artificielle, dotées d’une enveloppe publique de 10 milliards d’euros (11,5 milliards $).
Un montant que l’exécutif européen espère voir démultiplié par les investisseurs privés, avec un objectif d’au moins 20 milliards € supplémentaires apportés par le secteur privé.
De cinq à sept projets
Signe de l’appétit suscité par le projet auprès des États membres, le nombre de gigafactories prévues est passé de cinq à sept, la Commission ayant reçu un intérêt jugé « fort » de la part des pays de l’Union.
Ces installations combineront processeurs d’IA de pointe, logiciels, technologies cloud, connectivité à très haut débit et centres de données. Elles viendront s’ajouter aux 19 « AI factories » déjà existantes dans différents pays du bloc.
Pour la commissaire européenne chargée de la technologie, Henna Virkkunen, l’enjeu dépasse la simple compétition industrielle : « L’accès à la puissance de calcul brute au sein des gigafactories d’IA est une nécessité stratégique pour l’Europe, alors que le développement de l’IA s’accélère. »
Le message est clair : l’Union entend combler son retard technologique face aux États-Unis et à la Chine, qui dominent largement la course aux infrastructures d’intelligence artificielle.
Un enjeu de souveraineté technologique
L’appel d’offres est ouvert à des consortiums ou véhicules d’investissement dédiés (special purpose vehicles), réunissant fournisseurs de technologies, prestataires de services cloud, entités publiques et investisseurs.
Le calendrier fixé par Bruxelles est le suivant : clôture de l’appel à candidatures le 12 novembre 2026, annonce des lauréats début 2027 puis mise en service des installations dans les 18 mois suivant la signature des contrats.
Le projet se déroulera en deux phases : une première consacrée à l’établissement des sites, une seconde à leur montée en puissance.
Côté fournisseurs, trois poids lourds américains du secteur des puces ont d’ores et déjà manifesté leur intérêt : AMD, Nvidia et Qualcomm ont signé des lettres d’intention avec la Commission pour fournir des processeurs aux groupements impliqués dans les projets de gigafactories.
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